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Le Mont Touri d’Osman Chaggou


le mont touriAuteur : Osman Chaggou

Titre :Le Mont Touri

Edition : Les éditions du champ libre

Quatrième de couverture : « Tour à tour drôles, touchants ou carrément absurdes, les neuf textes (tiens, neuf) qui constituent ce recueil nous plongent dans un univers littéraire pour le moins inédit, et l’on passe allégrement du fantastique au dramatique avec toutefois un thème récurrent, l’enfance. L’enfance pas tout à fait insouciante, mais pas non plus malheureuse. L’enfance dans tout ce qu’elle a de plus vulnérable et de plus cruel. Bref, l’enfance que l’on a vécue … ou pas! Prêts pour l’escalade du Mont Touri? un, deuil, trois, partez!

Le monde de l’édition en Algérie étant ce qu’il est, assez pauvre et désertique malgré un certain mouvement cette dernière décennie, la vie littéraire algérienne est assez lunaire. Je dis cela à cause de la difficulté que j’ai eu à me procurer ce recueil de nouvelles. Je dois souligner que quand je parle du monde de l’édition, j’englobe avec lui les librairies algériennes, qui ne sont – quelques exceptions mises à part- que des vendeurs de papier. Passé ce petit coup de gueule, parlons de ce recueil ; Le Mont Touri, de mon cher ami Osman Chaggou.

Sur ce billet, il me sera difficile d’être objectif!! Le style est beau, sans fioriture. La plume de mon ami, que je découvre ici, se parcourt avec beaucoup de plaisir. Il évoque avec éloquence et innocence le monde de l’enfance. Certaines de ces nouvelles me sont parues très familière, parce que le scribouillard que je suis a tenté, avec beaucoup moins de talent, d’explorer cet univers de l’enfance, où la naïveté côtoie l’insouciance, l’ennuie flirte avec l’extase, cette enfance écolière innocente, avec des détails propres à notre génération. J’ai pour ma part retrouvé mon enfance dans certaines de ces nouvelles, et en cela ce texte est une réussite. Un souvenir précis m’est revenu d’ailleurs, les après-midi d’été pendant lesquelles il m’était impossible de faire la sieste, et que je passais à lire le dictionnaire, un Larousse illustré, et je m’arrêtais souvent sur la photo de Camus né à quelques kilomètres de chez moi (je ne sais pas pourquoi je l’imaginais photographe), et aussi la représentation de l’Origine du monde de Gustave Courbet.

Certaines nouvelles, sont pour ma part encore plus touchantes, je n’arrive pas à percer à quelle point elles sont autobiographiques.

Seul bémol pour moi, la couverture, avec en gros, le nom de l’éditrice préfaçant le livre, aussi grand que celui de l’auteur. La photo par contre, je me souviens du jour de sa prise, surtout qu’elle fut pendant des années en fond d’écran de mon ordinateur.

Né en 1981 à Constantine, Osman Chaggou est un mec super sympathique. Il suit , après des études de droit, une formation en lettres sanctionnée par une licence en littérature française et un magistère en Sciences des textes littéraires. Enseignant à l’école normale supérieure.  Le Mont Touri est son premier recueil de nouvelles.

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Pas pleurer de Lydie Salvayre


paspleurercouvertureAuteurs : Lydie Salvayre

Titre : Pas pleurer

Edition : éditions du Seuil

Date : 21 août 2014

 Quatrième de couverture: « Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Georges Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationalistes avec la bénédiction de l’Eglise catholique contre les  » mauvais pauvres « . Son pamphlet, Les Grands cimetières sous la lune, fera bientôt scandale. Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et  » mauvaise pauvre « , qui, soixante-dix ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours radieux de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours que l’adolescente qu’elle était vécut dans la candeur et l’allégresse dans son village de Haute Catalogne. Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent, comme enchantées par l’art romanesque de Lydie Salvayre, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, portées par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée. »

Ce livre a comblé une lacune trop longtemps restée béante pour moi, l’histoire de l’Espagne du milieu du XXeme siècle. Avec un style beau et simple, l’auteure, heureuse lauréate du prix Goncourt 2014, nous fait voyager à travers cette Espagne patriarcale, pauvre et paysanne, une Espagne divisée, par un franquisme dictatoriale, et une population exsangue de l’autre côté, gagnée par les idéologies communistes révolutionnaires.

La guerre civile fait rage, et une jeune femme libérée d’un cocon familiale étouffant, vit cette révolution dans les premières loges, et raconte. Dans un français délibérément cassé, hispanisé, cette jeune femme, mère de l’auteure dans la vraie vie, énumère les étapes de sa vie, de son Espagne profonde, jusqu’à son arrivée en France comme migrante.

Le livre donne par la même occasion, quelques points de vue d’un auteur d’origine espagnole, et qui va faire les beaux jours de la littérature française, Georges Bernanos. Celui-ci tente, tant bien que mal, de se frayer une itinéraire de vie, tout en essayant de garder une démarche littéraire, professionnelle intellectuellement irréprochable. Et ce n’est pas une promenade de santé dans ce contexte de guerre civile espagnole et de guerre mondiale.

Livre à lire, pour les curieux qui aiment lire pour le plaisir de lire, qui aiment lire sans attendre quelque chose en retour, sinon le plaisir de naviguer à l’instinct. Ceux qui lisent en ayant peur de s’ennuyer ou de perdre du temps, ce livre n’est peut être pas fait pour vous.

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Un homme, ça ne pleure pas de Faïza Guène


un hommeAuteur : Faïza Guène

Titre : Un homme, ça ne pleure pas

Edition : Fayard éditions (éditions HIBR pour l’Algérie)

Date: 03 janvier 2014

Quatrième de couverture: « Né à Nice de parents algériens, Mourad voudrait se forger un destin.Son pire cauchemar : devenir un vieux garçon obèse aux cheveux poivre et sel, nourri à base d’huile de friture par sa mère. Pour éviter d’en arriver là, il lui faudra se défaire d’un héritage familial pesant. Mais est-ce vraiment dans la rupture qu’on devient pleinement soi-même ? Dès son premier roman (Kiffe kiffe demain, 2004), Faïza Guène s’est imposée comme une des voix les plus originales de la littérature française contemporaine. »

C’est au sortir de l’adolescence que j’ai découvert cette jeune auteure française, qui, elle aussi vivait la même période que moi. Nous avons quasi le même âge et mon admiration n’en fut que plus grande. Après son premier très réussi Kif Kif demain, et aussi Du rêve pour les oufs, Faïza Guène tente avec succès dans un texte que je pourrais  qualifier de plus sérieux. Déjà, on sent bien une certaine maturité, de l’expérience et une bonne maitrise de l’écriture. Mais aussi, une gravité dans le sujet et la manière de l’aborder.

Les origines maghrébines sont toujours présentes dans ce qui constitue désormais l’œuvre de Faïza Guène, et posent le problème de l’intégration de cette minorité (entre autres) dans la société française, cette société post-sarkoziste,  empêtrée dans des questionnements d’identité nationale. Et ces questions identitaires ne font pas qu’embrouiller la France (comme société en général), elles se posent, dans le livre, au sein d’une cellule plus petite, familiale, et cela est peut être plus légitime, moins politiques et plus sociétal et culturel. Le débat à travers ce prisme a selon moi, et peut être l’auteure aussi, plus d’intérêt.

Le personnage principal du roman est un garçon qui se cherche lui même, plus à se définir personnellement, qu’à chercher de se trouver une place, sympathique, un peu effacé, complètement anti-héros. Modeste, ses pérégrinations le mènent dans différentes situations normales de la vie, inédites pour lui, qui a quitté assez tardivement la maison familiale et sa maman poule. Si ses parents sont un peu clichés, ce n’est que pour gagner en réalisme.

Roman touchant, auteure plus que prometteur, Faïza Guène gagne une fois de plus ma sympathie et un lecteur de toute façon depuis longtemps acquis.

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Viva de Patrick Deville


vivaAuteurs : Patrick Deville

Titre :Viva

Edition : Seuil éditions, Collection Fiction & Cie  (Rentrée 2014)

Quatrième de couverture: « En brefs chapitres qui fourmillent d’anecdotes, de faits historiques et de rencontres ou de coïncidences, Patrick Deville peint la fresque de l’extraordinaire bouillonnement révolutionnaire dont le Mexique et quelques-unes de ses villes (la capitale, mais aussi Tampico ou Cuernavaca) seront le chaudron dans les années 1930.Les deux figures majeures du roman sont Trotsky, qui poursuit là-bas sa longue fuite et y organise la riposte aux procès de Moscou tout en fondant la IVe Internationale, et Malcolm Lowry, qui ébranle l’univers littéraire avec son vertigineux Au-dessous du volcan. Le second admire le premier : une révolution politique et mondiale, ça impressionne. Mais Trotsky est lui aussi un grand écrivain, qui aurait pu transformer le monde des lettres si une mission plus vaste ne l’avait pas requis.On croise Frida Kahlo, Diego Rivera, Tina Modotti, l’énigmatique B. Traven aux innombrables identités, ou encore André Breton et Antonin Artaud en quête des Tarahumaras. Une sorte de formidable danse macabre où le génie conduit chacun à son tombeau. C’est tellement mieux que de renoncer à ses rêves. »

Ah, ce roman est très bizarre. Très bon moment de lecture, souffrant de quelques longueurs, de pas mal de répétitions, seulement, et seulement si l’on est complétement étranger au sujet.
Sorte de biographie de deux personnages historiques important du paysage littéraire pour l’un (Lowery, auteur de volcan…), politico-littéraire pour le second Trotsky, mais aussi d’une multitudes de personnes militantes, artistes… où le Mexique occupe une place importante, pays où tout ce beau monde s’est retrouvé quasi tous en même temps.

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J’avoue qu’à une seule reprise, j’ai été tenté de laisser tomber le livre, mais pile à ce moment, un truc dont l’auteur a eu le secret, a fait que je n’ai finalement pu interrompre ma lecture. Il faut aussi que j’avoue le peu de connaissance de ces personnages, chose en partie comblée grâce à cette lecture, aidé par moment par Wikipedia.
Ce livre n’est pas destiné au plus large public, quelqu’un qui n’a jamais lu, ou qui n’a lu que des Marc Levy sera complètement largué.

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La formule de Dieu de José Rodrigues dos Santos


la formule de dieuAuteurs : José Rodrigues dos Santos

Titre : La formule de Dieu

Edition : Pocket édition

Date : 09/2009

Quatrième de couverture : « Le Caire, de nos jours. Le cryptologue portugais Tomás Noronha se voit confier le décryptage d’un manuscrit original. Son nom ? Die Gottesformel, la Formule de Dieu. Son auteur ? Albert Einstein lui-même. L’enjeu ? Le mode d’emploi d’une bombe nucléaire surpuissante. Précipité malgré lui au coeur d’une affaire d’espionnage international, Noronha plonge dans les secrets de l’atome… et dans un mystère bien plus grand encore.. »

Un peu à la manière d’un Dan Brown, José Rodriguez Dos Santos réussit son coup dans ce roman palpitant. Il essaie à travers différentes réalités scientifiques de poser une théorie qui pourrait expliquer le rôle de l’humanité, le but de notre existence et de la création (vu que cette dernière semble admise), bref tout ce à quoi la foi personnelle est sensée répondre.

L’intrigue du livre est entrainante, et assez classique j’ai envie de dire. Un scientifique portugais se retrouve coincé entre deux feux, entre deux services secrets ennemis, américains et iraniens, et il va, en tentant de déchiffrer un manuscrit codé, laissé par Einstein, Albert de son prénom. Le hasard faisant bien les choses, Tomàs est cryptologue à l’université de Coimbra. Mais le hasard existe-t-il vraiment ? C’est aussi à cela que le livre nous invite à réfléchir. Aussi, il tente de nous réconcilier avec la physique, les mathématiques et la synthèse de toute science, avec la philosophie.

Un roman à découvrir !

Allez, il se fait tard.  J’y vais, A+ José-Rodrigues-dos-Santos

Billet de lecture entrant dans le cadre du challenge Tour du Monde logo3

Pays N°: 35. Portugalflag_of_Portugal

L’aventure d’Albarka de Boubou Hama et Andrée Clair


albarka11Auteurs : Boubou Hama & Andrée Clair

Titre : L’aventure d’Albarka

Edition : EDICEF . NEA (collection Afrique en poche) (110pages)

Date : 09/2009

Quatrième de couverture : « Vers 1910, le tout jeune Albarka mène une vie tranquille à Fonéko, petit village Sonraï du Niger. Il joue avec ses petits camarades, sa répond à ses questions, sa grand-mère lui conte des histoires, son père lui apprend la brousse. Et puis un jour, un messager arrive, apportant un ordre du commandant blanc. L’épouvante entre dans le cœur d’Albarka dont toute la vie va être bouleversée. Ballotté d’abord par les évènements, Albarka, peu à peu, se ressaisit et maitrise sa nouvelle vie. Mais tout n’est pas si simple ! »

albarkaPetit livre de jeunesse, entrant dans le cadre du challenge Tour du monde, pour le Niger (pays voisin et lointain à la fois, où je compte beaucoup d’amis), challenge qui souffrit d’une grande et longue léthargie, tout comme l’activité de ce blog ces derniers mois.

boubouCoécrit par Andrée Clair, une grande amie du Niger et Boubou Hama, écrivain et politicien nigérien, qui retrace ici, dans ce petit livre, et sans le préciser pour autant, sa propre histoire. Petit livre de jeunesse, au style clair, simple et au ton didactique, il raconte l’itinéraire du petit Albarka, né dans la brousse, et qui vécut l’arrivée de ce qui lui et ses semblables vivait comme une occupation, une colonisation, et ce que les français, ces blancs considéraient comme de la pacification. Il y avait surement un peu des deux.

Sans manichéisme, l’auteur raconte le bonheur de la vie de tribu au milieu de la brousse, et ce qu’il considère être une chance, d’avoir appris à lire avec les français ce qui lui permit de mener sa vie! Il n’y a pourtant pas de rancœur envers ce blanc symbole de l’autorité!

Un grand merci à mon ami Nasser Damé de Niamey de m’avoir offert ce petit livre.

Lecture entrant dans le cadre du challenge tour du monde.logo3

Pays N°34 . Le Niger drapeau niger

Fiche du roman : Katiba de Jean-Christophe Rufin


katibaTitre: Katiba

Auteur: Jean-Christophe Rufin

Edition: folio n° 5289 (464 pages)

Date: 25/08/2011

ISBN: 9782070442973

Quatrième de couverture:« Quatre touristes occidentaux sont assassinés dans le Sahara. L’attaque est signée «al-Qaida au Maghreb islamique», dont tout laisse à penser que les partisans veulent aller beaucoup plus loin et rêvent de frapper la France au cœur. L’événement est présenté par les médias comme un fait divers tragique mais il met en alerte les services de renseignements du monde entier. Au centre de leurs jeux complexes, Jasmine. Jeune fonctionnaire du Quai d’Orsay apparemment sans histoire, elle émerge peu à peu comme la pièce maîtresse d’une opération d’envergure inédite. Quels liens cette Française à l’élégance stricte entretient-elle avec le monde musulman? C’est en démêlant les fils les plus intimes de sa vie que la vérité se fera jour et que le suspense, haletant, trouvera son dénouement. Complice, victime ou agent double, Jasmine incarne le mélange de répulsion et de fascination que le fondamentalisme religieux exerce inconsciemment sur chacun de nous. »

Médecin, engagé dans l’action humanitaire, Jean-Christophe Rufin a occupé plusieurs postes de responsabilités à l’étranger. Il est l’auteur d’essais consacrés aux questions internationales et de romans. L’Abyssin, Asmara et les causes perdues, Globalia, La Salamandre, Le parfum d’Adam et Katiba entre autres, ne cessent d’explorer la question de la rencontre des civilisations et du rapport entre monde développé et pays du Sud. Traduite dans le monde entier, son œuvre a reçu de nombreux prix, dont le prix Goncourt 2001 pour Rouge Brésil. Il a été élu à l’Académie française en juin 2008.*