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Photographie #3 – El Kala


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Photo du jour et lecture du moment 


Photo du jour 


El kala, et l’île maudite de la plage d’El Morjane. Et des nuages tout plein! Et de la lumière !! 

à la recherche des champignons 17/11/2010


Hello, une nouvelle rubrique dans mon modeste blog voit le jour, et j’espère que contrairement à celle des origines des appellations en médecine, elle sera plus au moins mise à jour.

Ici, je suis sorti avec papa, maman et mon frère dans la forêt de Tonga, entre El Kala et Oum Theboul, et la récolte fut intéressante. Voici quelques photos.

Vesse de loup

Cep de Bordeau

Lactaire délicieux

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Jules Verne – Cinq semaines en ballon


Je vous parle d’un temps, que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître! Et ce n’est pas la bohème. Il s’agit seulement de la lecture en classe. J’en garde un doux souvenir du livre de lecture de cinquième année primaire de français, et l’on lisait des textes tirés de différents classiques littéraires. Dans la petite école primaire de Djbel Tounes, qui portait le nom du grand père d’une camarade de classe, nous avons lu les aventures du Dr Samuel Fergusson, de son ami Robert Dick, et de son garçon de service le petit Joe, qui tous les trois, en montgolfière (baptisée le Victoria), traversent l’Afrique  d’est en ouest. Départ l’Ile de Zanzibar. Il s’agit de Cinq semaines en ballon. Il y avait aussi l’histoire de Robinson Crusoë de Daniel Defoë, et Le livre de la jungle de Rudyard Kipling.

Je viens tout juste de relire (mais en texte intégral cette fois -eh oui, je suis un grand maintenant), Cinq semaines en ballon de Jules Verne, une lecture pleine de nostalgie et de souvenirs d’enfance. Petit, j’avais du mal à lire le mot gypaètes, ces rapaces qui ont fait un trou dans le ballon du Dr Fergusson. Depuis je me suis décidé à revoir ces classiques, et je viens de me procuré les deux tomes de Daniel Defoë.

Je me souviens que cinq et six ans plus tard, mon frère et ma sœur n’ont lu leur livre de lecture que grâce à l’obstination (salutaire) de ma mère, car en classe, ils n’ont pas ouvert une seule fois leur livre de lecture. Malheureux, oui, et je me souviens parfaitement de la réponse de la prof de français de ma sœur quand ma mère lui avait demandé la cause de cette omission de la lecture : « d’une part c’est fatigant pour moi, avait-elle dit, et d »autre part l’inspecteur m’a dit qu’il ne fallait pas trop me casser  la tête ». Et là, on se rend compte qu’une réforme du système de l’éducation était nécessaire. Cette réforme a bien été entreprise certes, mais, à mon avis, n’a pas touché les points essentiels. Le programme en soit (bien que nécessitant une mise à jour n’était pas le maître problème.  Il fallait plutôt réformer la prof de français de ma soeur, l’inspecteur de cette prof, mais aussi et surtout le ministre de l’inspecteur. Ministre depuis le début des années 90, Mr Benbouzid n’a eu depuis la prise de son poste de ministre de l’éducation nationale, qu’une seule idée lumineuse, celle de scolariser ses enfants à l’étranger. Sinon, pour éviter de se casser trop la tête, le ministre aurait pu limiter sa réforme qu’au nom de son ministère. Celui-ci devrait s’appeler désormais ministère de l’abrutissement national. Well done Mr Minister (…ironie, bien sûr)

Yasmina Khadra – El Kahira, cellule de la mort


khadraQue pourrais-je dire à propos de Yasmina Khadra. Je viens de me rendre compte que bien qu’il soit mon auteur préféré, c’est la première fois que je parle d’un de ses livres. Et je ne vais parler du dernier livre « Ce que le jour doit à la nuit », ni de « l’attentat » son œuvre la plus vendue je crois ! Car je viens de lire l’un des ses premiers écrits, alors qu’il ne signait pas encore sous son pseudo qui rend hommage à la femme, désormais mondialement connu. Ce livre s’intitule El Kahira Cellule de la mort. Il est signé Mohamed Moulessehoul. Il date de 1986 aux éditions Enal, mais réédité chez Chihab éditions en 2002. Je reparlerai plus tard de cette édition, et surtout de la mauvaise qualité de ses livres.

Revenons à El Kahira (le Caire). C’est l’histoire de Khaled, un jeune « arabe et musulman » de l’Algérie française, âgé de 20ans. Fiancé à sa cousine Jamila, sa fortune se résume à quelques missions pour le compte du FLN, et un rêve nommé Algérie. Une Algérie libre et indépendante. Ce rêve, ainsi que ses « Frères », l’aident à tenir le coup dans cette prison oranaise. Transférés de cellule en cellule, les Frères de la CAM (condamné à mort), se croisent, se rencontrent, s’encouragent et se préparent à affronter la Veuve, cette mangeuse d’hommes (d’hommes libres) qu’est la guillotine, après un dernier arrêt dans la cellule N°13 nommée El Kahira (Le Caire). Chaque lundi, les hommes transférés à El Kahira savent désormais qu’ils n’ont que jusqu’à l’aube pour mourir.

Basé sur des témoignages de rescapés de la CAM, c’est grand hommage aux martyrs de l’Algérie en général, et d’un en particulier qu’est Ahmed Zabana, à qui le livre est dédié. On sent très bien le militaire commandant Moulessehoul, amoureux de sa patrie, reconnaissant et admiratif envers ces hommes sacrifiés, ces martyrs.

Je n’ai pas envie de faire le bilan de l’Algérie, de palabrer sur le recul de la démocratie, de la mauvaise gestion, de la politique aveugle et irréfléchie, la mainmise d’un pouvoir illégitime (non, j’ai du mal à le nommer gouvernement, c’est bien un pouvoir). Ahmed Zabana et tous les autres milliers de martyrs de l’Algérie se seraient sacrifié pour tant de bassesse ? Non, je ne veux pas le penser. C’est trop démoralisant.

Tant pis pour les éditions Chihab, je parlerai de la mauvaise qualité de leurs livres une autre fois.

Lus du même auteur, et commentés:

Les Hirondelles de Kaboul

La longue nuit d’un repenti

Les hirondelles de Kaboul

Le bonheur est dans le salon de coiffure


Qu’est ce que le bonheur en fin de compte ? Pour certains c’est l’amour, pour d’autres l’argent, alors que certains se suffisent d’un chouia de tranquillité, de douce quiétude…

Je pense à ça après avoir accompagné mon père chez le coiffeur, dans notre pauvre ville d’El Kala. Le coiffeur en  question, gros bonhomme, courtaud sur ses jambes, le ventre se déversant par-dessus sa ceinture. Il parle calmement, donne des conseils sur comment mon père devrait couper ses cheveux, critique calmement la société d’hyperconsommation qui l’entoure en ces journées estivales caniculaires, la qualité des touristes et la manie des jeunes adolescents d’exiger des coupes de cheveux aussi insolites  qu’un poil de cul chez un bébé. Ses énormes joues se rejoignent en un double menton tremblant comme de la gélatine quand il rit. L’homme est âgé de 73ans. Sur son diplôme jauni par les années et la poussière, on peut lire qu’il est présumé né en 1931. Il parle avec nostalgie du temps où il allait à Tunis avec femme et enfants, le dernier desquels vient de trouver un poste de travail à la société d’électricité. La Sonelgaz. Avant de trouver ce poste de travail, et après avoir fait des études d’ingénieur, il a travaillé durant plusieurs années comme coiffeur avec son père, dont il est une copie plus jeune, les cheveux encore noir et le front moins dégarni.

A 73 ans, le monsieur dit se délecter du fait de pouvoir travailler encore, en remercie Dieu, et profite chaque jour qui passe, du bonheur de vivre tranquillement, de travailler ses maigres et suffisantes heures, de faire la petite sieste qui sied aux personnes de  son âge.

Dans le salon de coiffure, un vieux monsieur, le visage ridé comme un ancien parchemin cents fois froissé, rit tendrement aux blagues du coiffeur, le taquine en lui demandant de lui faire la coupe de cheveux d’un danseur de tecktonik.