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Fils du Shéol d’Anouar Benmalek


081-6-Benmalek-Fils-du-ShéolAuteur : Anouar Benmalek

Titre : Fils du Shéol

Edition : Calman Levy éditions 2015 , Casbah éditions pour l’Algérie

Quatrième de couverture: « Trois histoires d’amour pour remonter à l’origine du mal… Trois générations, deux génocides. Tout commence dans la touffeur ignoble d’un wagon à bestiaux. Le jeune Karl y fait la connaissance d’Helena, son bref et unique amour le temps du voyage. À son arrivée en Pologne, le gamin juif est gazé. Dès lors, depuis un étrange séjour des morts, le Shéol, il est condamné à regarder évoluer les siens et à tenter d’éviter désespérément la catastrophe. Ainsi retrouve-t-il son père, devenu Sonderkommando. Dans la noirceur de sa condition, ce dernier rêve à sa lumineuse Élisa, la mère de Karl, rencontrée et épousée en Algérie des années auparavant. Poursuivant son effroyable voyage à rebours, Karl croise Ludwig, son grand-père, qui au début du siècle a servi dans l’armée allemande du Sud-Ouest africain. Et le secret que l’aïeul n’a jamais pu raconter de son vivant – sans doute la clé de leur destinée à tous –, son petit-fils finit par l’apprendre depuis sa nouvelle demeure : celui de l’existence d’Hitjiverwe, une jeune femme héréro passionnément aimée, victime avec son peuple d’une barbarie oubliée, terrible avertissement aux générations futures. »

Comme à chaque fois depuis plusieurs livres, le nouveau Benmalek tient sa promesse, celle de nous faire voyager, dans le temps et dans l’espace.

Très vite la couleur noire est donnée, une violence insoutenable nous prend à la gorge, une violence abyssale, complète, totale et humaine, hélas, nous interpelle.

benmalek

Dans ce livre, Benmalek nous raconte l’Europe de l’apocalypse, empêtrée dans un nazisme destructeur, un antisémitisme ambiant, sournois et complètement injuste. Il nous raconte un monde qui a failli sombrer, à travers l’histoire de cette famille juive « mixte » séfarado-ashkénaze, la shoah qui va tout anéantir pour cette famille (je ne révèle rien, on lit ça dans les cinquante premières pages du roman qui en compte plus de quatre cents), puis à reculons, l’auteur nous raconte la naissance de cette famille, la rencontre algéroise du couple, alors que le futur déporté, toujours joviale et de bonne humeur, accompagne son père ancien soldat allemand au sud ouest de l’Afrique (qui sera plus tard la Namibie), dans la quête d’un pardon… Je vous laisse découvrir, le livre en vaut le coup. Je vous dis quand même que la Shoah n’est pas le premier génocide germanique, peut être parce qu’à l’époque le mot génocide n’existait pas encore.

Un roman bien actuel, dépeignant cette ambiance actuelle de défiance internationale, avec tous ces signes annonciateurs de mauvaises choses, cette même ambiance qui précéda les deux guerres mondiales du siècle dernier.

Moins médiatique que d’autres auteurs algériens, cet auteur aux multiples facettes, dont c’est ma troisième lecture, m’étonne par la diversité de ses sujets, moins algéro-algérien qu’un Yasmina Khadra, plus discret aussi, Anouar Benmalek a le don de nous prendre par la main, de nous mener à travers une itinéraire dont il est le seul fin connaisseur, de nous captiver, de nous émouvoir.

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Le journal d’Anne Franck


Auteur: Anne Frank

Titre : Journal

Edition : Le livre de poche 1977

Quatrième de couverture: « Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort. Sa famille a émigré aux Pays-Bas en 1933. À Amsterdam, elle connaît une enfance heureuse jusqu’en 1942, malgré la guerre. Le 6 juillet 1942, les Frank s’installent clandestinement dans  » l’Annexe  » de l’immeuble du 263, Prinsengracht. Le 4 août 1944, ils sont arrêtés
sur dénonciation. Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus en février ou mars 1945, peu après sa sœur Margot. La jeune fille a tenu son journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944, et son témoignage, connu dans le monde entier, reste l’un des plus émouvants sur la vie quotidienne d’une famille juive sous le joug nazi.

J’ai été très surpris par la qualité littéraire de ce document. Quand le journal est débuté, la petite fille n’a que onze ans, et déjà énormément de maturité dans l’esprit.
Beaucoup de parties de ce journal est fait de scènes de la vie quotidienne et recluse dans ces bureaux à Amsterdam. La jeune fille égrène ses humeurs, et ses émotions, souvent teintés de rebellions, mais le texte renferme aussi des réflexions et des pensées profondes, surprenantes car issu d’une enfant. »

« Je veux continuer  à vivre même après ma mort.  » cette phrase prémonitoire de la petite Anne, ambition d’une adolescente un peu naïve s’est finalement avérée réelle. Ses pensées dont la bonté naïve et magnanimes lui ont valu d’accéder à une postérité bien mérité. Il est bien dommage qu’elle n’ait pas survécu, car je suis sûr qu’aurait été une femme exceptionnelle.

La petite Anne, ou plutôt la grande, est parfois naïve, et surtout consciente de l’être. Elle se promet et espère murir et avoir suffisamment de recul pour arriver à ses ambitions littéraires et journalistiques, et en lisant ce journal, je dois dire qu’elle semblait destinée à cette vocation, tant son talent est avéré.

Il ne faut pas s’attendre à une épilogue, car il s’agit bien d’un journal personnel, interrompu subitement suite à l’arrestation des occupants de l’Annexe, et de leurs protecteurs, le 4 aout 1944.

Ce recueil de pensées reste d’actualité, car l’homme, cet animal victime de son instinct de survie, cet instinct dévastateur, ne semble pas prendre des leçons de son histoire. Les bourreaux sont légions, leurs totalitarismes inquiétants, et leurs lois puisque plus fortes semblent toujours s’attacher à avoir raisons. Qui sont ces bourreaux? Il suffit pour de prendre n’importe quel journal, de n’importe quel jour. Ils sont faciles à trouver.