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Chanson douce de Leila Slimani


Auteur : Leila Slimani

Titre : Chanson douce

Edition : Folio N° 6492

Quatrième de couverture: Louise ? Quelle chance vous avez d’être tombés sur elle. Elle a été comme une seconde mère pour mes garçons. Ça a été un vrai crève-cœur quand nous avons dû nous en séparer. Pour tout vous dire, à l’époque, j’ai même songé à faire un troisième enfant pour pouvoir la garder.» Lorsque Myriam décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise et sont conquis par son aisance avec Mila et Adam, et par le soin bientôt indispensable qu’elle apporte à leur foyer, laissant progressivement s’installer le piège de la dépendance mutuelle.

Ce n’était probablement pas le livre de l’année, et beaucoup dans mon entourage m’ont dit cela, cependant, il est loin d’être un mauvais livre. Chanson douce, comme le roman précédent de cette écrivaine franco-marocaine, dans le jardin de l’ogre, est un livre dérangeant. Il est question d’enfants, de bébés qui évoluent dans un environnement chaleureux, dans une famille aimante, mais beaucoup trop urbaine, où les valeurs traditionnelles familiales n’existent plus, ou presque (et je ne leur fait aucun procès, simple constat).

Il est vrai, la vie en occident, et grâce à la mondialisation,  partout dans le monde, dans les mégalopoles, souffre d’un rythme trop rapide. on retrouve certaines choses inimaginable il y a quelques décennies, comme l’industrialisation de ce « petit » métier de nounou, grâce à une main d’œuvre pas trop chère, souvent en Europe issue de population souvent pauvre, ou classe moyenne inférieure, et en Europe, souvent issue de l’immigration.

Dans ce domaine, (les personnages parents de deux enfants) de ce roman tombent sur une perle rare. Louise est une française de souche, d’un âge respectable, toujours propre sur elle, et donnant toujours, invariablement plus que ce que l’on attend d’elle.

La première phrase du roman annonce le décès du bébé, suivi de celui de sa sœur ainée. Il n’y a donc pas de suspens, mais il existe, tout  au long du roman, et cela grâce au talent de l’écrivaine, une tension accablante au début, qui redescend pour augmenter au fil de l’avancement de l’histoire. Il n’y a donc pas, ou peu de surprises, mais comme un tableau qu’on dessine, l’auteur trace d’abord le sujet principal, puis elle peaufine son œuvre au fur et à mesure que les pages tournent, par petites touches, pour atteindre son objectif, en soulignant en insistant sur la psychologie du personnage principal, qu’est la nounou.

Roman donc intéressant, divertissant et bien glaçant, surtout pour un futur papa comme moi. A lire. de toute façon, il n’a pas besoin que je lui fasse de la publicité. Il a reçu le prix Goncourt de l’année 2016.

Khalil de Yasmina Khadra


Auteur : Yasmina Khadra

Titre : Khalil

Edition : Julliard éditions / Casbah éditions pour l’édition algérienne

Quatrième de couverture: Vendredi 13 novembre 2015. L’air est encore doux pour un soir d’automne. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d’explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l’acte. Il fait partie du commando qui s’apprête à ensanglanter la capitale.
Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?
Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d’un réalisme et d’une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l’esprit d’un kamikaze qu’il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l’insoutenable brutalité de la folie.


Comme le Beaujolais nouveau, chaque année ou presque, Yasmina Khadra nous livre sa cuvée. Comme chaque année, je vais répéter que je ne retrouve plus le Yasmina Khadra des premiers jours, des jours difficiles, ceux des premières années d’exile, et surtout de la grande inspiration. J’ai l’impression que quelque chose a cassé depuis Ce que le jour doit à la nuit.

Mais cette année, sans égaler les succès que je préfère de Khadra, le roman de cette année, Khalil,  renouant avec un thème qu’il maitrise bien, ayant été lui même un acteur de la lutte antiterroriste, le résultat est pour moi positif. Bien sûr le style est toujours aussi grandiloquent et un peu ronflant, mais moins que d’habitude, mais surtout la psychologie du personnage principal est bien construite. Le roman est l’histoire de ce Khalil, Belge d’origine marocaine, islamisé de dernière minute, qui s’apprête en compagnie de comparses à se faire exploser au stade de France, un certain jour funeste de novembre.

L’auteur traite avec acuité, les idées de son personnage principal et leurs cheminement, bien que tortueux, bien que reniant toute logique humaine et reniant tout ce qui est humain, donne une explication. Manuel Valls a dit quelques jours après les attentats de novembre, j’imagine juste pour faire un mot, expliquer c’est excuser. Premier ministre à cette époque, et voulant se montrer le plus de droitepossible, le plus intransigeant, le plus dur dans sa réponse aux terroristes. Finalement il m’a paru d’une bêtise sans fond, ne fixant grâce à ses œillères de baudet, que ses objectifs électoralistes, cherchant la punch-line, le bon mot, mais finalement se couvrant de ridicule. Il faut toujours expliquer bougre d’âne. Comment agir? comment penser une réaction?? Comment un médecin peut traiter un mal sans établir de diagnostic.

Je conseille donc la lecture de ce livre, à Manuel Valls, mais aussi au large public, que ce soit en Europe que du côté de chez nous en Afrique du nord, plus pour les idées qu’il véhicule et qu’il défend, que pour sa qualité littéraire qui n’est pas extraordinaire, mais qui n’est pas médiocre non plus.

Pupille de Riadh Hadir


Auteur : RIADH HADIRpupille.jpg

Titre : Pupille

Edition : ANEP éditions (215pages) Année 2017

Quatrième de couverture : « La foie est l’ardent carburant de notre espèce. La foi divine, idéelle, scientifique, matérialiste, amoureuse ou amicale guide l’humain sur le chemin de la conquête. Comme tout carburant, la foi est instable lorsqu’elle est maniée sans discernement. Le dévot devient extrémiste, l’ami ennemi et le savant guerrier. Il est raisonnable de supposer  que toute mutation historico-sociale, indépendamment de ses conséquences souvent désastreuses, est le fruit d’un délai fort et intense porté par une foi inébranlable. « Pupille », à travers les différentes facettes de ses fois brisées, mauvaises ou dévoyées. Une fois saine, fraîche et intacte peut-elle mener vers un salut que l’on croit perdu ? »

Ce livre commence à faire son petit bonhomme de chemin, malgré un sérieux handicap au départ, son éditeur. L’ANEP, (acronyme de Agence Nationale de l’Edition et de la Publicité), est un organisme étatique, qui a la réputation d’être utilisé par les pouvoirs publiques, pour ce qui est de son volet publicité à arroser les journaux progouvernementaux, et à essayer d’étouffer ceux et celles dont la tête dépasse un peu. Pour son volet édition, elle était jusque là pour moi inexistante, mis à part dans le salon du livre d’Alger où l’agence bénéficie d’un énorme stand chargé de livre surtout arabophone à la gloire du FLN et de la guerre de libération. Ce livre là Pupille, n’était pas disponible, l’année dernière, à moins qu’il ne fut très bien caché.

Revenant à notre livre, et à notre cher et finalement bien talentueux Riadh Hadir (que je soupçonnais d’être fils ou neveu d’un directeur de l’ANEP) avant d’avoir lu le roman. Déjà, dès les premières pages, j’ai été vraiment surpris par la maitrise narrative. On sent très rapidement que l’auteur a  son doute noircit du papier, beaucoup écrit, mais aussi surement beaucoup lu. La construction de ses personnages est imperceptible et d’une grande efficacité, le style est fluide, et le monde dans lequel le livre est construit murement réfléchi, bien bâti, sur les ruines de notre civilisation actuelle, un monde post apocalyptique (car il s’agit là bien d’une dystopie) où l’on vit après une guerre totale et mondiale, une avancée technologique majeure, et une régression sociétale immense. L’hypocrisie est générale et généralisée, et l’intolérance de tout ce qui n’est pas dans les rangs est un dogme quasi religieux. Un monde où l’on produit de l’humain à la chaine, avec une pensée unique, et où toute diversité culturelle, cultuelle et intellectuelle est largement combattu par la société, et par quelques leviers (police des mœurs) de celle ci.

Petit bémol pour la fin, que je ne vais surement pas spoiler, ou divulgacher, mais bien que se voulant optimiste,(je rassure tout le monde ce n’est pas une fin neuneu), je l’ai trouvé un peu pauvre, manquant d’épaisseur et de consistance, surtout par rapport à tout le reste du livre, si riche. J’ai aimé certaines références culturelle, chargée d’humour, comme (Billal Ibn Rabah premier blues-man musulman, l’inconnue d’une équation en math, que seul Dieu connait… ). 🙂

Riadh Hadir

Des livres comme celui ci ont un  bienfait énorme, en plus du divertissement qu’il procure, celui de poser des questions, de mettre sur la table un sujet aussi épineux que la place de la foi, la religion ou plutôt de la religiosité, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, dans l’organisation de la vie et de la société. Que ce soit dans nos sociétés nord-africaines que dans les sociétés occidentales.  Large débat, hélas tabou de notre côté de la méditerranée

Pour cela je dis merci Riadh!!

Autre chose concernant l’éditeur ANEP, coup de gueule contre cette agence étatique, c’est l’absence totale de diffusion du livre. En général, les livres de cette éditeurs ne se vendent pas en librairie, je pense que le gros des ventes est grâce au bibliothèques municipale, régionale…, mais presque jamais en librairie. Je parle là biensur des petites villes d’Alger, où je ne me rends que rarement. Mes deux libraires à Annaba n’arrivent pas à le commander. L’un me répond que l’ANEP ne diffuse pas, l’autre que le numéro qu’il a réussit à avoir ne répond jamais. C’est quelque chose auquel je suis continuellement confronté, la disponibilité des livres dans les librairies algériennes répond plus au hasard qu’à un réseau professionnel du livre. C’est une honte.

Le mur, le kabyle et le marin d’Antonin Varenne


Auteur : Antonin Varenne

Titre : Le mur, le kabyle et le marin.

Édition : Le cercle points ( mai 2013) 312 pages

Quatrième de couverture : « 2009 : flic le jour, boxeur la nuit, George Crozat, dit le Mur, sent sa carrière décliner et accepte de tabasser des inconnus pour le compte d’un mystérieux commanditaire. 1957 : Pascal Verini, ouvrier de Nanterre, soldat en Algérie, refuse de pratiquer la torture. Rien ne semble devoir réunir ces deux hommes. Pourtant, leurs trajectoires vont se croiser et en être définitivement bouleversées. »


J’ai découvert Antonin Varenne il y a quelques mois dans son roman Trois mille chevaux vapeur, une fresque historique géniale. J’ai donc sauté sur l’occasion pour relire cet auteur.

Ce livre n’a rien à voir avec le premier. Ni en terme d’espace, ni en époque ou d’ambiance. L’histoire avance sur deux fronts dans des époques différentes. L’Algérie française des années cinquante, où un personnage, Verini (issu d’une famille ouvrière communiste) est appelé à faire son service militaire, et où il est témoin d’atrocités. Cela se passe dans à Orléanville, qui deviendra en 62 Asnam, et après un tragique tremblement de terre, deviendra Chlef.

Celui qui deviendra le marin y rencontre le kabyle. En parallèle celui qu’on appelle le Mur, policier de son état, boxeur en fin de carrière, au caractère de taureau sauvage, est une force de la nature désargenté, et fini par par céder à l’appel de l’argent facile et flirter avec le banditisme et milieu des flics ripoux.

Tous ces personnages que l’on apprend à connaître au fil des chapitres finissent par se rencontrer dans le sud de la France contemporaine pour solder leurs comptes.

La narration est bien maîtrisée, le style est fluide et les pages tournent dans un rythme soutenue. C’est sur, Antonin Varenne est un auteur à suivre.

Né à Paris en 1973, Antonin Varenne est diplômé de philosophie. Il a parcouru le monde avant de revenir en France pour se consacrer à l’écriture. Il a reçu le Prix du Meilleur Polar des lecteurs de Points 2010 pour Fakirs.

Nos richesses de Kaouther Adimi


Auteure : Kaouther Adimi

Titre : Nos richesses

Édition: Barzakh Éditions pour l’Algérie (septembre 2017) 216 pages

Quatrième de couverture : Un soir, Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, arrive à Alger; il se rend au 2 bis de la rue Hamani, ex-Charras, avec les clés des Vraies richesses, minuscule librairie délabrée : sa mission est de faire place nette. Il s’y attelle sans état d’âme, lui que les livres indiffèrent, mais c’est compter sans le vieux Abdallah, gardien du temple, qui va progressivement l’initier à la magie du lieu. Car Ryad ignore tout du passé de l’endroit –  poumon de la vie culturelle dans l’Alger colonial des années 30-40 -, animé par Edmond Charlot, libraire et éditeur passionné, proche de Jean Sénac et de Jean El Mouhoum Amrouche et qui, entre autres, révélera le jeune Albert Camus. Ce roman, où alternent le journal (fictif) d’Edmond Charlot et le quotidien d’une rue algéroise en 2017, explore intelligemment l’épineuse question de la transmission d’un héritage. Il y a d’ailleurs ce « nous » qui court tout le long du texte, telle la voix d’une conscience, celle d’une mémoire collective nous engageant, nous lecteurs, à transformer cette fiction en fragment de notre histoire…


Encore une fois, Kaouther Adimi prouve avec ce troisième texte son talent d’écrivain. Après Des ballerines de papicha et Des pierres dans ma poche dont l’inspiration semble personnelle, Kaouther Adimi nous gratifie d’un texte plus « littéraire » et qui la révèle enfin au grand public.

L’auteure à travers ce livre, nous rappelle l’existence d’une aventure littéraire algéroise, à l’époque de l’Algérie française diraient certains, ou comme dirait d’autres du temps du colonialisme. L’auteure ne rentre pas dans ce débat, et se limite aux côtés littéraires de l’histoire de cette époque, et évoque la personne d’Edmond Charlot, qui à l’âge précoce de 21 ans, fonde une librairie / bibliothèques / maison d’édition. Ce fut là le point de départ d’une aventure littéraire extraordinaire. On y croise Jean Amrouche, Albert Camus ….

Ce dernier personnage très controversé jusqu’à maintenant,  aussi bien en Algérie qu’en France, n’est pas abordé en profondeur dans ce roman, volonté de l’auteure par crainte qu’il ne phagocyte et centralise le débat et le roman. Le but de ce dernier étant de raconter l’histoire d’Edmond Charlot, et de son aventure littéraire, les déchirures et les difficultés causées par la guerre mondiale, et / ou la guerre des égos, entre auteurs et entourage d’Edmond Charlot.

L’auteure évoque aussi l’Algérie actuelle, et partiellement, sa situation culturelle à travers la confrontation entre deux personnages à Alger des années 2010. Et ce qui donne à la forme du roman une construction hétérogène.

Pour la période contemporaine, nous avons des chapitres racontant la mission de Ryad chargé de vendre ce qui restait de la dite librairie / bibliothèque, et Abdallah ancien « gardien du temple. » Et puis il y a une alternance de chapitres de la période coloniale et d’extrait d’un journal imaginaire de d’Edmond Charlot.

Le style y est toujours très beau et fluide, et le talent de Kaouther Adimi avéré. On sent la quantité et la qualité du travail effectué.

Le livre a eu un bon accueil et après sa nomination pour le Goncourt et le Renaudot, a fini par obtenir le Renaudot des Lycéens 2017.

Nouvelle parution : Ce que le mirage doit à l’oasis de Yasmina Khadra- illustrations de Lassaad Metoui


Ce mois a vu la parution du dernier livre De Yasmina Khadra cette fois ci chez Flammarion, son titre est Ce que le mirage doit à l’oasis.

Présentation de l’éditeur :

«Mon histoire avec le livre, le désert et les Hommes, c’est l’histoire d’un partage, l’histoire d’un amour vieux comme le monde, l’amour du rêve…»

Ainsi parle Yasmina Khadra qui entreprend de raconter le désert, comme il l’a connu dès son enfance, en Algérie. Dans cet exercice d’autofiction, le célèbre romancier emmène le lecteur dans l’immensité des lieux, si arides en apparence et pourtant si vivants, où la musique rythme la poésie et les mirages accouchent toujours d’oasis…

Paru le 08/11/2017 en France

Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio d’Amara Lakhous


Auteur : Amara Lakhous

Titre : Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio.

Édition : Barzakh éditions pour l’Algérie (février 2008) 144 pages.

Quatrième de couverture : Piazza Vittorio est l’unique quartier multiethnique du cœur historique de Rome. Dans un immeuble situé sur la place, un homme est retrouvé assassiné, Au même moment, l’un de ses voisins, Amedeo (de son vrai prénom Ahmed disparaît. Ces événements suspects délient les langues et chacun des habitants de l’immeuble va livrer son sentiment, « sa vérité » à propos des faits et du mystérieux disparu. Amedeo, si apprécié de tous dans un quartier où règnent incompréhension et querelles domestiques, a-t-il vraiment le profil de l’assassin ? En situant l’intrigue de son roman à Rome, Amara Lakhous nous livre une savoureuse satire – mi-polar, mi comédie à l’italienne – et entre avec audace dans la problématique de la cohabitation des cultures et de la peur de l’Autre.


Ce livre a longtemps traîné sur ma bibliothèque. Je me promettais sans cesse de le lire, mais n’arrêtais de le repousser à plus tard. Il est à noter que mon rythme de lecture a beaucoup changé (en baisse) ces deux dernières années, le travail prenant de plus en plus, et les responsabilités ne cessant de me tomber sur la tête. Mais mon congé (hélas terminé) m’a permis de renouer avec la lecture et avec ce blog, resté longtemps en jachère. Mais revenons à notre livre.

Amara Lakhous inaugure son œuvre littéraire avec un texte court, rythmé et bien ordonné. La recette est simple et la mayonnaise prend de suite, si l’on peut s’exprimer ainsi.

Une multitude de personnages partagent leur quotidien dans cette place romaine (contemporaine) Piazza Vittorio, et plus exactement dans l’ascenseur d’un immeuble où ils habitent presque tous, et où il y eut un crime. Le livre tourne autour de cet ascenseur et aussi d’un personnage nommé Amedeo, disparu depuis le meurtre et donc premier suspect, et dont le lecteur algérien reconnaît rapidement la racine arabe, ou plutôt arabophone, (Ahmed) du prénom, mais peut être en dis je déjà un peu trop?

Plein d’immigrés de différentes origines, avec divers degrés d’intégration rodent dans cette Piazza Vittorio, ainsi autour du personnage d’Amedeo. Tous prennent la parole l’un après l’autre, entrecoupés par les interventions d’Amedeo, qui distille sa vision des choses au fur et mesure du roman.

Avec un humour subtile et une légèreté savoureuse, Amara Lakhous pose le problème de l’immigration, dans cette capitale italienne, porte d’entrée de tant d’émigrés de toutes sortes (liste non exhaustive mais très variée) et de toutes origines, vers l’Europe. Ça va du réfugié politique, de guerre, économique… sans oublier celui qui souffre du mal de vivre dans une société avec laquelle on ne partage pas beaucoup de valeurs… suivez mon regard.., un miroir…

L’auteur évoque les problèmes d’intégration des uns, les clichés qui collent aux autres, démolissent les réputations d’autres encore. Mais il évoque aussi la réussite de certains, qui généralement payent le prix en perdant un peu de leurs personnes, et cela semble un choix assumés. Ces derniers qui semblent les plus équilibrés portent en eux peut être les plus grandes blessures.

Très bonne lecture donc. J’ai hâte de découvrir la suite qui semble très prometteuse de l’œuvre d’Amara Lakhous. Trois titres, tous ses suivants ont déjà pris place dans ma bibliothèque.

Bientôt le deuxième roman d’Amara Lakhous, Divorce à la musulmane à Viale Marconi, toujours aux éditions Barzakh.