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Zabor ou Les psaumes de Kamel Daoud


Auteur : Kamel Daoud

Titre : Zabor ou Les psaumes

Édition : Barzakh éditions pour l’Algérie. (Août 2017) 332 pages.

Quatrième de couverture : « Dans un village reculé, entre désert et forêt, Zabor, orphelin d’une mère répudiée, rejeté par son père, vivant avec sa tante perdue dans ses rêves et un grand-père aphasique, se découvre le don prodigieux de pouvoir prolonger la vie des autres par le simple fait d’écrire. Ironie du sort, il est, un soir, appelé au chevet de son père mourant… Zabor ou les psaumes, fable autant que confession, est le roman de formation d’une âme torturée qui se livre sur sa découverte des puissances telluriques de la langue, de l’écriture et du corps, s’inventant une manière libre, radicale de défier la mort par l’imaginaire. dans un jeu subtil de mise en abîme permanent, Kamel Daoud nous promène et nous égare dans son panthéon littéraire où figurent aussi bien les livres sacrés- source d’une quête infinie- que les Mille et une nuits ou L’île au trésor. En écrivain-démiurge, il déploie avec grâce et lyrisme une poétique singulière, reposant in fine la plus ancienne des questions : « Peut-on sauver le monde par un livre? ».

Kamel Daoud revient après un Meursault, contre-enquête au succès international, Goncourt du premier roman en 2015, avec un conte initiatique, celui d’un personnage qui se fait appeler Zabor. Un personnage brimé, sensible, fragile, mis en quarantaine par sa famille, mais muni d’un don extraordinaire, celui de repousser la mort, grâce à l’écriture, et peut être pourrons nous dire, dans une certaine mesure, Aux Écritures. Cet adolescent de 30 ans n’est tant apprécié que ça dans son village, car il flirte allègrement avec le blasphème et le tabou que cela charrie, se complaît dans sa différence tout en en souffrant.

Kamel Daoud aborde les questions de la langue, de la culture, des cultures, de l’ampleur du sacré dans cette Algérie profonde post indépendance précoce, et à son image ce village d’Aboukir. La question de la sensualité est aussi abordée, les corps, d’abord celui du personnage lui même, puis celui métaphoriquement décapité de la voisine, cette femme taboue puisque divorcée, celui de sa tante Hadjer qui l’a materné, celui décharné de son père malade et mourant… Et puis il y a aussi la sensualité de la langue, ou des langues. Celle de l’auteur longuement travaillée, pétrie et sculptée, malgré peut être trop de longueurs tout au long du livre. Mais peut être est-ce intentionnel, car ce style dense et touffu, cette langue redondante sied bien à la forme du conte avec la métaphore sensuelle et poétique. Ce livre convient pour les mêmes raisons à la lecture à voix haute, pour ce qu’elle détient de musicalité et de poésie.

La question du livre en tant qu’objet, et de produit culturel, de la difficulté de s’en procurer est aussi soulignée. J’ai autant apprécié cette question que je vis personnellement cette frustration, et je partage ce que l’auteur évoque (pas dans le livre mais dans différentes interviews) comme le fétichisme de l’objet livresque. Pour ma part qui suis dans un petit village de l’Algérie profonde, à 700 km de la capitale Alger, je dois parcourir 100 km pour trouver une librairie, 300 km pour trouver une librairie avec à sa tête un vrai libraire. De ce côté je comprends parfaitement ce qu’évoque Kamel Daoud.

Je tiens à ajouter que Kamel Daoud, l’homme, rencontré à l’occasion du salon du livre d’Alger, est fort sympathique et souriant.

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Photographie #3 – El Kala


MILLENIUM 1 – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Stieg Larsson


Auteur : Stieg Larsson

Titre : MILLENIUM 1 –  Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Edition : Babel Noir septembre 2010 (706 pages)

Quatrième de couverture : Après avoir perdu un procès en diffamation, Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, démissionne de la revue Millénium et ressasse son dépit. Il est contacté par un magnat de l’industrie qui lui confie une enquête vieille de quarante ans : sur l’île abritant l’imposante propriété familiale, sa nièce, Harriet Vanger, a naguère disparu, et il reste persuadé qu’elle a été assassinée. Si ce n’est pas exactement le hasard qui réunit Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, réchappée des services sociaux et génie de l’informatique, c’est une vraie chance, car la jeune femme va bien vite s’imposer comme le meilleur atout du journaliste pour élucider l’affaire. L’intolérance, l’hypocrisie, la violence et le cynisme de notre monde contemporain – aux niveaux politique, économique, social, familial – sont les ressorts de ce polar addictif, au suspense insoutenable, qui a enthousiasmé des millions de lecteurs

Stieg Larsson signe là, un polar palpitant, où se déroulent parallèlement plusieurs enquêtes, les unes journalistiques et économico-financières, les autres famillo-criminelles. Deux personnages principaux, co enquêtent chacun de son côté puis ensemble pour démêler, venger, tourner des pages noires et douloureuses. Les personnalités des deux personnages se complètent, l’un est relativement âgé, ayant déroulé du câble, termes moins pompeux pour dire qu’il a une longue expérience professionnelle et de la vie, et la deuxième plus ténébreuse, plus « dark » et qui fait quasi ses premiers pas dans la vie sociale. Très tôt livrée à elle-même, la vie de Lizbeth Salander ne lui pas fait de cadeaux, mis à part les capacités intellectuelles impressionnantes.

Les deux personnages se rencontrent dans le cadre de cette enquête inextricable, dans une grande famille industrielle suédoise, aux multiples personnages loufoques et extrêmement variés. Comment cette enquête se déroulera t elle ? Comment vont réagir ces riches héritiers en voyant deux étrangers fouiner dans leur passé familial tumultueux ?  Dans une société suédoise où l’on est parmi les plus heureux du monde, mais où l’on se suicide aussi le plus ? Vous le saurez à la fin de ce pavé de plus de 700 pages.

Photo du jour et lecture du moment 


Complètement cramé ! de Gilles Legardinier


Auteur : Gilles Legardinier

Titre :Complètement cramé!

Edition : Pocket éditions (432 pages, Mars 2014)

Quatrième de couverture : « Lassé de tout, Andrew Blake quitte l’Angleterre et se fait embaucher comme majordome en France, au Domaine de Beauvillier. Confronté à de surprenantes personnalités – sa patronne, Odile, la cuisinière, Manon, ou encore Philippe, le régisseur – lui qui croyait en avoir fini avec l’existence va être obligé de tout recommencer… »

 

Complètement cramé !! C’est vraiment ce que l’on pourrait dire de cet Andrew Blake, riche personne anglaise, veuf et ayant, lui semble-t-il sa vie derrière lui, fait le tour de la question. Mais Andrew n’a pas dit son dernier mot. Avec la complicité de son meilleur ami de toujours, il intègre un domaine familial français en qualité de majordome. La reconversion est un peu tiré par les cheveux, mais la narration est telle que ça tient.

Très insolite à première vue, le vieux monsieur trouve très vite sa place dans cette maison pleine de personnes seules (une cuisinière pleine de talent et de caractère, une jeune femme de ménage en recherche, une sorte de jardinier célibataire et quelque peu handicapé social…) et où se succèdent situations loufoques. Le vieil anglais se trouve une âme de vieux sage, et au fil des arrangements dont il est le conspirateur, il finit par s’ouvrir les yeux sur sa propre vie.

Pas grand chose à dire à propos de cette première lecture de Gilles Legardinier, il s’agit d’une lecture plus drolatique qu’hilarante, mais avec de grandes doses de sagesse et d’émotion. L’auteur semble mériter son statut de best seller, et je pense que je le relirai avec grand plaisir.

Photo du jour 


El kala, et l’île maudite de la plage d’El Morjane. Et des nuages tout plein! Et de la lumière !! 

LA PHOTO DU JARDIN