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Mon nom est Rouge d’Orhan Pamuk


CVT_Mon-nom-est-Rouge_2948Auteur : Orhan  Pamuk

Titre : Mon nom est Rouge

Edition : Collection Folio (n° 3840)  Parution : 25-04-2003

Quatrième de couverture Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté. Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l’Empire ottoman, sa culture, ses traditions, et sa peinture. Car les miniaturistes de l’atelier du Sultan, dont il faisait partie, sont chargés d’illustrer un livre à la manière italienne…
Mon nom est Rouge, roman polyphonique et foisonnant, nous plonge dans l’univers fascinant de l’Empire ottoman de la fin du XVIe siècle, et nous tient en haleine jusqu’à la dernière page par un extraordinaire suspense. Une subtile réflexion sur la confrontation entre Occident et Orient sous-tend cette trame policière, elle-même doublée d’une intrigue amoureuse, dans un récit parfaitement maîtrisé. Un roman d’une force et d’une qualité rares.

J’avais beaucoup aimé et apprécié un précedent roman de cet auteur, prix Nobel de littérature 2006, intitulé Neige, un roman plein de poésie, et chargé d’une envie insatiable de liberté. Mais je vous avoue que la prochaine fois que je m’attaquerai à un pavais de cette taille (près de 800 pages), j’attendrai mon prochain congé, car avec le boulot, ce fut très compliqué d’allier les deux (travail/lecture).

Mon nom est Rouge est un roman sur la peinture  dans l’empire ottoman, dans un style particulier, ancestral auquel il ne fallait absolument pas déroger, sous peine de se voir taxer de blasphème. L’arrivée du style européen, avec les perspectives, le traitement de la lumière donnant un aspect réaliste dans ce style de peinture, effraye les peintres et enlumineurs ottomans, et met en rage les prêcheurs d’un islam rigoriste. Ces derniers y voient une représentation de l’image humaine, création divine, qu’il ne faut pas tenter de reproduire sous peine de Chirk, blasphème suprême en islam, consistant à mettre en doute l’unicité divine.

De là, commence une série de meurtres, et le fils conducteur de l’affaire est traité par différents personnages, qui prennent tous la parole les uns après les autres. On y apprend beaucoup de cet art ancestral des enluminures, des miniatures selon des écoles orientales et extrêmes orientales.

Pamuk

L’intrigue, elle est un peu longue et truffée et détails techniques  assez répétitifs, mais le talent de l’auteur, sa manière de traiter le sujet, les histoires d’amour qui accompagnent ce thriller, mais aussi, et je dirai presque surtout la description d’Istanbul et de la vie à ce moment là, à cet endroit là, sont une partie passionnante et non négligeable de livre.

Je recommande donc la découverte de cet auteur dont c’est ma deuxième lecture, lecture toute aussi passionnante que la première, un peu plus technique, mais toujours aussi passionnante.

Fiche du roman : Neige de Orhan Pamuk


Titre: Neige

Auteur: Orhan Pamuk

Edition: folio / mars 2007 (640pages)

Quatrième de couverture: « Le jeune poète turc Ka – de son vrai nom Kerim Alakusoglu – quitte son exil allemand pour se rendre à Kars, une petite ville provinciale endormie d’Anatolie. Pour le compte d’un journal d’Istanbul, il part enquêter sur plusieurs cas de suicide de jeunes femmes portant le foulard. Mais Ka désire aussi retrouver la belle Ipek, ancienne camarade de faculté fraîchement divorcée de Muhtar, un islamiste candidat à la mairie de Kars. À peine arrivé dans la ville de Kars, en pleine effervescence en raison de l’approche d’élections à haut risque, il est l’objet de diverses sollicitudes et se trouve piégé par son envie de plaire à tout le monde : le chef de la police locale, la sœur d’Ipek, adepte du foulard, l’islamiste radical Lazuli vivant dans la clandestinité, ou l’acteur républicain Sunay, tous essaient de gagner la sympathie du poète et de le rallier à leur cause. Mais Ka avance, comme dans un rêve, voyant tout à travers le filtre de son inspiration poétique retrouvée, stimulée par sa passion grandissante pour Ipek, et le voile de neige qui couvre la ville. Jusqu’au soir où la représentation d’une pièce de théâtre kémaliste dirigée contre les extrémistes islamistes se transforme en putsch militaire et tourne au carnage.  Neige est un extraordinaire roman à suspense qui, tout en jouant habilement avec des sujets d’ordre politique très contemporains – comme l’identité de la société turque et la nature du fanatisme religieux –, surprend par ce ton poétique et nostalgique qui, telle la neige, nimbe chaque page. »

Orhan Pamuk est né en 1952 à Istanbul. Il a fait des études d’architecture, de journalisme et a effectué de longs séjours aux États-Unis (Université d’Iowa, Université de Columbia). Il est l’auteur notamment du Livre noir, prix France-Culture 1995, de Mon nom est Rouge, prix du Meilleur livre étranger 2002, de Neige, prix Médicis Étranger en 2005 et prix Méditerranée Étranger 2006, et d’Istanbul. Son œuvre est traduite en quarante langues. Il a reçu le prix Nobel de la littérature en 2006.

Ce billet est réalisé dans le cadre du Challenge tour du monde, organisé par Livresq

Pays N°30/50: Turquie.