• Lecture du moment

  • Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

    Rejoignez 748 autres abonnés

  • Blog Stats

    • 195 453 Visiteurs
  • Catégories

  • Pages

  • Compteur

  • GOLDEN BLOG ELECTION

Nos richesses de Kaouther Adimi


Auteure : Kaouther Adimi

Titre : Nos richesses

Édition: Barzakh Éditions pour l’Algérie (septembre 2017) 216 pages

Quatrième de couverture : Un soir, Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, arrive à Alger; il se rend au 2 bis de la rue Hamani, ex-Charras, avec les clés des Vraies richesses, minuscule librairie délabrée : sa mission est de faire place nette. Il s’y attelle sans état d’âme, lui que les livres indiffèrent, mais c’est compter sans le vieux Abdallah, gardien du temple, qui va progressivement l’initier à la magie du lieu. Car Ryad ignore tout du passé de l’endroit –  poumon de la vie culturelle dans l’Alger colonial des années 30-40 -, animé par Edmond Charlot, libraire et éditeur passionné, proche de Jean Sénac et de Jean El Mouhoum Amrouche et qui, entre autres, révélera le jeune Albert Camus. Ce roman, où alternent le journal (fictif) d’Edmond Charlot et le quotidien d’une rue algéroise en 2017, explore intelligemment l’épineuse question de la transmission d’un héritage. Il y a d’ailleurs ce « nous » qui court tout le long du texte, telle la voix d’une conscience, celle d’une mémoire collective nous engageant, nous lecteurs, à transformer cette fiction en fragment de notre histoire…


Encore une fois, Kaouther Adimi prouve avec ce troisième texte son talent d’écrivain. Après Des ballerines de papicha et Des pierres dans ma poche dont l’inspiration semble personnelle, Kaouther Adimi nous gratifie d’un texte plus « littéraire » et qui la révèle enfin au grand public.

L’auteure à travers ce livre, nous rappelle l’existence d’une aventure littéraire algéroise, à l’époque de l’Algérie française diraient certains, ou comme dirait d’autres du temps du colonialisme. L’auteure ne rentre pas dans ce débat, et se limite aux côtés littéraires de l’histoire de cette époque, et évoque la personne d’Edmond Charlot, qui à l’âge précoce de 21 ans, fonde une librairie / bibliothèques / maison d’édition. Ce fut là le point de départ d’une aventure littéraire extraordinaire. On y croise Jean Amrouche, Albert Camus ….

Ce dernier personnage très controversé jusqu’à maintenant,  aussi bien en Algérie qu’en France, n’est pas abordé en profondeur dans ce roman, volonté de l’auteure par crainte qu’il ne phagocyte et centralise le débat et le roman. Le but de ce dernier étant de raconter l’histoire d’Edmond Charlot, et de son aventure littéraire, les déchirures et les difficultés causées par la guerre mondiale, et / ou la guerre des égos, entre auteurs et entourage d’Edmond Charlot.

L’auteure évoque aussi l’Algérie actuelle, et partiellement, sa situation culturelle à travers la confrontation entre deux personnages à Alger des années 2010. Et ce qui donne à la forme du roman une construction hétérogène.

Pour la période contemporaine, nous avons des chapitres racontant la mission de Ryad chargé de vendre ce qui restait de la dite librairie / bibliothèque, et Abdallah ancien « gardien du temple. » Et puis il y a une alternance de chapitres de la période coloniale et d’extrait d’un journal imaginaire de d’Edmond Charlot.

Le style y est toujours très beau et fluide, et le talent de Kaouther Adimi avéré. On sent la quantité et la qualité du travail effectué.

Le livre a eu un bon accueil et après sa nomination pour le Goncourt et le Renaudot, a fini par obtenir le Renaudot des Lycéens 2017.

Nouvelle parution : Ce que le mirage doit à l’oasis de Yasmina Khadra- illustrations de Lassaad Metoui


Ce mois a vu la parution du dernier livre De Yasmina Khadra cette fois ci chez Flammarion, son titre est Ce que le mirage doit à l’oasis.

Présentation de l’éditeur :

«Mon histoire avec le livre, le désert et les Hommes, c’est l’histoire d’un partage, l’histoire d’un amour vieux comme le monde, l’amour du rêve…»

Ainsi parle Yasmina Khadra qui entreprend de raconter le désert, comme il l’a connu dès son enfance, en Algérie. Dans cet exercice d’autofiction, le célèbre romancier emmène le lecteur dans l’immensité des lieux, si arides en apparence et pourtant si vivants, où la musique rythme la poésie et les mirages accouchent toujours d’oasis…

Paru le 08/11/2017 en France

Zabor ou Les psaumes de Kamel Daoud


Auteur : Kamel Daoud

Titre : Zabor ou Les psaumes

Édition : Barzakh éditions pour l’Algérie. (Août 2017) 332 pages.

Quatrième de couverture : « Dans un village reculé, entre désert et forêt, Zabor, orphelin d’une mère répudiée, rejeté par son père, vivant avec sa tante perdue dans ses rêves et un grand-père aphasique, se découvre le don prodigieux de pouvoir prolonger la vie des autres par le simple fait d’écrire. Ironie du sort, il est, un soir, appelé au chevet de son père mourant… Zabor ou les psaumes, fable autant que confession, est le roman de formation d’une âme torturée qui se livre sur sa découverte des puissances telluriques de la langue, de l’écriture et du corps, s’inventant une manière libre, radicale de défier la mort par l’imaginaire. dans un jeu subtil de mise en abîme permanent, Kamel Daoud nous promène et nous égare dans son panthéon littéraire où figurent aussi bien les livres sacrés- source d’une quête infinie- que les Mille et une nuits ou L’île au trésor. En écrivain-démiurge, il déploie avec grâce et lyrisme une poétique singulière, reposant in fine la plus ancienne des questions : « Peut-on sauver le monde par un livre? ».

Kamel Daoud revient après un Meursault, contre-enquête au succès international, Goncourt du premier roman en 2015, avec un conte initiatique, celui d’un personnage qui se fait appeler Zabor. Un personnage brimé, sensible, fragile, mis en quarantaine par sa famille, mais muni d’un don extraordinaire, celui de repousser la mort, grâce à l’écriture, et peut être pourrons nous dire, dans une certaine mesure, Aux Écritures. Cet adolescent de 30 ans n’est tant apprécié que ça dans son village, car il flirte allègrement avec le blasphème et le tabou que cela charrie, se complaît dans sa différence tout en en souffrant.

Kamel Daoud aborde les questions de la langue, de la culture, des cultures, de l’ampleur du sacré dans cette Algérie profonde post indépendance précoce, et à son image ce village d’Aboukir. La question de la sensualité est aussi abordée, les corps, d’abord celui du personnage lui même, puis celui métaphoriquement décapité de la voisine, cette femme taboue puisque divorcée, celui de sa tante Hadjer qui l’a materné, celui décharné de son père malade et mourant… Et puis il y a aussi la sensualité de la langue, ou des langues. Celle de l’auteur longuement travaillée, pétrie et sculptée, malgré peut être trop de longueurs tout au long du livre. Mais peut être est-ce intentionnel, car ce style dense et touffu, cette langue redondante sied bien à la forme du conte avec la métaphore sensuelle et poétique. Ce livre convient pour les mêmes raisons à la lecture à voix haute, pour ce qu’elle détient de musicalité et de poésie.

La question du livre en tant qu’objet, et de produit culturel, de la difficulté de s’en procurer est aussi soulignée. J’ai autant apprécié cette question que je vis personnellement cette frustration, et je partage ce que l’auteur évoque (pas dans le livre mais dans différentes interviews) comme le fétichisme de l’objet livresque. Pour ma part qui suis dans un petit village de l’Algérie profonde, à 700 km de la capitale Alger, je dois parcourir 100 km pour trouver une librairie, 300 km pour trouver une librairie avec à sa tête un vrai libraire. De ce côté je comprends parfaitement ce qu’évoque Kamel Daoud.

Je tiens à ajouter que Kamel Daoud, l’homme, rencontré à l’occasion du salon du livre d’Alger, est fort sympathique et souriant.

La Preuve par le miel de Salwa Al Neimi


Titre : La Preuve par le miel

Auteur : Salwa Al Neimi

Edition : Robert Laffont Avril 2008 (178 pages)

Quatrième de couverture : « Une intellectuelle syrienne se passionne en secret, du moins le croit-elle, pour l’étude des traités érotiques arabes anciens. Jusqu’au jour où elle est très officiellement invitée à participer à un colloque sur le sujet. C’est l’occasion pour elle d’évoquer sa vie passée, sa liberté, ses plaisirs et ses désirs, en une rêverie superbe où s’entremêlent les souvenirs nostalgiques d’un amant mystérieux et les citations des chefs-d’œuvre de littérature érotique arabe. C’est aussi l’occasion pour elle de s’amuser, au fil des histoires qu’elle a recueillies et glissées dans son récit à la manière des Milles et une nuits, de la place qu’accordent au sexe les sociétés arabes actuelles »

 

Depuis le 11 septembre, quand on pense aux musulmans, on pense à des gens barbus(ou voilées), austères et restrictifs. On oublie vite que les musulmans sont souvent arabes, et que ces derniers sont d’irréductibles romantiques, au sang chaud bouillant adorant « après Dieu », la chaire et la volupté.

Ce livre est en partie une piqûre de rappel, par rapport à ce caractère des arabes, qu’eux même oublient parfois. La littérature arabe est riche de sexe. La littérature arabe ancienne surtout. L’histoire de la religion ne regorge-t-elle pas d’anecdotes bien chaudes ? Me vient à l’esprit le livre de Malek Chebel, Le Kama Sutra Arabe (aux éditions Fayard), qui en relate plein, tout plein, ainsi qu’un documentaire que j’ai regardé sur Arte, réalisé entre autre par ce même Malek Chebel, et où l’on nous parle d’un prophète romantique et « performant » !

Un adage qu’on répète très souvent chez les musulmans, dit qu’il n’y a pas de tabous dans la religion. Ainsi aussi barbus qu’ils puissent être, même les islamistes parle de sexe, mais il va de soi, que leurs vies sexuelles est « officielle », dans le cadre du mariage. Cependant, et la narratrice le souligne, ces islamistes, comme la majorité des arabes, ont du mal à user de vocabulaire sexuel, se limitant à des insinuations, à des paroles indirectes.

Pour revenir à ce merveilleux roman, je dirai que j’ai passé un délicieux moment. Sa lecture ne vous laissera pas impassibles, je vous le garantis. Je serai curieux de le lire en arabe, car comme dit plus haut, le vocabulaire sexuel arabe est considéré comme cru et obscène, d’ailleurs, les arabes n’ont aucune gêne, ou alors moins de gêne en parlant sexe en français ou en anglais.

Ce livre, beau et poétique, vous réconciliera avec les arabes, qui aussi obtus et coincés puissent-t-ils être (ou paraître), font le sexe, parlent sexe et aiment ça.

Poétesse syrienne, Salwa Al Neimi vit à Paris depuis de nombreuses années. Après des études de littérature arabe et de théâtre, elle a travaillé comme journaliste culturelle. Un choix de ses poèmes, traduits par elle-même, a paru en français sous le titre Mes ancêtres les assassins (Paris-Méditerranée, 2003). Elle a aussi écrit un recueil de nouvelles, Le Livre des secrets, et un recueil d’entretiens littéraires intitulé J’ai participé à la supercherie.

Cette lecture rentre dans le cadre du challenge Tour du monde, initié par Livresque.

Pays N°23 La Syrie. Prochain escale : L’Iran.

Il a jamais tué personne,mon papa de Jean-Louis Fournier


Auteur : Jean-Louis Fournier

Titre : Il a tué personne, mon papa

Edition : Le livre de poche, avril 2009 (160pages)

Quatrième de couverture : « Il était docteur, le papa de Jean-Louis Fournier. Un drôle de docteur qui s’habillait comme un clochard, faisait ses visites en pantoufles et bien souvent ne demandait pas d’argent. Ses patients lui offraient un verre.

Il n’était pas méchant, seulement un peu fou quand il avait trop bu ; il disait alors qu’il allait tuer sa femme. Un jour il est mort : il avait quarante-trois ans.
Longtemps après, son fils se souvient. à petites touches, en instantanés, il trace le portrait de ce personnage étonnant, tragique et drôle à la fois. Il a appris, en devenant grand, l’indulgence. Et qu’il ne faut pas trop en vouloir à ceux qui, plus fragiles, choisissent de « mauvais » moyens pour supporter l’insupportable.
Il en résulte un livre drôle et poignant qui a bouleversé des dizaines de milliers de lecteurs. »

 

C’est le deuxième Fournier que je lis. Après son fameux Où on va, papa ? Récompensé par le Prix Médicis 2008. Séduit par le style de ce dernier, je me suis lancé dans cette petite lecture.

Ce livre est écrit sur le même mode que l’autre. Une succession de tranches de vie et d’anecdotes. Et si c’est le père qui s’exprime dans Où on va, papa ? Ici, c’est Jean-Louis Fournier enfant qui s’exprime. La narration exprime les sentiments, le regard et les émotions du petit enfant Fournier, fils d’un docteur et alcoolique. Moi-même fils de docteur, j’ai par moment, eu l’impression de revivre certains épisodes de mon enfance. Et c’est avec ce regard innocent, d’un petit Fournier haut comme trois pommes et frêle, craignant décevoir son papa, et ayant des fois peur de lui, qu’il lui fait une sorte de procès atypique, le faisant des fois s’assoir sur le banc des accusés, et d’autres fois jouant à l’avocat dévoué.

On ressent quelques reproches, mais aussi de l’admiration et de la fierté, et on referme le livre après une lecture drôle et agréable, finalement sans rancune. Ben oui, pourquoi lui en vouloir. Il a jamais tué personne [son] papa.

J’aurais voulu mettre un extrait, mais je n’ai su lequel choisir. Je n’ai pas de passage préféré. Tout le livre est mon passage préféré.

Auteur de nombreux livres à succès, dont Il a jamais tué personne, mon papa et Grammaire française et impertinente, Jean-Louis Fournier a obtenu le prix Femina pour son dernier ouvrage, Où on va, papa ?.

Lu également du même auteur, et commenté:

Où on va, papa?

 

Joyeux anniversaire Mi


C’est en septembre 1993, quand mes parents m’ont changé d’école pour que je sois plus près de leur lieu de travail, que je l’ai connue. J’avais 6ans, haut comme trois pommes, à peine un peu joufflu, mais c’était suffisant pour que mes camarades, presque tous très pauvres et sous-alimentés, me trouvent obèse.

Elle, qu’on appelait Mi, et dont je n’ai plus de nouvelles, était l’orpheline de la classe. A vrai dire, chacun de nous avait une étiquette. Mi  était orpheline, moi, j’étais le fils du médecin et Didou, son père était parti. Il y avait aussi Reda, qui faisait la voix des Muppet-Show dans leur version en arabe, et Moussa qu’on appelait Billel et qui lui, savait roter à la demande. Il y en avait plein d’autres, Lotfi avec ses oreilles décollées, et qui disait aux filles qui refusaient de lui donner un bout de leurs goûters, que le lendemain, elles allaient le chier de toute façon, et Mohamed le cafteur, le fils de l’instituteur. Il y avait aussi les jumelles, Assia dont la tête tremblait un peu la première année et Rym qui s’absentait souvent car elle avait la drépanocytose. Rym, je la trouvais très jolie.  Une autre aussi que j’aimais bien, s’appelait Chedia. Elle me ramenait les billes que son frère, champion de la cour de recréation, gagnait et que je perdais, et qu’elle me récupérait en douce après. Elle avait les cheveux clairs et les yeux verts. Nous avons partagé la même table pendant deux ans.

Elle, Mi, elle n’était pas belle. Elle portait des claquettes en plastique au bout de ses maigres pieds. Même en hivers. Elle avait les cheveux très crépus, avec deux couettes attachées au bout par de la ficelle de couleur verte. Elle avait le teint pâle, presque anémique, son nez coulait tout le temps et elle reniflait en conséquence. Je me souviens comme si c’était hier, quand des fois, tellement concentrée sur son ardoise à faire son addition, que sa morve verdâtre touchait son ardoise, commençait à s’y déposer tout doucement, et là, SLUP !!, elle renifle d’un coup, et les cinq centimètres de morves disparaissaient.

Elle, C’était ma camarade de classe lors de la 2ème année primaire, et elle est née le 31/01/1987, le l’avais vu sur son cahier de classe, avec sa couverture bleue un peu élimée, et depuis, bien que je n’aie aucune idée de ce qu’elle ait pu devenir, je pense à Elle chaque année, et je lui souhaite un joyeux anniversaire.

L’Enigme du retour de Dany Laferrière


Auteur : Dany Laferrière

Titre : L’énigme du retour

Edition : Grasset 2009 (301pages)

Quatrième de couverture : « A la suite de cette annonce tragique, le narrateur décide de revenir dans son pays natal. Il en avait été exilé, comme son père des années avant lui, par le dictateur du moment. Et le voilà qui revient sur les traces de son passé, de ses origines, accompagné d’un neveu qui porte le même nom que lui. Un périple doux et grave, rêveur et plein de charme, qui lui fera voir la misère, la faim, la violence mais aussi les artistes, les jeunes filles, l’espoir, peut-être. Le grand roman du retour d’exil.« 

En commençant le challenge Tour du monde ; je voulais pour mon escale en Haîti lire un roman de Dany Laferrière, dont Alain Mabanckou (quelqu’un en qui j’ai confiance) dit beaucoup de bien.

Ce livre est magnifique. Je fus un peu dérouté quand même au début, car l’écriture particulière de ce roman, et inédite pour moi, en vers libres, impose un certain rythme dans la lecture pour ne pas passer à côté. Ce qui m’a aidé, c’est d’écouter un extrait du livre en audio, lu par l’auteur Himself, trouvé au gré des navigation sur le net. Car ce livre, il faut savoir le lire, en trouvant cette juste mesure afin de l’apprécier à sa juste valeur.

Avec une très large composante autobiographique, Dany Laferrière racontre avec classe et grande élégance, ainsi qu’un beaucoup d’intimité, son retour au pays natal, suite au décès de son père. Un père peu connu, et dont les uniques souvenirs sont l’assemblage de quelques photos, et quelques anecdotes racontés çà et là par des proches.  La dictature les avait séparés, et l’exile n’a pas su les réunir.

L’auteur-narrateur, retourne donc en Haïti, faire son deuil, se recueillir et méditer. Rechercher aussi un peu de son père, essayer de marcher sur ses pas. Mais rechercher aussi son pays, qu’il ne veut surtout pas voir avec les yeux d’autant. Car le pays a changé, et l’exile fut long.  Sans tomber dans une nostalgie « des temps heureux » ou de « la belle époque », il essaie de se réapproprier son pays, où il se sent (constat dur a assumer) étranger. Et où les haïtiens qu’il croise dans les rues de Port-au-Prince le considèrent comme tel. il renoue (et noue avec certains dont son neveu, Dany Charles avec qui il passe de longs et doux moments de complicité) avec sa famille. Il nous raconte tout cela avec sérénité et recul, avec zen et beauté, choisissant parmi les mots, les plus simples ; et parmi les tons ; le plus poétique.

La poésie occupe une place immense dans ce livre. D’ailleurs, un grand hommage est porté ici à différents poètes, mais surtout à Aimé Césaire avec son Cahier d’un retour au pays natal, et dont il est question tout au long du roman.

Avec son propre Retour au pays natal, Dany Laferrière  nous fait du bien, et comme je l’ai dit plus haut, quand on trouve le juste rythme de lecture, on a envie que le livre ne s’arrête jamais. L’histoire a vraiment quelque chose d’énigmatique, et porte avec exactitude son titre.

Cette lecture m’a fait di bien, m’a apporté beaucoup d’apaisement, et m’a donné envie de lire plus de poésie.

Cette lecture entre dans le cadre du challenge Tour du Monde, organisé par Livresque.

Pays N°16 : Haïti