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Charly 9 de Jean Teulé


Auteur : Jean Teulé

Titre : Charly 9

Édition : Pocket édition (mars 2012) 244pages.

Quatrième de couverture : Charles IX fut de tous nos rois de France l’un des plus calamiteux. À 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint-Barthélemy, qui épouvanta l’Europe entière. Abasourdi par l’énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous. Pourtant, il avait un bon fond.


Je n’avais jamais lu Jean Teulé avant, mais je le connaissais à la télévision ou à la radio, comme Grosse tête sur RTL. Tout dans ce que je voyais et écoutais me donnais envie de le lire, sauf que comme je le radote toujours, la disponibiklité des livres dans les librairies de l’Algérie profonde (c’est à dire quand on s’éloigne d’Alger), répond moins à la demande qu’à une mystérieuse lois mêlant débrouillardise, jem’enfoutisme et une bonne dose d’aléatoire. Bref, j’ai lu Jean Teulé.

Sur un ton badin, avec un humour bien travaillé (et je sais ô combien c’est difficile d’écrire avec de l’humour) Jean Teulé nous fait vivre, telle une petite souris les coulisses rocambolesques, de la vie du rois tourmenté et non moins psychotique Charles IX, sous l’influence malfaisante de sa mère Catherine de Médicis.

Le sujet est traité avec autant de sérieux que de légèreté mais n’est pas moins horrible. Le style est fluide, suivant un rythme irrégulier, mais seyant à la forme du roman. Sérieux et drôle.

J’espère trouver avec plus de chance d’autres œuvres de cet auteur à la fois sympathique et attachant.

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Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio d’Amara Lakhous


Auteur : Amara Lakhous

Titre : Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio.

Édition : Barzakh éditions pour l’Algérie (février 2008) 144 pages.

Quatrième de couverture : Piazza Vittorio est l’unique quartier multiethnique du cœur historique de Rome. Dans un immeuble situé sur la place, un homme est retrouvé assassiné, Au même moment, l’un de ses voisins, Amedeo (de son vrai prénom Ahmed disparaît. Ces événements suspects délient les langues et chacun des habitants de l’immeuble va livrer son sentiment, « sa vérité » à propos des faits et du mystérieux disparu. Amedeo, si apprécié de tous dans un quartier où règnent incompréhension et querelles domestiques, a-t-il vraiment le profil de l’assassin ? En situant l’intrigue de son roman à Rome, Amara Lakhous nous livre une savoureuse satire – mi-polar, mi comédie à l’italienne – et entre avec audace dans la problématique de la cohabitation des cultures et de la peur de l’Autre.


Ce livre a longtemps traîné sur ma bibliothèque. Je me promettais sans cesse de le lire, mais n’arrêtais de le repousser à plus tard. Il est à noter que mon rythme de lecture a beaucoup changé (en baisse) ces deux dernières années, le travail prenant de plus en plus, et les responsabilités ne cessant de me tomber sur la tête. Mais mon congé (hélas terminé) m’a permis de renouer avec la lecture et avec ce blog, resté longtemps en jachère. Mais revenons à notre livre.

Amara Lakhous inaugure son œuvre littéraire avec un texte court, rythmé et bien ordonné. La recette est simple et la mayonnaise prend de suite, si l’on peut s’exprimer ainsi.

Une multitude de personnages partagent leur quotidien dans cette place romaine (contemporaine) Piazza Vittorio, et plus exactement dans l’ascenseur d’un immeuble où ils habitent presque tous, et où il y eut un crime. Le livre tourne autour de cet ascenseur et aussi d’un personnage nommé Amedeo, disparu depuis le meurtre et donc premier suspect, et dont le lecteur algérien reconnaît rapidement la racine arabe, ou plutôt arabophone, (Ahmed) du prénom, mais peut être en dis je déjà un peu trop?

Plein d’immigrés de différentes origines, avec divers degrés d’intégration rodent dans cette Piazza Vittorio, ainsi autour du personnage d’Amedeo. Tous prennent la parole l’un après l’autre, entrecoupés par les interventions d’Amedeo, qui distille sa vision des choses au fur et mesure du roman.

Avec un humour subtile et une légèreté savoureuse, Amara Lakhous pose le problème de l’immigration, dans cette capitale italienne, porte d’entrée de tant d’émigrés de toutes sortes (liste non exhaustive mais très variée) et de toutes origines, vers l’Europe. Ça va du réfugié politique, de guerre, économique… sans oublier celui qui souffre du mal de vivre dans une société avec laquelle on ne partage pas beaucoup de valeurs… suivez mon regard.., un miroir…

L’auteur évoque les problèmes d’intégration des uns, les clichés qui collent aux autres, démolissent les réputations d’autres encore. Mais il évoque aussi la réussite de certains, qui généralement payent le prix en perdant un peu de leurs personnes, et cela semble un choix assumés. Ces derniers qui semblent les plus équilibrés portent en eux peut être les plus grandes blessures.

Très bonne lecture donc. J’ai hâte de découvrir la suite qui semble très prometteuse de l’œuvre d’Amara Lakhous. Trois titres, tous ses suivants ont déjà pris place dans ma bibliothèque.

Bientôt le deuxième roman d’Amara Lakhous, Divorce à la musulmane à Viale Marconi, toujours aux éditions Barzakh.

Le dérèglement du monde d’Amin Maalouf


le déreglement du mondeAuteurs : Amin Maalouf

Titre :Le dérèglement du monde

Edition : Le livre de poche (11/2010)

Quatrième de couverture: En ces premières années du XXIe siècle, le monde présente de nombreux signes de dérèglement. Dérèglement intellectuel, caractérisé par un déchainement des affirmations identitaires. Dérèglement économique et financier. Dérèglement climatique, enfin… l’humanité aurait-elle atteint son « seuil d’incompétence morale »? Pour Amin Maalouf, le dérèglement du monde tient moins à une « guerre des civilisations » qu’à l’épuisement simultané des civilisations, notamment des deux ensembles culturels dont il se réclame, l’occident et le monde arabe. Le premier, peu fidèle à ses propres valeurs; le second, enfermé dans une impasse historique.

Je ne cesserai de le dire et de le penser, à chaque lecture de cet auteur sur-cultivé, Amin Maalouf est un grand. Nous ne sommes pas dans un roman historique comme Léon l’africain, Samarcande, ou encore Le Périple de Balthazar, ni dans ce type de roman d’anticipation très réaliste comme au Premier siècle après Béatrice, encore moins dans cette saga familiale, autobiographique qu’est Origines. Non, nous ne sommes pas du tout dans un roman.

maalouf_aminCe livre, un peu dans une continuité logique avec son précédent essai, Les identités meurtrières, dissèque, lorgne, analyse finement les soubresauts, que dis-je, les secousses telluriques qui agitent notre début de siècle.

En effet, toutes ces guerres qui nous entourent, les attentats, les prises d’otages, Daesh et Al Qaida, ainsi que ces guerres qui minent jusqu’à l’Europe, entre l’Ukraine et la Russie, ou plutôt entre la Russie et le monde dit occidentale, est-ce un phénomène comme a toujours vécu l’homme depuis la préhistoire, ou est-ce des phénomènes annonciateurs d’apocalypses? Nos ainés du début du XXe siècles, ce sont-ils posés les mêmes questions, à l’aube de la grande guerre, et la seconde guerre mondiale qui la suivit quelques années plus tard? Et tous ces changements climatiques, et les crises financières? le conflits qui évolue en sourdine entre l’Iran et Israël? tous cela ensemble est-ce normal et est ce que la mondialisation  et l’internet, la rapidité de circulations des personne et de l’information nous donnent l’impression que le danger est à nos portes? ou est-ce la fin du monde?

Amin Maalouf, chargé d’optimisme, mais aussi de réalisme, tente à travers une analyse fine et passionnante d’énumérer les dangers qui nous guettent, et les différentes options qui nous attendent, selon nos réaction actuelles et futurs! Allons nous laisser un héritage à nos enfants, ou allons nous leur laisser un monde apocalyptique et invivable?

Lisez Amin Maalouf et son dérèglement, vous verrez ces opinions visionnaires, et vous en aurez les vôtres. Ce livre nous aide, sans aucun doute, à nous placer dans le concert des nations, quelque part dans le monde.

L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine de Fouad Laroui


l'étrange affaire du pantalon de dassoukineTitre: L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine

Auteur: Fouad Laroui

Edition: Fayard (180pages)

Date: 11 Octobre 2012

ISBN: 2-260-01671-5

Quatrième de couverture: « Venu à Bruxelles pour acheter au meilleur prix du blé européen dont son pays a grand besoin, ce jeune fonctionnaire marocain se retrouve fort démuni quand des malhonnêtes volent dans sa chambre d’hôtel son unique pantalon. Que faire ? Ou acheter, à l’aube de cette rencontre décisive, un pantalon décent ? C’est parce qu’il se présentera devant la Commission européenne, sanglé dans une défroque qui ferait honte à un clown, qu’il réussira sa mission. La métaphore est saisissante. Nous vivons une époque déraisonnable ou l’image mal interprétée des choses prend immanquablement le pas sur l’implacable réalité qui nous conditionne et que personne ne veut voir.
Avec cet humour décapant qui est le sien, Fouad Laroui brode sur ce thème et met en scène des personnages et des situations étonnantes. L’histoire de ce malheureux garçon qui, voulant se faire délivrer un passeport, s’aperçoit que le village ou il a passé son enfance n’existe pas aux yeux de l’administration et que, du même coup, n’étant jamais né, il n’existe pas… Ou comment un édile marocain n’ayant pas réussi à construire dans son village la piscine qu’il avait promise à ses concitoyens en vient à créer le concept de « natation sèche »…

 Quel plaisir, comme à chaque fois, d’avoir un livre de Fouad Laroui entre les mains. Avec son talent, son humour et son immense culture, ce digne successeur de Driss Chraïbi, nous propose dans cette édition, couronnée par le Goncourt de la nouvelle 2013, un certain nombre de truculentes nouvelles, comme je les adore.

Pas trop longues, pleines de dérision constructive, d’ironie et d’humanité. Comme à chaque fois ou presque, Fouad Laroui tente d’explorer l’humanité qui est en nous. Celle marocaine des marocains du Maroc, ou celle de ceux partis vivre ailleurs, notamment aux Pays-Bas comme c’est son cas, et les questionnements identitaires multiples. Quelle est notre culture, celle où nous sommes nés, où celle où nous vivons,  et quelle est aussi la culture de l’autre, comment les humains à l’heure de la mondialisation, se regardent, et regardent les cultures des autres, la problématique de l’intégration, tant de sujets abordés avec autant de sérieux et de gravité que d’humour!!

Pour les admirateurs de cet auteur aux multiples casquettes, vous pouvez le retrouver dans l’hebdomadaire Jeune Afrique où il collabore régulièrement.

Fouad LarouiÉconomiste, professeur de littérature à l’université d’Amsterdam, romancier de langue française, poète de langue néerlandaise, journaliste et critique littéraire, Fouad Laroui court le monde, chargé de son sac de voyage et de sa vaste culture. Chez Julliard, il a publié : Les Dents du topographe, De quel amour blessé, Méfiez-vous des parachutistes, Le Maboul, La Fin tragique de Philomène Tralala, Tu n’as rien compris à Hassan II, Une année chez les Français, La Vieille Dame du riad et, chez Robert Laffont : De l’islamisme : une réfutation personnelle du totalitarisme religieux.

20 ans de silence de Nina Raph


20 ans de silence de nina raphTitre: 20 ans de silence

Auteur:Nina Raph

Edition: Edition Persée

Date: 2011

ISBN: 978-2-35216-736-5

Quatrième de couverture: Une femme, blessée par la vie, connaît une suite de souffrances et d’évènements malheureux. Loin d’être un catalogue des misères humaines, l’histoire est précieuse par les stratégies de survie et instructives qu’elle a su mettre en œuvre depuis son plus jeune âge pour résister à la soumission puis pour en sortir vingt années plus tard. Dans cette biographie, Nina Raph a su faire partager ses peurs et ses interrogations avec beaucoup d’émotion, tout en délivrant une très belle leçon de courage.

Quelles successions de tragédies et de malheurs qu’a connu cette pauvre et tellement courageuse femme. Elle a vécu ce que nos sociétés misogynes peuvent apporter de pire.

Ce livre est tombé entre mes mains par le prisme de l’autisme qu’elle aborde dans le livre, du faite de sa propre fille, et ayant une amie commune avec cette femme qui y est confrontée elle même, et qui milite pour l’amélioration de la prise en charge de l’autisme en Tunisie. Mais revenons au livre, remarquablement bien écrit au début, mais dont le style s’alourdit au fil des pages, les erreurs se multiplient et l’écriture qui semble s’épuiser à mesure qu’elle décrit des évènements encore frais, et émotionnellement fort, pour l’auteure. On ressent bien plus de sérénité dans les premières pages. Sinon, le livre contient pas mal de ressentiments envers certaines personnes, c’est normal penserez-vous, avec tout ce qu’elle a subi, cependant des fois, même si elle a l’élégance de changer les noms des personnes pour préserver les anonymats, elle se lâche complètement, et d’une manière un peu péjorative, et tout cela reste très compréhensible par rapport au préjudice subi, et surtout que le combat continue.

Ce combat doit être médiatisé, malgré la faiblesse et la valeur littéraire du livre qui est assez moyenne. Il faut donner partager cette leçon de courage aux femmes opprimées Ô combien nombreux dans nos sociétés maghrébines (et ailleurs), et aussi donner un blâme pour à tous ces pervers misogynes qui se prennent pour des hommes.

Bons courages Nina!! ET Bons baisers d’Algérie!!

Arabien Thriller de Barouk Salamé


Auteur: Barouk Salamé

Titre: Arabien thriller

Edition: Payot & Rivages édition 03/2011 (576pages)

Quatrième de couverture: »Et si pour venger l’attentat du 11 septembre 2001, la Grande mosquée de La Mecque explosait ? Tel est le projet fou de Michaël de Maistre, mercenaire arabophone rompu aux guerres irrégulières, qui exècre l’Arabie Saoudite où il a grandi. Grâce à sa compagne Anna Janvier et à l’appui d’un Etat puissant, cette incroyable opération destinée à abattre la dynastie des Saoud et remodeler le Proche-Orient a toutes les chances de réussir.

En pleine lune de miel ratée à Venise, un couple improbable est confronté à ce complot : le comissaire Sarfaty, un historien de l’islam reconverti, et l’aventureuse colonel Benazir Gurasi, du renseignement pakistanais. Mais Sarfaty déteste lui aussi l’Arabie Saoudite, qu’il juge responsable de toutes les régressions du monde musulman, et n’a aucune envie de lui venir en aide. Sans compter qu’il doit, pour se rendre à La Mecque, se convertir à l’islam, ce qu’il refuse … alors que Benazir y voit une formalité, l’occasion inespérée de faire accepter à sa famille son mariage avec un juif. Comment résoudre pareils dilemmes, alors que l’Arabie sombre dans le chaos ?Suite très attendue du Testament syriaque, Arabian thriller est autant un roman d’aventures qu’une enquête policière, qui décrypte une Arabie méconnue et soulève d’incroyables lièvres historiques et religieux. »

Je suis loin d’avoir l’érudition du commissaire Sarfaty, mais je partage avec lui depuis longtemps son antipathie pour le royaume wahabite. L’Arabie Saoudite et tout ce qu’elle inspire me répugne, c’est très simple.

J’avais lu et beaucoup aimé le Testament syriaque, et cette suite, deuxième enquête du commissaire islamologue juif est tout à fait passionnante. Comme lors du roman précédent, on apprend beaucoup sur la religion musulmane, ses origines et son évolution, son rapport avec les autres religions…  c’est extrêmement passionnant. Pas besoin d’être le superman de la piété pour l’apprécier, il génial.

On apprend aussi plus sur le commissaire Sarfaty dans ce deuxième livre de l’anonyme Barouk Salamé. Son enfance en Algérie, sa famille, ses parents militants pour le FLN… et puis également l’attachement qu’il porte à cette ancienne espionne pakistanaise à la peau mâte et au corps musclé, et la relation improbable mais très symbolique qui les lie. Vont-ils se marier ? Comment ? Qui va se convertir ?? Et puis ce qui devait une sorte de lune de miel vénitienne prénuptiale se transforme en mission impossible qui va les conduire en Arabie !!

A lire, absolument !!

La Preuve par le miel de Salwa Al Neimi


Titre : La Preuve par le miel

Auteur : Salwa Al Neimi

Edition : Robert Laffont Avril 2008 (178 pages)

Quatrième de couverture : « Une intellectuelle syrienne se passionne en secret, du moins le croit-elle, pour l’étude des traités érotiques arabes anciens. Jusqu’au jour où elle est très officiellement invitée à participer à un colloque sur le sujet. C’est l’occasion pour elle d’évoquer sa vie passée, sa liberté, ses plaisirs et ses désirs, en une rêverie superbe où s’entremêlent les souvenirs nostalgiques d’un amant mystérieux et les citations des chefs-d’œuvre de littérature érotique arabe. C’est aussi l’occasion pour elle de s’amuser, au fil des histoires qu’elle a recueillies et glissées dans son récit à la manière des Milles et une nuits, de la place qu’accordent au sexe les sociétés arabes actuelles »

 

Depuis le 11 septembre, quand on pense aux musulmans, on pense à des gens barbus(ou voilées), austères et restrictifs. On oublie vite que les musulmans sont souvent arabes, et que ces derniers sont d’irréductibles romantiques, au sang chaud bouillant adorant « après Dieu », la chaire et la volupté.

Ce livre est en partie une piqûre de rappel, par rapport à ce caractère des arabes, qu’eux même oublient parfois. La littérature arabe est riche de sexe. La littérature arabe ancienne surtout. L’histoire de la religion ne regorge-t-elle pas d’anecdotes bien chaudes ? Me vient à l’esprit le livre de Malek Chebel, Le Kama Sutra Arabe (aux éditions Fayard), qui en relate plein, tout plein, ainsi qu’un documentaire que j’ai regardé sur Arte, réalisé entre autre par ce même Malek Chebel, et où l’on nous parle d’un prophète romantique et « performant » !

Un adage qu’on répète très souvent chez les musulmans, dit qu’il n’y a pas de tabous dans la religion. Ainsi aussi barbus qu’ils puissent être, même les islamistes parle de sexe, mais il va de soi, que leurs vies sexuelles est « officielle », dans le cadre du mariage. Cependant, et la narratrice le souligne, ces islamistes, comme la majorité des arabes, ont du mal à user de vocabulaire sexuel, se limitant à des insinuations, à des paroles indirectes.

Pour revenir à ce merveilleux roman, je dirai que j’ai passé un délicieux moment. Sa lecture ne vous laissera pas impassibles, je vous le garantis. Je serai curieux de le lire en arabe, car comme dit plus haut, le vocabulaire sexuel arabe est considéré comme cru et obscène, d’ailleurs, les arabes n’ont aucune gêne, ou alors moins de gêne en parlant sexe en français ou en anglais.

Ce livre, beau et poétique, vous réconciliera avec les arabes, qui aussi obtus et coincés puissent-t-ils être (ou paraître), font le sexe, parlent sexe et aiment ça.

Poétesse syrienne, Salwa Al Neimi vit à Paris depuis de nombreuses années. Après des études de littérature arabe et de théâtre, elle a travaillé comme journaliste culturelle. Un choix de ses poèmes, traduits par elle-même, a paru en français sous le titre Mes ancêtres les assassins (Paris-Méditerranée, 2003). Elle a aussi écrit un recueil de nouvelles, Le Livre des secrets, et un recueil d’entretiens littéraires intitulé J’ai participé à la supercherie.

Cette lecture rentre dans le cadre du challenge Tour du monde, initié par Livresque.

Pays N°23 La Syrie. Prochain escale : L’Iran.