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SOZABOY – Ken SARO-WIWA


Ken Saro-Wiwa

Sozaboy

Edition Terres solidaires, Edition Barzakh pour l’Algérie

Au début, on est surpris,  un peu dérouté. Bien que prévenu dans la préface écrite par d’Alain Mabanckou, le style « pourri » est assez étonnant. Le narrateur (Méné au début, puis Pétit Minitaire) livre doucement et égraine les étapes qui vont constituer son périple. Enfant soldat, il sera comme beaucoup de jeunes ingénus, instrumentalisé dans une sale guerre (existe-t-il des guerres propres ?, celle de la Biafra au Nigéria, qu’on devinera, puisque l’auteur ne la nommera pas, préférant sans doute laisser champs libres au lecteur « africain », puisque l’Afrique fut le champs de plusieurs guerres ethniques.

Si un livre a souvent une destination universelle, celui-ci est beaucoup plus spécifiquement destiné aux africains. Avec ce style « pourri » comme le disait l’auteur, Pétit Minitaire raconte ses périples avec des mots simples, des expressions issues du parler local, à l’origine un mélange d’anglais et dialecte local Pidgin. Il faut saluer les efforts des traducteurs qui se sont un peu débrouillé puisant dans les langages francophones avoisinants le plus proche, ceux du Niger et autres pays d’Afrique de l’ouest, pour donner plus un équivalent français qu’une traduction.

Ce roman magnifique n’est pas un simple plaidoyer contre les guerres ethniques, et surtout contre l’embrigadement des enfants soldats,  sa spécificité est qu’il dépeint parfaitement, avec des mots non recherchés, un drame extraordinaire et atroce, celui de cette guerre, de ses conséquences (famine, maladies et épidémies), et les conséquences de ce manque de culture, (Pétit Minitaire arrête ses études malgré lui !), et ce qui s’en suit : sorcellerie…

Né au Nigéria en 1941, Ken Saro-Wiwa fut accusé et condamné pour l’assassinat de quatre Ogoni Pro Sani Abacha et exécuté par pendaison par le gouvernement de ce dernier en 1995 pour son militantisme en faveur de la communauté Ogoni dont il est issu. Militant écologiste, il œuvrait à une meilleure distribution des richesses, et surtout de la préservation du territoire Ogoni qui subissait un lourd préjudice, suite à l’exploitation di pétrole et du gaz naturel, et de la pollution qu’ils engendraient.

Sozaboy fut édité en 1985, et traduit en 1998 dans le cadre des Edition Terres Solidaires, représentés en Algérie par Les Editions Barzakh, et qui œuvrent de manière non lucrative à faire connaitre des classiques comme celui-ci, partout dans le monde, et en Afrique surtout, avec des prix accessibles aux bourses africaines.

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