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Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq


Titre : Extension du domaine de la lutte

Auteur : Michel Houellebecq

Éditions : Éditions J’ai lu

Quatrième de couverture :Voici l’odyssée désenchantée d’un informaticien entre deux âges, jouant son rôle en observant les mouvements humains et les banalités qui s’échangent autour des machines à café. L’installation d’un progiciel en province lui permettra d’étendre le champ de ses observations, d’anéantir les dernières illusions d’un collègue – obsédé malchanceux – et d’élaborer une théorie complète du libéralisme, qu’il soit économique ou sexuel.

 

 

Michel Houellebecq est comme lors de ma première lecture (Plateforme) toujours très agréable à lire. Dans un style épuré, presque aseptisé, il développe différentes théories sur la vie. Le personnage ressemble beaucoup à l’auteur, du moins on le sent. Un roman chargé de théories philosophiques, assez pessimistes, ne sachant où avancer dans la vie, que faire, où aller, il semble définir une certaine défaite de la vie occidentale, où peut être seulement les limites qu’elle semble atteindre.

Même si l’auteur met avec justesse des mots sur des sensations que le lecteur peut, ou a pu éprouver à un certain moment de sa vie, ce qui est entre autre chose le but de la littérature, l’auteur bien qu’agréable à lire ne donne aucune envie de le connaître ou de le côtoyer, au contraire il dégage à travers son personnage du dégoût et de l’antipathie.

Je trouve très utile et tout à fait dans son rôle d’écrivain scrutateur de notre temps d’écrire ce genre de littérature, avec cette forme et cette acuité, cependant je suis tout à fait heureux de n’avoir pas écrit ce genre de choses, car il donne l’impression de part son intelligence (peut être), de passer à côté de la vie, de la passer sans profiter de ces délices, vivre pour certaines idées (utiles au demeurant), mais que pour ça !! Est ce que ça vaut le coup??

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La raison du plus fort de Veit Heinichen


Auteur : Veit Heinichen

Titre : La raison du plus fort

Édition : éditions du Seuil

Quatrième de couverture : A quelques jours de Noël, un crime est commis dans le train qui ramène le commissaire Laurenti à Trieste. Il est chargé de l’enquête alors que la cérémonie d’intégration de la Slovénie dans l’espace Schengen doit retenir toute son attention. Un groupuscule a menacé de mort l’un des hôtes de la fête, Goran Newman, alias Duke, figure controversée à la tète d’un empire financier opaque. Riche en coups de théâtre, le scénario se complique quand Pina, l’assistante de Laurenti, s’éprend de Sedem, le fils de Duke. Entre combats de chiens clandestins et trafic de drogue, Veit Heinichen nous entraîne dans les labyrinthes de la mafia…et lève le voile sur les coulisses de la crise économique mondiale.

D’abord, comment ce livre a fini entre mes mains? Un lot de livres brochés des éditions du Seuil, collection policier, s’est retrouvé dans les librairies algériennes, du moins celles d’Annaba, à un prix moins cher que les poches, ce fut donc la cause d’achat compulsif de 6 ou 7 livres, de ces éditions, d’auteurs qui m’étaient jusque là partiellement ou complètement inconnus. Voici donc les circonstances de cette découverte.

Maintenant, l’œuvre elle même. Dans une ville italienne, Trieste, frontalière avec la Slovénie, non loin de la Croatie et de l’Allemagne aussi, se prépare la levée de la frontière dans une cérémonie pour le 31 décembre 2007, et l’admission de la Slovénie à l’Union Européenne. De l’autre côté de la frontière Slovène, un riche homme d’affaire à moitié américain ratisse large dans l’économie mondiale, et flirte allègrement dans certains domaines illégaux (drogue, combat de chiens …) on ne le voit jamais mais son ombre et son nom ne sont jamais bien loin.

Dans cet univers des cadavres commencent à tomber, et M. Proteo Laurenti occupé à préparer la sécurité de la dite cérémonie prend l’enquête. Le hasard a voulu que son inspectrice unique et préférée s’entiche avec le fils du dit Duke. Je n’en dis pas plus, je vous laisse découvrir et apprécier la plume de ce polariste allemend, dont c’est la première lecture et sûrement pas la dernière.

Merci La Louve!


Cette semaine, j’ai reçu un agréable présent de la part de la sympathique maison d’édition cahorsine La Louve, le roman de l’auteur Jean Louis Marteil, L’Assassinat du mort. On retrouve l’association entre histoire du moyen âge et polar palpitant et loufoque.

Vous trouverez ici le billet de lecture de La Chair de la salamandre, lu et chroniqué il y a des années.

Charly 9 de Jean Teulé


Auteur : Jean Teulé

Titre : Charly 9

Édition : Pocket édition (mars 2012) 244pages.

Quatrième de couverture : Charles IX fut de tous nos rois de France l’un des plus calamiteux. À 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint-Barthélemy, qui épouvanta l’Europe entière. Abasourdi par l’énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous. Pourtant, il avait un bon fond.


Je n’avais jamais lu Jean Teulé avant, mais je le connaissais à la télévision ou à la radio, comme Grosse tête sur RTL. Tout dans ce que je voyais et écoutais me donnais envie de le lire, sauf que comme je le radote toujours, la disponibiklité des livres dans les librairies de l’Algérie profonde (c’est à dire quand on s’éloigne d’Alger), répond moins à la demande qu’à une mystérieuse lois mêlant débrouillardise, jem’enfoutisme et une bonne dose d’aléatoire. Bref, j’ai lu Jean Teulé.

Sur un ton badin, avec un humour bien travaillé (et je sais ô combien c’est difficile d’écrire avec de l’humour) Jean Teulé nous fait vivre, telle une petite souris les coulisses rocambolesques, de la vie du rois tourmenté et non moins psychotique Charles IX, sous l’influence malfaisante de sa mère Catherine de Médicis.

Le sujet est traité avec autant de sérieux que de légèreté mais n’est pas moins horrible. Le style est fluide, suivant un rythme irrégulier, mais seyant à la forme du roman. Sérieux et drôle.

J’espère trouver avec plus de chance d’autres œuvres de cet auteur à la fois sympathique et attachant.

Nos richesses de Kaouther Adimi


Auteure : Kaouther Adimi

Titre : Nos richesses

Édition: Barzakh Éditions pour l’Algérie (septembre 2017) 216 pages

Quatrième de couverture : Un soir, Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, arrive à Alger; il se rend au 2 bis de la rue Hamani, ex-Charras, avec les clés des Vraies richesses, minuscule librairie délabrée : sa mission est de faire place nette. Il s’y attelle sans état d’âme, lui que les livres indiffèrent, mais c’est compter sans le vieux Abdallah, gardien du temple, qui va progressivement l’initier à la magie du lieu. Car Ryad ignore tout du passé de l’endroit –  poumon de la vie culturelle dans l’Alger colonial des années 30-40 -, animé par Edmond Charlot, libraire et éditeur passionné, proche de Jean Sénac et de Jean El Mouhoum Amrouche et qui, entre autres, révélera le jeune Albert Camus. Ce roman, où alternent le journal (fictif) d’Edmond Charlot et le quotidien d’une rue algéroise en 2017, explore intelligemment l’épineuse question de la transmission d’un héritage. Il y a d’ailleurs ce « nous » qui court tout le long du texte, telle la voix d’une conscience, celle d’une mémoire collective nous engageant, nous lecteurs, à transformer cette fiction en fragment de notre histoire…


Encore une fois, Kaouther Adimi prouve avec ce troisième texte son talent d’écrivain. Après Des ballerines de papicha et Des pierres dans ma poche dont l’inspiration semble personnelle, Kaouther Adimi nous gratifie d’un texte plus « littéraire » et qui la révèle enfin au grand public.

L’auteure à travers ce livre, nous rappelle l’existence d’une aventure littéraire algéroise, à l’époque de l’Algérie française diraient certains, ou comme dirait d’autres du temps du colonialisme. L’auteure ne rentre pas dans ce débat, et se limite aux côtés littéraires de l’histoire de cette époque, et évoque la personne d’Edmond Charlot, qui à l’âge précoce de 21 ans, fonde une librairie / bibliothèques / maison d’édition. Ce fut là le point de départ d’une aventure littéraire extraordinaire. On y croise Jean Amrouche, Albert Camus ….

Ce dernier personnage très controversé jusqu’à maintenant,  aussi bien en Algérie qu’en France, n’est pas abordé en profondeur dans ce roman, volonté de l’auteure par crainte qu’il ne phagocyte et centralise le débat et le roman. Le but de ce dernier étant de raconter l’histoire d’Edmond Charlot, et de son aventure littéraire, les déchirures et les difficultés causées par la guerre mondiale, et / ou la guerre des égos, entre auteurs et entourage d’Edmond Charlot.

L’auteure évoque aussi l’Algérie actuelle, et partiellement, sa situation culturelle à travers la confrontation entre deux personnages à Alger des années 2010. Et ce qui donne à la forme du roman une construction hétérogène.

Pour la période contemporaine, nous avons des chapitres racontant la mission de Ryad chargé de vendre ce qui restait de la dite librairie / bibliothèque, et Abdallah ancien « gardien du temple. » Et puis il y a une alternance de chapitres de la période coloniale et d’extrait d’un journal imaginaire de d’Edmond Charlot.

Le style y est toujours très beau et fluide, et le talent de Kaouther Adimi avéré. On sent la quantité et la qualité du travail effectué.

Le livre a eu un bon accueil et après sa nomination pour le Goncourt et le Renaudot, a fini par obtenir le Renaudot des Lycéens 2017.

Nouvelle parution : Ce que le mirage doit à l’oasis de Yasmina Khadra- illustrations de Lassaad Metoui


Ce mois a vu la parution du dernier livre De Yasmina Khadra cette fois ci chez Flammarion, son titre est Ce que le mirage doit à l’oasis.

Présentation de l’éditeur :

«Mon histoire avec le livre, le désert et les Hommes, c’est l’histoire d’un partage, l’histoire d’un amour vieux comme le monde, l’amour du rêve…»

Ainsi parle Yasmina Khadra qui entreprend de raconter le désert, comme il l’a connu dès son enfance, en Algérie. Dans cet exercice d’autofiction, le célèbre romancier emmène le lecteur dans l’immensité des lieux, si arides en apparence et pourtant si vivants, où la musique rythme la poésie et les mirages accouchent toujours d’oasis…

Paru le 08/11/2017 en France

Zabor ou Les psaumes de Kamel Daoud


Auteur : Kamel Daoud

Titre : Zabor ou Les psaumes

Édition : Barzakh éditions pour l’Algérie. (Août 2017) 332 pages.

Quatrième de couverture : « Dans un village reculé, entre désert et forêt, Zabor, orphelin d’une mère répudiée, rejeté par son père, vivant avec sa tante perdue dans ses rêves et un grand-père aphasique, se découvre le don prodigieux de pouvoir prolonger la vie des autres par le simple fait d’écrire. Ironie du sort, il est, un soir, appelé au chevet de son père mourant… Zabor ou les psaumes, fable autant que confession, est le roman de formation d’une âme torturée qui se livre sur sa découverte des puissances telluriques de la langue, de l’écriture et du corps, s’inventant une manière libre, radicale de défier la mort par l’imaginaire. dans un jeu subtil de mise en abîme permanent, Kamel Daoud nous promène et nous égare dans son panthéon littéraire où figurent aussi bien les livres sacrés- source d’une quête infinie- que les Mille et une nuits ou L’île au trésor. En écrivain-démiurge, il déploie avec grâce et lyrisme une poétique singulière, reposant in fine la plus ancienne des questions : « Peut-on sauver le monde par un livre? ».

Kamel Daoud revient après un Meursault, contre-enquête au succès international, Goncourt du premier roman en 2015, avec un conte initiatique, celui d’un personnage qui se fait appeler Zabor. Un personnage brimé, sensible, fragile, mis en quarantaine par sa famille, mais muni d’un don extraordinaire, celui de repousser la mort, grâce à l’écriture, et peut être pourrons nous dire, dans une certaine mesure, Aux Écritures. Cet adolescent de 30 ans n’est tant apprécié que ça dans son village, car il flirte allègrement avec le blasphème et le tabou que cela charrie, se complaît dans sa différence tout en en souffrant.

Kamel Daoud aborde les questions de la langue, de la culture, des cultures, de l’ampleur du sacré dans cette Algérie profonde post indépendance précoce, et à son image ce village d’Aboukir. La question de la sensualité est aussi abordée, les corps, d’abord celui du personnage lui même, puis celui métaphoriquement décapité de la voisine, cette femme taboue puisque divorcée, celui de sa tante Hadjer qui l’a materné, celui décharné de son père malade et mourant… Et puis il y a aussi la sensualité de la langue, ou des langues. Celle de l’auteur longuement travaillée, pétrie et sculptée, malgré peut être trop de longueurs tout au long du livre. Mais peut être est-ce intentionnel, car ce style dense et touffu, cette langue redondante sied bien à la forme du conte avec la métaphore sensuelle et poétique. Ce livre convient pour les mêmes raisons à la lecture à voix haute, pour ce qu’elle détient de musicalité et de poésie.

La question du livre en tant qu’objet, et de produit culturel, de la difficulté de s’en procurer est aussi soulignée. J’ai autant apprécié cette question que je vis personnellement cette frustration, et je partage ce que l’auteur évoque (pas dans le livre mais dans différentes interviews) comme le fétichisme de l’objet livresque. Pour ma part qui suis dans un petit village de l’Algérie profonde, à 700 km de la capitale Alger, je dois parcourir 100 km pour trouver une librairie, 300 km pour trouver une librairie avec à sa tête un vrai libraire. De ce côté je comprends parfaitement ce qu’évoque Kamel Daoud.

Je tiens à ajouter que Kamel Daoud, l’homme, rencontré à l’occasion du salon du livre d’Alger, est fort sympathique et souriant.