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La fin qui nous attend de Ryad Girod


Titre : La fin qui nous attend

Auteur: Ryad Girod

Edition : Barzakh éditions (octobre 2015)

Quatrième de couverture : Pour lui, aucune rédemption n’est possible. Alors, il cède peu à peu à la violence. seule Douce — une jeune femme officiant dans un hammam et lui prodiguant soins et amour — semble trouver grâce aux yeux de cet homme abîmé qui ne croit plus en rien, ni en ses proches ni même à la mission qu’on lui a confiée…Dans un style et une narration qui hypnotisent, Ryad Girod nous livre ici une méditation métaphysique sur l’absurde, le bien et le mal, l’amour et la quête d’absolu. Un texte court, énigmatique, à l’élégance cruelle.

Les premières lignes, on a l’impression que l’auteur fait référence au séisme qui toucha Alger et sa région un certain avril 2003, mais il en est rien. Ce n’est même pas sûr que cet épisode tectonique lui ait inspiré ce roman, mais passons.

L’histoire se déroule dans une ville non précisée, quelque part au nord de l’Afrique, où se joue une guerre civile entre forces loyalistes pas très démocratiques et rebelles islamistes quand survient un terrible séisme, suivi de multiples secousses telluriques qui causent beaucoup de dégâts.

L’armée veut profiter de cette situation pour donner le coup de grâce aux islamistes, ces derniers ayant subi de lourdes pertes pendant le tremblement de terre. Le Narrateur-personnage principal de ce roman est un militaire à la fois cynique, audacieux et complètement acquis à la cause de ses officiers généraux, et complètement désarçonné par le séisme, par sa vie de famille quelque peu chaotique, et par ses habitudes. Il est lui même un séisme. Il se bat dans cette guerre, mais surtout se débat contre lui même. Personnage toxique et extrême, côtoyant la mort matin midi et soir et se goinfrant de sa vie, d’alcool et de luxure.

J’ai aimé le style de cet auteur que je lis pour la deuxième fois. C’est un style assez particulier, et je pense qu’il s’agit là, comme dans Ravissements, son premier roman, d’un exercice de style. C’est rythmé, cadencé, par moment redondant et parfois complètement psychédélique. La lecture en est un peu difficile, mais non dépourvu de plaisir.

Il y a, disséminé à travers le texte, quelques pépites. J’ai beaucoup aimé cette phrase prononcé ou dite au début du roman par le voisin mathématicien, un peu savant fou,  qui hurle sur sa femme paniquée par le séisme « Tu as plus peur de mourir que d’avoir une vie de merde! » On dirait du Tarantino au sommet de son art.

Le roman très noir dépeint une société que l’on devine d’inspiration algérienne, mais qui me semble-t-il est issue de l’humain dans son universalité. D’un pessimisme effrayant, une lecture au premier degré de ce roman est fortement dérangeante. Et ceux qui me lisent savent peut être à quelle point j’aime de manière un peu sadique la littérature dérangeante. Le genre de littérature qui ne nous donne pas envie de faire des enfants.

Je vous invite à découvrir cet auteur prometteur, qui s’installe discrètement mais avec aise dans le paysage littéraire algérien, et qui à mon petit avis, fera partie des classiques des prochaines générations.

Ryad Girod vient de recevoir le Prix Assia Djebar pour sa dernière publication Les Yeux de Mansour édité chez Barzakh en 2018.

Dieu, Allah, moi et autres de Salim Bachi


Auteur: Salim Bachi

Titre : Dieu, Allah, moi et les autres

Édition : Éditions Gallimard  (mars 2017, 192 pages)

Quatrième de couverture : » Comme tous les gamins d’Algérie, je vivais dans la crainte de ne pas être assez bon pour échapper au châtiment du Grand Méchant Allah. À l’école non plus, je n’échappais pas à la question. En classe, nous apprenions l’arabe en récitant le Coran. Pour lire le Coran, il fallait connaître l’arabe et pour connaître l’arabe, le Coran… un cercle arabo-islamo-vicieux. Je n’y entendais bientôt plus rien, ni à l’arabe ni au Coran… alors je recevais des coups de règle sur les doigts parce que je m’étais trompé pendant ma récitation de la sourate qui nous promettait l’enfer, elles nous le promettaient toutes. Je ne sais combien de fois reviennent les mots Djahanem et châtiment dans le Coran, mais c’est impressionnant. Tout le Livre tourne autour de ces deux mots : enfer et damnation.»  Ainsi débute le récit d’une libération, celle de l’auteur. Celui-ci finira par rejeter la religion de ses ancêtres, l’islam, se détachera de la nation où il est né et refusera tous les endoctrinements pour trouver refuge dans les livres et la littérature.  « 

J’avais dès le début apprécié Salim Bachi, me suis senti proche de sa pensée, même si je ne le connais que trop peu à mon goût.  Dans ce récit, Salim Bachi se dévoile, lui qui d’habitude est très discret dans le paysage littéraire, lève le voile sur une grande partie de sa vie personnelle, sentimentale, sans fausse pudeur, ainsi que ses goûts et ses influences littéraires.

Il évoque un sujet auquel je suis très sensible, un sujet de santé qu’est la drépanocytose. C’est ce que nous appelons une hémoglobinopathie, soit un défaut génétique dans la fabrication de l’hémoglobine, se transmettant sur le mode récessif. Il en résulte une anémie, et bien d’autre complications cardiovasculaires, douleurs, immunodépression …

Dans le département que j’habite en Algérie, et dont une partie de la famille de l’auteur est originaire (je ne dévoile rien, c’est lui qui le dit), il y a la prévalence la plus importante de cette maladie congénitale dans l’Afrique du nord. Peut être même la plus élevée au monde. Une étude locale parle de 480 cas par 100 000 habitant, soit plusieurs dizaine de fois la moyenne nationale et régionale. Seuls 30% des cas sont dû à des mariages consanguins, tellement le nombre de familles porteuses de cette anomalie génétique est important.

Je suis très sensible à la souffrance de ces patients, dans mon activité professionnelle de médecin je la constate, la côtoie. Elle nécessite des moyens importants, et touche souvent des familles économiquement limitées. Les solutions apportées par les autorités de santé sont presque anecdotiques. La culture des médecins dans la prise en charge de ces malades est insuffisante, ainsi que les moyens disponibles.

Adolescent, une amie en est morte à l’âge de 14 ans. Je la trouvais tellement belle, et elle était tellement joyeuse!

Mais Salim Bachi ne parle pas que de cela. Il apporte auss une critique assassine mais juste (selon moi) du système de l’éducation nationale de l’Algérie. La période de Boumédiene, l’arabisation tous azimut qui a été prônée depuis ces temps là, l’effondrement du niveau des professeurs et des élèves, l’intrication du religieux d’une manière barbare chez les tous petits, a fait des dégâts irrémédiables dans la société algérienne.  C’est ce système éducatif qui a enfanté la génération de la décennie noire, et le tir est loin d’être corrigé. L’Algérie se targue de produire massivement des diplômes qui en majorité n’ont pas le niveau. Ceux qui ont un bagage correcte finissent en majorité par quitter le pays. Le constat est d’un pessimisme effrayant.

Un célèbre critique littéraire français que j’imagine toujours avec un Masque sur le  visage et une plume dans le fondement, avait conclu que l’auteur n’aimait pas son pays. Vraisemblablement l’auteur connait plutôt bien l’Algérie et le décrit sans faux chauvinisme, contrairement à Arnaud Viviant.

J’ai lu avec passion ce livre, j’aime beaucoup ce genre de livre, qui je pense finalement intéressera beaucoup les lecteurs de Bachi, peut être pas trop les autres. Il me fait penser à Paris est une fête d’Ernest Hemingway que j’ai découvert dans un blog de Salim Bachi, qui hélas (le blog) n’existe plus.

Petit bémol, la petite bande rouge de l’éditeur qui écrit Une Leçon d’Athéisme, ce que je pense n’est pas ce livre, et qui n’est en faite une tentative ratée de bon mot de la part de l’éditeur.

Le Roman des Pôv’Cheveux de Lynda Chouiten


Auteur: Lynda Chouiten

Titre : Le Roman des Pôv’ Cheveux

Editions : El Kalima (202 pages)  année 2017

Quatrième de couverture: « Quand Pôv’Cheveux tombe dans la soupe d’une élégante dame, il est chassé comme un moins que rien du restaurant chic où travaille son propriétaire. Commence alors une longue série de déambulations dans la capitale française, avec d’autres Cheveux déchus. A travers les récits de ces personnages capillaires, le lecteur découvre les destins croisés d’une multitude de personnages et maltraités, ils parlent pour des millions de « damnés de la terre ». Un peu décalé, parfois déroutant, le roman décrit d’une manière à la fois satirique et touchante, mais surtout originale, la complexité d’une condition humaine qui oscille entre Bien et Mal, entre espoir et désillusions.
Enseignante de littérature anglophone à l’université de Boumerdès, publiée en Algérie, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, elle est l’auteure de plusieurs ouvrages portant sur la critique littéraire. »

 

Étonnant, divertissant et surprenant, sont les premiers qualificatifs qui me viennent pour parler du Roman des Pôv’Cheveux. Lynda Chouiten, Auteure algérienne de la nouvelle, et dynamique génération d’écrivains algériens signe là un premier roman remarquable.

Avec une naïveté feinte, l’auteure nous raconte l’histoire d’un cheveux tombé dans la soupe, du moins dans les premières pages du livre. Le narrateur est donc un cheveux nommé Pôv’Cheveux, évoluant sur la tête d’un pauvre Outoudert qui tente de vivre sa vie. Donc, à travers leurs cheveux, nous apprenons à connaitre les différents personnages de ce roman. La trame semble tourner autour de cet Outoudert, de ses rencontres, ses choix dans la vie et de ses pérégrinations. Différentes femmes traversent le roman et nous les découvrons à travers leurs tifs.

Pour ma part, le roman, sa couverture et toutes ces descriptions capillaires m’ont faits remonter quelques souvenirs de vacances passés… Je ne dirais rien de plus.

Très bon premier roman pour cette jeune auteure, avec quelques références culturelles aussi, distillées presque discrètement, comme avec pudeur, je n’ai pas pris de notes mais je me souviens de la métamorphose de Kafka vers la fin du roman. Auteure à suivre.

L’assassin qui rêvait d’une place au paradis de Jonas Jonasson


Auteur : Jonas Jonasson

Titre : L’assassin qui rêvait d’une place au paradis

Edition: Pocket n°16807 (02/2017) 345 pages

Quatrième de couverture : « Après trente années passées derrière les barreaux pour avoir planté des haches dans le dos des gens, Dédé le meurtrier s’est fait une raison. Pourquoi risquer la prison quand on peut simplement casser quelques bras ici ou là ? C’est bien suffisant pour nourrir son homme, et même ses associés récents, un réceptionniste poissard et une femme-pasteur défroquée. Leur petite entreprise de passage à tabac fait un malheur, malgré les cas de conscience d’un Dédé en pleine crise de foi… Mais mon Dieu qu’il est long, le chemin du paradis ! »

Après un centenaire qui s’entêtait à ne pas vouloir fêter son anniversaire, une analphabète championne de mathématique coincée dans un camion de pomme de terre avec une bombe nucléaire et le rois de Suède, Jonas Jonasson toujours son style loufoque et ses histoires chargées d’absurde, nous présente cette fois ci un vieux voyou repenti, qui ne veut plus faire de mal autour de lui, converti comme il le dit à la foi chrétienne, et voulant marcher sur les pas de Jésus.

Affublé de deux comparses, un pasteur athée féminin, et un réceptionniste d’un bordel converti lui, en hôtel miteux, il tente à sa manière, de ne plus taper son prochain, ne plus lui briser les os, d’être charitable au mieux, en commençant bien sûr par l’être envers lui même.

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L’univers de Jonasson, est un monde où rien n’est grave, où le relatif prend des proportions beaucoup moins relatives. Dans ce troisième opus, habitués que nous sommes, nous lecteurs à cet univers, on décèle la recette, la cuisine, ainsi que les grosses ficelles qu’utilise l’auteur dans sa construction romanesque. Cela veut dire que la surprise est moins grande, mais j’avoue qu’il y a beaucoup de plaisir à suivre ses personnages, leurs aventures et leurs philosophies.

Je vous invite dans à lire cette histoire. Elle contient plusieurs axes de lectures, plusieurs degrés. C’est à la amusant et intéressant. Bonne lecture.

 

Chanson douce de Leila Slimani


Auteur : Leila Slimani

Titre : Chanson douce

Edition : Folio N° 6492

Quatrième de couverture: Louise ? Quelle chance vous avez d’être tombés sur elle. Elle a été comme une seconde mère pour mes garçons. Ça a été un vrai crève-cœur quand nous avons dû nous en séparer. Pour tout vous dire, à l’époque, j’ai même songé à faire un troisième enfant pour pouvoir la garder.» Lorsque Myriam décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise et sont conquis par son aisance avec Mila et Adam, et par le soin bientôt indispensable qu’elle apporte à leur foyer, laissant progressivement s’installer le piège de la dépendance mutuelle.

Ce n’était probablement pas le livre de l’année, et beaucoup dans mon entourage m’ont dit cela, cependant, il est loin d’être un mauvais livre. Chanson douce, comme le roman précédent de cette écrivaine franco-marocaine, dans le jardin de l’ogre, est un livre dérangeant. Il est question d’enfants, de bébés qui évoluent dans un environnement chaleureux, dans une famille aimante, mais beaucoup trop urbaine, où les valeurs traditionnelles familiales n’existent plus, ou presque (et je ne leur fait aucun procès, simple constat).

Il est vrai, la vie en occident, et grâce à la mondialisation,  partout dans le monde, dans les mégalopoles, souffre d’un rythme trop rapide. on retrouve certaines choses inimaginable il y a quelques décennies, comme l’industrialisation de ce « petit » métier de nounou, grâce à une main d’œuvre pas trop chère, souvent en Europe issue de population souvent pauvre, ou classe moyenne inférieure, et en Europe, souvent issue de l’immigration.

Dans ce domaine, (les personnages parents de deux enfants) de ce roman tombent sur une perle rare. Louise est une française de souche, d’un âge respectable, toujours propre sur elle, et donnant toujours, invariablement plus que ce que l’on attend d’elle.

La première phrase du roman annonce le décès du bébé, suivi de celui de sa sœur ainée. Il n’y a donc pas de suspens, mais il existe, tout  au long du roman, et cela grâce au talent de l’écrivaine, une tension accablante au début, qui redescend pour augmenter au fil de l’avancement de l’histoire. Il n’y a donc pas, ou peu de surprises, mais comme un tableau qu’on dessine, l’auteur trace d’abord le sujet principal, puis elle peaufine son œuvre au fur et à mesure que les pages tournent, par petites touches, pour atteindre son objectif, en soulignant en insistant sur la psychologie du personnage principal, qu’est la nounou.

Roman donc intéressant, divertissant et bien glaçant, surtout pour un futur papa comme moi. A lire. de toute façon, il n’a pas besoin que je lui fasse de la publicité. Il a reçu le prix Goncourt de l’année 2016.

Khalil de Yasmina Khadra


Auteur : Yasmina Khadra

Titre : Khalil

Edition : Julliard éditions / Casbah éditions pour l’édition algérienne

Quatrième de couverture: Vendredi 13 novembre 2015. L’air est encore doux pour un soir d’automne. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d’explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l’acte. Il fait partie du commando qui s’apprête à ensanglanter la capitale.
Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?
Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d’un réalisme et d’une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l’esprit d’un kamikaze qu’il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l’insoutenable brutalité de la folie.


Comme le Beaujolais nouveau, chaque année ou presque, Yasmina Khadra nous livre sa cuvée. Comme chaque année, je vais répéter que je ne retrouve plus le Yasmina Khadra des premiers jours, des jours difficiles, ceux des premières années d’exile, et surtout de la grande inspiration. J’ai l’impression que quelque chose a cassé depuis Ce que le jour doit à la nuit.

Mais cette année, sans égaler les succès que je préfère de Khadra, le roman de cette année, Khalil,  renouant avec un thème qu’il maitrise bien, ayant été lui même un acteur de la lutte antiterroriste, le résultat est pour moi positif. Bien sûr le style est toujours aussi grandiloquent et un peu ronflant, mais moins que d’habitude, mais surtout la psychologie du personnage principal est bien construite. Le roman est l’histoire de ce Khalil, Belge d’origine marocaine, islamisé de dernière minute, qui s’apprête en compagnie de comparses à se faire exploser au stade de France, un certain jour funeste de novembre.

L’auteur traite avec acuité, les idées de son personnage principal et leurs cheminement, bien que tortueux, bien que reniant toute logique humaine et reniant tout ce qui est humain, donne une explication. Manuel Valls a dit quelques jours après les attentats de novembre, j’imagine juste pour faire un mot, expliquer c’est excuser. Premier ministre à cette époque, et voulant se montrer le plus de droitepossible, le plus intransigeant, le plus dur dans sa réponse aux terroristes. Finalement il m’a paru d’une bêtise sans fond, ne fixant grâce à ses œillères de baudet, que ses objectifs électoralistes, cherchant la punch-line, le bon mot, mais finalement se couvrant de ridicule. Il faut toujours expliquer bougre d’âne. Comment agir? comment penser une réaction?? Comment un médecin peut traiter un mal sans établir de diagnostic.

Je conseille donc la lecture de ce livre, à Manuel Valls, mais aussi au large public, que ce soit en Europe que du côté de chez nous en Afrique du nord, plus pour les idées qu’il véhicule et qu’il défend, que pour sa qualité littéraire qui n’est pas extraordinaire, mais qui n’est pas médiocre non plus.

Mon nom est Rouge d’Orhan Pamuk


CVT_Mon-nom-est-Rouge_2948Auteur : Orhan  Pamuk

Titre : Mon nom est Rouge

Edition : Collection Folio (n° 3840)  Parution : 25-04-2003

Quatrième de couverture Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté. Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l’Empire ottoman, sa culture, ses traditions, et sa peinture. Car les miniaturistes de l’atelier du Sultan, dont il faisait partie, sont chargés d’illustrer un livre à la manière italienne…
Mon nom est Rouge, roman polyphonique et foisonnant, nous plonge dans l’univers fascinant de l’Empire ottoman de la fin du XVIe siècle, et nous tient en haleine jusqu’à la dernière page par un extraordinaire suspense. Une subtile réflexion sur la confrontation entre Occident et Orient sous-tend cette trame policière, elle-même doublée d’une intrigue amoureuse, dans un récit parfaitement maîtrisé. Un roman d’une force et d’une qualité rares.

J’avais beaucoup aimé et apprécié un précedent roman de cet auteur, prix Nobel de littérature 2006, intitulé Neige, un roman plein de poésie, et chargé d’une envie insatiable de liberté. Mais je vous avoue que la prochaine fois que je m’attaquerai à un pavais de cette taille (près de 800 pages), j’attendrai mon prochain congé, car avec le boulot, ce fut très compliqué d’allier les deux (travail/lecture).

Mon nom est Rouge est un roman sur la peinture  dans l’empire ottoman, dans un style particulier, ancestral auquel il ne fallait absolument pas déroger, sous peine de se voir taxer de blasphème. L’arrivée du style européen, avec les perspectives, le traitement de la lumière donnant un aspect réaliste dans ce style de peinture, effraye les peintres et enlumineurs ottomans, et met en rage les prêcheurs d’un islam rigoriste. Ces derniers y voient une représentation de l’image humaine, création divine, qu’il ne faut pas tenter de reproduire sous peine de Chirk, blasphème suprême en islam, consistant à mettre en doute l’unicité divine.

De là, commence une série de meurtres, et le fils conducteur de l’affaire est traité par différents personnages, qui prennent tous la parole les uns après les autres. On y apprend beaucoup de cet art ancestral des enluminures, des miniatures selon des écoles orientales et extrêmes orientales.

Pamuk

L’intrigue, elle est un peu longue et truffée et détails techniques  assez répétitifs, mais le talent de l’auteur, sa manière de traiter le sujet, les histoires d’amour qui accompagnent ce thriller, mais aussi, et je dirai presque surtout la description d’Istanbul et de la vie à ce moment là, à cet endroit là, sont une partie passionnante et non négligeable de livre.

Je recommande donc la découverte de cet auteur dont c’est ma deuxième lecture, lecture toute aussi passionnante que la première, un peu plus technique, mais toujours aussi passionnante.