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Le Griot de l’Emir de Bayrouk


le griotAuteur : Bayrouk

Titre : Le Griot de l’émir

Edition : Elyzad éditions pour la Tunisie

Quatrième de couverture: Gardien de traditions éloignées et de rythmes ensoleillés, héritier d une tribu jadis puissante, le griot des Oulad Mabrouk erre, le luth à la main, entre des campements inconnus, dans un Sahara des temps anciens où les haines tenaces côtoient les violentes passions. Témoin de l’affront fait à son amie, la belle Khadija, condamné à mort par l émir souverain, le dernier grand griot quitte la terre des nomades et s exile à Tombouctou, cité des savoirs et des marabouts. Il y rencontre la générosité et l amour. Mais son destin est ailleurs, il est au pays des Maures, afin de porter haut sa voix et de semer les graines de la révolte. Car dans ce monde de sable, c est la musique des pères qui réveille l orgueil des hommes et les fureurs du désert.

Le griot appartient à une culture qui n’existe peut être plus. Le griot est ce poète, fils de poète, et qui par atavisme, transmet, ou transmettait, les histoires des rois qu’ils suivent, qu’il glorifie, qu’il conte les exploits guerriers. Dans leurs cultures basées sur l’oralité, le griot occupe à la fois le statut d’historien, de chanteur, de musicien savant.

Beyrouk nous conte ici, à travers le personnage du griot au parcourt sinueux, romanesque et rude, un monde qui tend à disparaitre, un temps pas si lointain, que les occupations européennes ont précipité l’anéantissement, en imposant une structuration administrative autre. Dans un territoire désertique aussi immense qu’hostile, la vie de ce griot ne dépend que des mécènes

Dans un style beau, épuré et fluide, Beyrouk propose un texte bien travaillé, précis et sans fioriture. Il est d’abord le premier  écrivain francophone que je lis, mais aussi le seul dont j’ai réussis à me procurer l’œuvre.

beyroukCe roman rentre dans le cadre du Challenge heureusement ouvert, et hélas un peu délaissé  Tour du mondelogo3.

Pays N° 36. La Mauritaniemauritanie.

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Fils du Shéol d’Anouar Benmalek


081-6-Benmalek-Fils-du-ShéolAuteur : Anouar Benmalek

Titre : Fils du Shéol

Edition : Calman Levy éditions 2015 , Casbah éditions pour l’Algérie

Quatrième de couverture: « Trois histoires d’amour pour remonter à l’origine du mal… Trois générations, deux génocides. Tout commence dans la touffeur ignoble d’un wagon à bestiaux. Le jeune Karl y fait la connaissance d’Helena, son bref et unique amour le temps du voyage. À son arrivée en Pologne, le gamin juif est gazé. Dès lors, depuis un étrange séjour des morts, le Shéol, il est condamné à regarder évoluer les siens et à tenter d’éviter désespérément la catastrophe. Ainsi retrouve-t-il son père, devenu Sonderkommando. Dans la noirceur de sa condition, ce dernier rêve à sa lumineuse Élisa, la mère de Karl, rencontrée et épousée en Algérie des années auparavant. Poursuivant son effroyable voyage à rebours, Karl croise Ludwig, son grand-père, qui au début du siècle a servi dans l’armée allemande du Sud-Ouest africain. Et le secret que l’aïeul n’a jamais pu raconter de son vivant – sans doute la clé de leur destinée à tous –, son petit-fils finit par l’apprendre depuis sa nouvelle demeure : celui de l’existence d’Hitjiverwe, une jeune femme héréro passionnément aimée, victime avec son peuple d’une barbarie oubliée, terrible avertissement aux générations futures. »

Comme à chaque fois depuis plusieurs livres, le nouveau Benmalek tient sa promesse, celle de nous faire voyager, dans le temps et dans l’espace.

Très vite la couleur noire est donnée, une violence insoutenable nous prend à la gorge, une violence abyssale, complète, totale et humaine, hélas, nous interpelle.

benmalek

Dans ce livre, Benmalek nous raconte l’Europe de l’apocalypse, empêtrée dans un nazisme destructeur, un antisémitisme ambiant, sournois et complètement injuste. Il nous raconte un monde qui a failli sombrer, à travers l’histoire de cette famille juive « mixte » séfarado-ashkénaze, la shoah qui va tout anéantir pour cette famille (je ne révèle rien, on lit ça dans les cinquante premières pages du roman qui en compte plus de quatre cents), puis à reculons, l’auteur nous raconte la naissance de cette famille, la rencontre algéroise du couple, alors que le futur déporté, toujours joviale et de bonne humeur, accompagne son père ancien soldat allemand au sud ouest de l’Afrique (qui sera plus tard la Namibie), dans la quête d’un pardon… Je vous laisse découvrir, le livre en vaut le coup. Je vous dis quand même que la Shoah n’est pas le premier génocide germanique, peut être parce qu’à l’époque le mot génocide n’existait pas encore.

Un roman bien actuel, dépeignant cette ambiance actuelle de défiance internationale, avec tous ces signes annonciateurs de mauvaises choses, cette même ambiance qui précéda les deux guerres mondiales du siècle dernier.

Moins médiatique que d’autres auteurs algériens, cet auteur aux multiples facettes, dont c’est ma troisième lecture, m’étonne par la diversité de ses sujets, moins algéro-algérien qu’un Yasmina Khadra, plus discret aussi, Anouar Benmalek a le don de nous prendre par la main, de nous mener à travers une itinéraire dont il est le seul fin connaisseur, de nous captiver, de nous émouvoir.

La dernière nuit du Raïs de Yasmina Khadra


106249349Auteur : Yasmina Khadra

Titre : La dernière nuit du Raïs

Edition : Julliar éditions 2015 , Casbah éditions pour l’Algérie

Quatrième de couverture: « « Longtemps j’ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J’étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd’hui, je n’ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence.
Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l’Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l’on n’est que ce que les autres voudraient que l’on soit. » Avec cette plongée vertigineuse dans la tête d’un tyran sanguinaire et mégalomane, Yasmina Khadra dresse le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine.

Yasmina Khadra retrouve enfin un peu de son inspiration dans son dernier ouvrage. Ce n’est pas l’enchantement des premières fois, mais plutôt quelque part entre le déjà-vu et une tentative de renouvellement. En disant cela, je ne laisse pas transparaitre l’admiration que je porte pour cet auteur, que je continue de lire à chaque nouvelle parution, et cette fois-ci un peu moins déçu que les quatre à cinq dernières fois, où j’avais l’impression de relire à chaque fois le même livre.

yasmina-khadra-se-glisse-dans-la-peau-de-mouammar-kadhafiCertaines expression très Khadréenne sont encore là : il aurait changé de pseudonyme que je l’aurais démasqué assez vite, « la lune aussi mince d’une rognure d’ongle » est l’une des phrases typiques, que l’on trouve obligatoirement dans un roman de Yasmina Khadra.

Mais il faut avouer que comme à chaque fois, le récit est plutôt bien maitrisé. Un français parfait, bien ciselé. Un sens de la rythmique parfois bien marqué, donnant des sonorités poétiques à la prose, agréable pour la lecture à voix haute. Le style est toujours le même, toujours aussi chargé de grandiloquence, chose que personnellement j’apprécie moins, mais qui du coup colle à merveille au personnage Kadhafi, grand mégalomane parmi les grands.

Ah, un sacré numéro ce Khadafi. Il a l’air tellement à l’ouest… Personnellement je ne lui jamais voué aucune once d’admiration, mais je comprends que certaines personnes, dont l’écrivain Yasmina Khadra qui partage avec lui le profil militaire, puisse lui vouer une certaine fascination. Pas de l’admiration, ce serait complètement incompréhensible, mais de la fascination. Je me demande vraiment comment a-t-il fait pour rester aussi longtemps. Une phrase cependant donne une réponse très convaincante : « Le règne est une culture compatible avec un seul ingrédient : Le sang. Sans le sang, le trône est un échafaud potentiel. Pour préserver le mien, j’empruntais au caméléon ses vertus : je marchais un œil devant, un œil derrière, le pas millimétré, la langue sentencieuse plus rapide que la foudre… ». Cet extrait semble résumer avec justesse la politique de Kadhafi, mais issue de la plume d’un ancien militaire, ayant tenté de briguer la magistrature suprême en Algérie, cela fait un peu peur. En faite, soit il assume lui-même ces propos et là il annonce la couleur, soit les propos sont exclusivement ceux de son personnage, et là, il a tout compris. Ou presque…

On sent également à travers cette lecture, que l’auteur est tout à fait à l’aise dans le jargon militaire qu’il maitrise très bien. Et c’est peut être la porte d’entrée qu’il a pu avoir dans le roman.

Khadafi260715750Après tout cela, et me relisant, je me rends compte que le roman porte, pour moi, un écueil aussi flagrant qu’invisible, comme un gros nez au milieu de la figure, c’est qu’il ne nous apprend rien de nouveau de le dictateur déchu. C’est plus une tentative d’analyse de Kadhafi, durant ses derniers jours, qu’une biographie. Je veux dire par là, que le roman ne nous a rien appris de nouveau, que la presse n’ait abordé avant, avec moult détails en plus.