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Asmara ou les causes perdues de Jean-Christophe Rufin


Asmara_et_les_causes_perduesTitre: Asmara ou les causes perdues

Auteur: Jean-Christophe Rufin

Edition: folio n° 3492 ( 304 pages)

Date: 14/03/2001

ISBN: 9782070417308

Quatrième de couverture: « Asmara, ancienne capitale coloniale italienne, dresse encore sur le sol d’Afrique ses palais romains, ses villas toscanes et ses colonnades vénitiennes. C’est dans ce décor baroque et nostalgique, isolé du monde par trente ans de guerre civile, que débarque, en 1985, un groupe d’humanitaires français, venus porter secours aux victimes d’une invisible famine qui fait rage quelque part, loin sur les hauts plateaux arides qui entourent la ville.
Hilarion Grigorian, Arménien d’Érythrée, né avec le siècle, se fait, jour après jour, le narrateur cocasse de cette mission humanitaire avec ses querelles internes, ses passions intimes et tous les obstacles nés des manipulations politiques opérées par le gouvernement.Ce roman est un témoignage direct qui met pour la première fois en scène de l’intérieur cette génération orpheline des idéologies, qui a perdu les causes traditionnelles de l’engagement et qui les cherche du côté de l’action humanitaire. Mais c’est aussi l’évocation d’une Éthiopie qui, depuis des siècles, par la beauté de ses peuples, la force de ses paysages et la puissance de sa spiritualité rend fous d’amour ceux qui s’aventurent jusqu’à elle. »

Je crois que je suis en passe de devenir rufinophile. Je vous prie de bien vouloir accepter ce néologisme, mais sachez qu’il aurait pu être question de Jean-Christophe-rufinophilie, et avouez que c’est plus lourd en bouche.

Cette fois, Rufin nous emmène loin, mais pas vraiment en terre inconnue, puisque avec L’Abyssin, il nous avait déjà fait découvrir ces contrées est-africaine que sont l’Ethiopie et l’Erythrée. Mais les temps et les époques sont tellement différents que nous découvrons une nouvelle terre, dans une situation autre et beaucoup moins reluisante qu’à l’époque du Négus.

Il est question ici, à travers la narration d’un vieil homme, Hilarion Grégorian, arménien ancien marchand d’armes au parcours romanesque, de l’aide humanitaire. Cette question abordée ici sous toutes les coutures, est d’une grande complexité, et l’expérience de l’auteur dans ce domaine en est la principale source d’inspiration. Il est question de beaucoup de détails liés à l’organisation, à la sécurité et aussi et peut être surtout de politique. Car si l’aide humanitaire va où se trouve la misère et la famine, celles-ci sont la conséquence de la sècheresse (un peu), mais surtout de conflits politiques et militaires. L’aide humanitaire sensée viser la population civile victime, et se drapant de l’opinion politique la plus neutre, finit directement ou indirectement, après moult négociations et tergiversations, par jouer le jeu des belligérants.

Ce livre littéraire, et c’est aussi pour ça que la littérature existe, sonde l’être humain, ses capacité à gérer ses ambitions collectives et personnelles, contradictoires et manichéennes. Devons-nous puiser notre force motrice dans la vie, dans nos sentiments personnels et amoureux, ou dans notre quête pour le bien de tous. Cette force qui est en nous, et qui œuvre soit pour le bien, soit pour la mal est peu être le résultat d’un seul et même affrontement qui se fait à l’intérieur de nous, et tout le reste, je ne dirai pas qu’il ne dépend pas de nous, mais nous n’en avons pas le contrôle entier. Tout est question de relativité.

Van Damme, sors de ce corps!!

Bonne lecture à tous.

Jean-Christophe-Rufin-1Médecin, engagé dans l’action humanitaire, Jean-Christophe Rufin a occupé plusieurs postes de responsabilités à l’étranger. Il est l’auteur d’essais consacrés aux questions internationales et de romans. L’Abyssin, Asmara et les causes perdues, Globalia, La Salamandre, Le parfum d’Adam et Katiba entre autres, ne cessent d’explorer la question de la rencontre des civilisations et du rapport entre monde développé et pays du Sud. Traduite dans le monde entier, son œuvre a reçu de nombreux prix, dont le prix Goncourt 2001 pour Rouge Brésil. Il a été élu à l’Académie française en juin 2008.*

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