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2012 in review


Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2012 pour ce blog.

Voici un extrait :

4 329 films ont été soumis au festival de Cannes de 2012. Ce blog a été vu environ 26 000 fois en 2012. Si chaque vue était un film, ce blog pourrait supporter 6 festivals.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

L’art français de la guerre d’Alexis Jenni


art-srou-culture-reperages-0209_lart-francais-de-la-guerreL’Art français de la guerre est un grand roman. Par le nombre de pages, et l’épaisseur de la bête. C’est un grand pavé. Littérairement parlant, et en ce qui me concerne du point de vue du plaisir, je ne peux cacher ma déception.

Ce n’est certes pas un mauvais livre. De long passages sont très bons et source de grandes évasion s et de plaisir. Cependant, de longs passages, surtout les commentaires, m’ont été d’un très grand ennui. Le narrateur s’y perd en de longues élucubrations, tournant en rond, comme un poisson rouge dans un bocal, sans s’ennuyer lui, mais assez lourd à supporter.

En effet, le livre est divisé en plusieurs « Romans » racontant la vie et le parcours de Victorien Salagnon,  entrecoupé de plusieurs « Commentaires », où le narrateur raconte sa vie de looser, une longue dérive personnelle et sociale dont laquelle il s’enfonce et se complait.

Les romans sont très bons, passionnants même, non dénués d’humour, de tragique et d’émotions. Les commentaires trop longs, parfois on se demande où l’auteur veut en venir dans ces passages. Je n’ai même pas réussi à les lire en entier. Le tout dans un style à la fois moderne et pompeux, qui me fait penser à Arnaud Montebourg. Un côté aristocrate de gauche, assez paradoxal mais original, efficace et intéressant.

jenniLa plume d’Alexis Jenni m’a semblé bien intéressante, je n’aurais pas voté pour lui pour le Goncourt, mais je le classe parmi les auteurs intéressants.  Il a abordé un sujet très passionnant, mais aurait peut être dû en faire moins à mon goût, ça aurait été parfais.

Si je devais le noter, je lui donnerai un 3/5.

Zina de Babylone


Un coup de cœur musical, découvert grâce à l’émission radiophonique d’Alger chaine III, Serial tagger. Le groupe Babylone m’est presque inconnu, si ce n’est qu’il soit formé de trois charmant garçons de Tipaza. Régalez vous.

J’aurais voulu être un escatgot de Souad Labbize


j'aurais voulu être un escargotJ’avoue que j’ai été très impressionné. Aussi bien par la forme du texte que par son fond. Une réelle surprise par rapport à ce que je suis habitué par des auteurs algériens. Un texte mêlant subtilité et  sensualité, sacré et sacrilège. Un mariage surprenant de poésie, de courage et de lutte. Le personnage principal de ce roman est une petite fille qui essaie de comprendre pourquoi ses frères et elle, ne vivent pas de la même manière, pourquoi sa tante qui venue d’Europe vivre chez eux, a fini par fuir Tounzaj Miracle. Tounzaj Miracle est ce pays pas si imaginaire que cela, à la fois Tunisie et Algérie (Tounjaz = Tounes (Tunisie) + Jazayer (Algérie)), où il n’est pas facile d’être émancipée pour une femme…

La petite fille se cherche, apprend à se connaitre, à faire connaissance avec son corps qui se transforme, à cet âge où l’on apprend également à vivre avec ses désirs, que l’on ne contrôle pas toujours. De ce point de vue, je trouve ce roman plutôt novateur et original, plein d’intelligence et d’une très grande sensibilité. Je le conseille vivement.

 Je parie que ce texte ne sera pas édité en Algérie avant très longtemps, sans risquer de heurter les âmes pudibondes qui se cachent hypocritement derrière un voile vicieux de bondieuserie malsaine. J’espère que je me trompe. attachment

J’aurais voulu être un escargot de Souad Labbize Paru chez SEGUIER. Avril 2011.

ISBN : 2840496291

200 pages

18€.

Fiche du roman : L’art français de la guerre d’Alexis Jenni


art-srou-culture-reperages-0209_lart-francais-de-la-guerreAuteur: Alexis Jenni

Titre: L’art français de la guerre

Edition: Gallimard éditions / Aout 2011 (640 pages)

Quatrième de couverture: «J’allais mal ; tout va mal ; j’attendais la fin. Quand j’ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l’avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n’arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu’aux coudes. Mais il m’a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l’armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails. Il m’apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l’art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l’émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue.»jenni

Alexis Jenni vit et travaille à Lyon. L’art français de la guerre est son premier roman.

Syngué Sabour d’Atiq Rahimi


syngué sabourPetit et court roman de cet auteur afghan propulsé au devant de la scène littéraire avec l’attribution en 2008 du prix Goncourt pour ce roman, Syngué sabour, ou Pierre de patience aux éditions P.O.L. Pour ma part cette année là, j’aurais préféré voir le prix décerné à Salim Bachi pour Le Silence de Mahomet publié chez Gallimard et qui a quitté la sélection du prix au premier tour.

Mais bon, Syngué sabour que je viens de lire prouve qu’il ne démérite pas son prix. Il est facile et très agréable à lire, usant d’un style à la fois puissant et poétique, n’hésitant pas à flirter avec le cru sans tomber dans la vulgarité, chose que l’auteur a pu faire en écrivant en français (c’est la première fois qu’il écrit en français, et il le fait bien). Contrairement à sa langue maternelle persane (comme ça aurait pu être le cas avec l’arabe), le français permet à ce genre d’auteur plus de liberté et de facilité à écrire ce que la pudeur rend difficilement exprimable dans la première. Vous le devinez probablement, il s’agit surtout de la manière d’aborder les sujets tabous tels que la sexualité et/ou le blasphème, et qui sont difficilement abordables dans les sociétés dont sont issus les auteurs (proche/moyen/extrême) orientaux, ou nord-africains (comme chez moi en Algérie).

atiq rahimiSyngué sabour est l’histoire d’une femme s’adressant à son mari qui lui a été rendu à l’état de légume après une bagarre qui avait mal fini. Abandonnée de tous, elle est là, à le prendre en charge, lui parlant de tout et de rien, lui qui ne lui avait pas laissé l’occasion de s’exprimer quand il était valide. Mais le voilà tétraplégique, ne bougeant rien, pas même ses yeux ou ses paupières. Et devant son absence totale de réaction, elle va à chaque plus loin dans ses confidences et ses secrets. Elle le prend finalement pour une Syngué sabour, cette pierre magique à qui l’on confie ses secrets et ses tourments, et qui, si elle explose, délivre le confesseur de ses problèmes.

Atiq Rahimi fait preuve également d’une sensibilité, j’ai envie de dire presque féminine. Déjà, du fait que le personnage principal soit une femme qui s’exprime seule (ou presque, car on ne le sait pas vraiment avant la fin de l’histoire), presque en tant que narratrice à la première personne, et l’auteur (à mon avis) a su pénétrer son intimité, en profondeur mais sans vulgarité proprement dite, grâce notamment à un français bien maitrisé.

Syngué sabour d’Atiq Rahimi aux éditions folio, février 2010

ISBN-10: 2070416739

144pages

5.65€

Fiche du roman : J’aurais voulu être un escargot de Souad Labbize


j'aurais voulu être un escargotAuteur: Souad Labbize

Titre: J’aurais voulu être un escargot

Edition: Seguier Editions / avril 2011 (200 pages)

Quatrième de couverture: « Partir ou rester à Tounjaz Miracle ? Comment vit une fillette dans l’espace étroit de liberté que lui laissent les hauts murs d’une maison fermée sur elle-même et l’éducation étouffante de la société qui subit l’assaut de l’intégrisme religieux ? Devenir soi-même, découvrir le monde extérieur et sa propre intimité, résister aux désirs des hommes qui étouffent l’enfant. La narratrice se fraye un chemin solitaire pour devenir femme dans la chaleur éclatante d’un pays où l’enfermement, les odeurs de jasmin et le goût des montécaos se mêlent en une douceur terrifiante. Tounjaz Miracle…le miracle s’accomplira-t-il pour la fillette enfermée dans les hauts murs de la tradition et en quête de son identité et de sa liberté? Ou lui faudra-t-il partir, comme lalla Noubia qui s’est révoltée contre les coutumes injustes de sa tribut, s’arracher aux douceurs et aux goûts doux de l’enfance pour assumer sa féminité et son indépendance ? »

attachment

Souad LABBIZE, 45 ans enseignante de français, a vécu en Algérie et en Tunisie avant de s’exiler volontairement en France.

A très bientôt pour mon billet de lecture!!