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Gnawa diffusion, Le retour!


Le groupe Gnawa diffusion qui s’était séparé il y a quelques années, vient de se reformer pour notre plus grand plaisir et de ses fans, nombreux dont je fais partie. Mené par Kateb Amazigh, le digne héritier de son père Kateb Yacine. Les auteurs de la célèbre chanson Sabrina ou encore de la fameuse Ombre-elle (Je voudrais être un fauteuil) nous livre un album qui pète le feu. Avec des textes toujours aussi crus et parlants, sans la moindre pudeur hypocrite, l’album Shok el hal m’a conquis.

A noter une très belle reprise façon Gnawa diffusion de L’Auvergnat du poète français George Brassens, plus Ya Malika une chanson a capté mon attention, ainsi, et peut être même surtout, Malika boutahajiba (Malika voilée). Les voici ci-dessous.

L’auvergnat

Ya Malika

Malika moutahajiba

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Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari


J’ai longtemps attendu d’avoir ce roman entre les mains, bien avant l’attribution du Goncourt, et  je l’ai reçu grâce à l’amitié d’Abdelghani que je remercie chaleureusement, et qui m’a permis d’acquérir en plus de ce roman, Peste & Cholera de Patrick Deville.

J’avais gardé un bon souvenir du précédent roman de Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé mon âme (j’en parle ici) paru en Algérie chez Barzakh, bien qu’elle fût un peu difficile d’accès. Le sermon sur la chute de Rome est lui, beaucoup plus aisé à lire.

Dans un style fluide et très agréable, et d’une rigueur rare, un thème très humaniste et philosophique où des personnages d’une même famille se ressemble si peu, Jérôme Ferrari nous emporte à travers les continents et les époques, de la Corse bien sur d’où l’auteur est originaire, et où se déroule l’essentiel du roman, en banlieue parisienne où il est né et a vécu, et en Algérie actuelle (où il a enseigné un temps), ou celle du Vème siècle, dans la basilique d’Hippone (Aujourd’hui Annaba – où je vis moi-même depuis 5 ans à mi temps), après un détour en Afrique noire du temps de l’empire colonial français. Et tout cela se passe dans un agencement bien équilibré.

De ci de là, Ferrari semble avoir disséminé quelques détails autobiographiques entre plusieurs de ces personnages, notamment entre le personnage de Mathieu et de sa sœur Aurélie pour qui j’ai fini par avoir une grande sympathie et de l’attachement.

Revenons maintenant en Corse, dans ce fameux bar, où les deux « philosophes », démiurges rêvent de créer et d’entretenir une vie et un monde meilleur. Tout commence bien mais comme le titre y augure, une tournure moins réjouissante ébranle ce monde et aboutir à une fin.

Ce que je peux ajouter, même si je trouve que mon billet est assez pauvre, c’est que le roman peut, à travers sa manière d’aborder cette histoire, prétendre à une certaine universalité, et ce, à travers la fin de tout et de toute chose, aussi immuable et inévitable puisse-t-elle être, qui nous renvoie devant la fugacité de nous même. Les questions que tout être se pose, et la sérénité que les réponses y apportent ont-elles aucune valeur, devant la fin inéluctable et promise ? Cela nous renvoie à juger notre course frénétique vers nos buts de toute façon insatiables. Mais la vie ne cesse de se renouveler, dans un cycle aussi ancien qu’éphémère, et notre faiblesse (qui est aussi notre force) nous somme de nous accrocher avec égoïsme et aussi avec avidité à notre condition humaine de survivance et de renouvellement.

C’est bien, ce roman nous permet une remise en question, ainsi qu’une belle évasion. Le sermon sur la chute de Rome est un roman à lire absolument (n’écoutez pas Gérard Collard, qui lui, ne l’a pas apprécié. C’est bien sur son droit).

 Jérôme Ferrari a obtenu le prix Goncourt cette année pour ce roman.

Fiche de roman : Le sermon sur la chute de Rome de Jéôme Ferrari


Auteur : Jérôme Ferrari

Titre : Sermon sur la chute de Rome

Edition : ACTES SUD éditions / août 2012 (202 pages)

Quatrième de couverture : « Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. A la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en « meilleurs des mondes possibles ». mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre. Entrant, par-delà les siècles, en résonnance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne  les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies ».

Né à Paris en 1968, Jérôme Ferrari, après avoir enseigné en Algérie puis en Corse, s’apprête à occuper un poste à Abou Dhabi (Émirats arabes unis) à partir de septembre 2012.
Chez Actes Sud, il est l’auteur de cinq romans : Dans le secret (2007 ; Babel n° 1022), Balco Atlantico (2008), Un dieu un animal (2009, prix Landerneau ; Babel n° 1113), Où j’ai laissé mon âme (2010, prix roman France Télévisions, prix Initiales, prix Larbaud, grand prix Poncetton de la SGDL) et Le sermon sur la chute de Rome (2012).

 A suivre mon compte rendu de lecture!!

Neige d’Orhan Pamuk


Il y a des auteurs qu’on lit pour apprendre, d’autres pour leur poésie ou leur humour et d’autres pour tout à la fois. Il y a de cela dans ma découverte d’Orhan Pamuk. Elle tient de ces choses qu’on ne regrettera jamais, et ces rencontres livresques qui deviennent des rendez-vous qu’on ne raterait pour rien au monde.

Neige est le premier roman turque que je lis. Au-delà de la bonne pioche, il s’est agi à la fois d’une découverte d’une littérature (en l’occurrence turque) et d’un auteur, Orhan Pamuk, lauréat du prix Nobel de littérature 2006. Neige est à la fois une longue leçon d’histoire et de géopolitique de la Turquie – leçon passionnante- et aussi une étude approfondie de la société turque modeste, à l’image de la société de la ville de Kars, la ville frontière, haut perchée dans les contrées orientale de la Turquie. Dans un style limpide comme de l’eau de roche, Orhan nous balade dans les rues étroites de Kars, sur les pas de Ka (diminutif de Kerim Alakusoglu), poète turque et ami de l’auteur.

Le mode de narration est assez innovant je trouve. Durant la quasi-totalité du roman, nous suivons à la troisième personne le personnage de Ka, avec de rares utilisation de la première personne, où l’auteur et narrateur Orhan Pamuk (car il fait parti du roman), s’adresse à nous directement, un peu à la manière de Woody Allen dans ses films, exercice qui nous permet de ressentir une certaine proximité avec l’auteur.

La structure du roman elle, est aussi très efficace. Je résume : arrivé dans une ville modeste et isolée, Ka s’intéresse en tant que journaliste aux futures élections locales de Kars, et à un phénomène inquiétant que constitue une vague de suicide parmi les jeunes filles de la ville. Auréolé de sa renommé, les sollicitudes se multiplient à son égard par différents personnalités ou personnages locaux, qui cherchent en lui un appui, sinon une médiatisation, jusqu’à ce qu’une représentation théâtrale tourne au carnage et à l’insurrection. Tout cela pendant que la ville est coupée du monde car toutes les routes sont fermées à cause de la neige.

Plusieurs courants s’affrontent et s’allient les une contre les autres, dans une Turquie qui a connu plusieurs coups d’états militaires. Il y a les islamistes (plus au moins modérés) qui militent pour l’entrée de l’islamisme dans la gestion politique, les kurdes longtemps (et toujours ?) réprimées qui peinent à exprimer leur identité kurde, et les laïcs, héritiers du fondateur de la république de Turquie, Mustapha Kemal Atatürk, et qui sont constitués par une majorité de l’armé turque et nombre de partis politiques laïcs. Mais pour Ka, il y a aussi l’amour, celui d’Ipek qu’il est venu conquérir sans trop se l’avouer au début, et qui subitement devient une sorte d’obsession névrotique.

Tout le roman se déroule en trois ou quatre jours, ce qui est énorme pour 625 pages, et cela s’explique par une richesse incroyable. Sont abordés par les divers intervenants le théâtre, la politique, la vie religieuse (celle d’un islamiste qui se sent athée et celle d’un athée qui semble recouvrer la foi), la poésie et sa structuration dans l’esprit de Ka (surtout), le journalisme et son fonctionnement, l’histoire avec une multitude de points de vue… tout cela est abordé sans un pet de redondance, pas une seule fois on ne s’ennuie, tellement la narration est portée d’une main habile. Du suspens haletant aux rebondissements inattendus, tout ça sans en faire trop aux personnages hauts en couleur, attachants, maladroits et surtout humains. Je pense que l’une des forces du travail d’Orhan Pamuk est qu’il traite de l’humanité de l’être. Il le responsabilise mais ne l’accable pas.

Moi je dis chapeau bas l’artiste.

Roman lu dans le cadre du challenge Tour du monde organisé par Livresque (qui ne donne plus de signe de vie, si quelqu’un a des nouvelles? )

Pays N°30/50 Turquie.

Fiche du roman : Neige de Orhan Pamuk


Titre: Neige

Auteur: Orhan Pamuk

Edition: folio / mars 2007 (640pages)

Quatrième de couverture: « Le jeune poète turc Ka – de son vrai nom Kerim Alakusoglu – quitte son exil allemand pour se rendre à Kars, une petite ville provinciale endormie d’Anatolie. Pour le compte d’un journal d’Istanbul, il part enquêter sur plusieurs cas de suicide de jeunes femmes portant le foulard. Mais Ka désire aussi retrouver la belle Ipek, ancienne camarade de faculté fraîchement divorcée de Muhtar, un islamiste candidat à la mairie de Kars. À peine arrivé dans la ville de Kars, en pleine effervescence en raison de l’approche d’élections à haut risque, il est l’objet de diverses sollicitudes et se trouve piégé par son envie de plaire à tout le monde : le chef de la police locale, la sœur d’Ipek, adepte du foulard, l’islamiste radical Lazuli vivant dans la clandestinité, ou l’acteur républicain Sunay, tous essaient de gagner la sympathie du poète et de le rallier à leur cause. Mais Ka avance, comme dans un rêve, voyant tout à travers le filtre de son inspiration poétique retrouvée, stimulée par sa passion grandissante pour Ipek, et le voile de neige qui couvre la ville. Jusqu’au soir où la représentation d’une pièce de théâtre kémaliste dirigée contre les extrémistes islamistes se transforme en putsch militaire et tourne au carnage.  Neige est un extraordinaire roman à suspense qui, tout en jouant habilement avec des sujets d’ordre politique très contemporains – comme l’identité de la société turque et la nature du fanatisme religieux –, surprend par ce ton poétique et nostalgique qui, telle la neige, nimbe chaque page. »

Orhan Pamuk est né en 1952 à Istanbul. Il a fait des études d’architecture, de journalisme et a effectué de longs séjours aux États-Unis (Université d’Iowa, Université de Columbia). Il est l’auteur notamment du Livre noir, prix France-Culture 1995, de Mon nom est Rouge, prix du Meilleur livre étranger 2002, de Neige, prix Médicis Étranger en 2005 et prix Méditerranée Étranger 2006, et d’Istanbul. Son œuvre est traduite en quarante langues. Il a reçu le prix Nobel de la littérature en 2006.

Ce billet est réalisé dans le cadre du Challenge tour du monde, organisé par Livresq

Pays N°30/50: Turquie. 

Un peu de d’auto promo!!


Vient de voir le jour, une page Facebook, pour suivre ce modeste (et avouons le tout de suite, magnifique et brillant) blog, que vous pouvez suivre (et vous y êtes invitez, non carrément pitiéééééééééééééééééhhh aimez ma page Facebook) ici.

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L’inspecteur Ali et la CIA de Driss Chraïbi


Titre: L’inspecteur Ali et la CIA

Auteur: Driss Chraibi

Edition : Points éditions / novembre 2011 (198 pages)

Quatrième de couverture: « Après une nuit d’amour et la récitation de vers de Mallarmé, l’inspecteur Ali est convoqué par la C.I.A. à l’ambassade américaine de Casablanca. Un tueur qui supprime ses commanditaires s’est évaporé à l’aéroport Mohammed-V. Sa particularité ? Des doigts fuselés aux ongles vernis rose thé. Avec un million de dollars, les pleins pouvoirs et l’aide de sa tendre Sophia, Ali enquête par-delà les océans. »

L’inspecteur Ali fut ma première expérience littéraire avec Driss Chraïbi. Je l’ai lu il y a fort longtemps et je ne m’en souviens pas bien, mais je me souviens de m’être superbement amusé. J’ai lu également Une enquête au pays, et me souviens d’avoir pensé que ça ferait un excellent film. Une production du genre l’Inspecteur Tahar aurait été intéressante à mon avis.

Dans ce roman, l’inspecteur à des traits de personnalité avec Patrick Jane, le héros de la série américaine The Mentalist, mais en marocain. Amoureux de poésie, de sa femme et de bonne bouffe, il sillonne la terre à la recherche d’un meurtrier international, une sorte de John Le Rouge qui a des ongles vernis rose thé. Franchement, plus j’avançais dans ma lecture, plus je pensais que The Mentaliste en est une adaptation.

L’enquête nous mène à travers l’Europe et aux Amériques et se termine (trop vite) au bord de l’Atlantique Sud comme dirait l’autre, au Maroc. J’invite tout le monde à lire et relire Driss Chraïbi, sa vision décalée de la vie, de nos sociétés multiples à travers son spectre particulier, celui de l’humour (ou plutôt de Son humour!!).

Ah Driss Chraïbi! J’ai été vraiment triste en 2007, en apprenant sa mort, le premier avril. A-t-il voulu nous faire un poisson d’avril, dans un souci de fidélité à son sens de l’humour sur-développé? Je le soupçonne fort. Il fait parti de ces personnalités, et personnes qu’on a espoir de rencontrer un jour, et d’en être liés d’amitié. Cet espoir s’est évanoui un premier avril.

Né en 1926, Driss Chraïbi est l’un des plus grands écrivains marocains de langue française. Il a reçu de nombreux prix. Une enquête au pays, La Mère du printemps et Naissance à l’aube sont disponibles en Points.