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Le guerrier solitaire de Henning Mankell


Auteur: Henning Mankell

Titre: Le guerrier solitaire

Edition: Points éditions Octobre 2000 /560pages

Quatrième de couverture: « Dans la chaleur intenable de l’été 1994, une jeune fille s’immole par le feu dans un champ de colza. Le lendemain, un ancien ministre est tué à coup de hache. C’est le début d’une série de meurtres terrifiants. Quel est le lien entre tous ces morts? La police d’Ystad, menée par Kurt Wallander, entame une course contre la montre pour arrêter le tueur… avant qu’il ne frappe à nouveau »

Ceci n’est pas ma première expérience avec Henning Mankell. J’avais précédemment lu et été conquis avec Les chaussures italiennes, mais il s’agit là de mon premier policier de Mankell, et son célèbre personnage Kurt Wallander.

J’ai été un peu déçu, car au delà de l’intrigue policière, ce roman, n’a pas selon moi, les spécificité du roman noir. J’ai trouvé qu’il tournait surtout autour du personnage de Wallander, plutôt qu’explorant la société suédoise. Je ne porte bien sûr là pas de jugement sur l’œuvre policière de Mankell, je pense juste que c’est probablement une spécificité de ce roman.

Wallander sent qu’il vieillit. Il voit aussi, et cela le retourne plus, son père vieillir, et vieillir mal. Il se compare à son père, y voit une partie de sa destinée, chose qui ne l’enchante pas trop. Il voit ses capacités physiques commencer leurs déclins, son ventre prendre ses aises… Sa situation familiale le préoccupe aussi, sa relation avec sa fille, qu’il voit devenir adulte (chose qui le vieillit un peu plus), sa relation amoureuse loin d’être stable…

Le style Mankell reste l’ingrédient succulent de sa recette, qui, il faut l’avouer fonctionne très bien. Ce roman est mon premier, et certainement pas mon dernier Wallander.

Né en 1948, Henning Mankell partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. Lauréat de nombreux prix littéraires, célèbre pour ses romans policiers centrés autour de l’inspecteur Wallander, il est aussi l’auteur de romans ayant trait à l’Afrique ou à des questions de société, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse

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Le bus dans la ville de Yahia Belaskri


Auteur: Yahia Belaskri

Titre: Le bus dans la ville

Edition: Vents d’ailleurs 2008, APIC éditions pour la présente édition, pour l’Algérie.

Quatrième de couverture:« Une famille, un quartier, toute une ville prend corps à travers le regard d’un homme qui, traverse la ville de son enfance et de sa jeunesse. L’Algérie est là, elle s’impose, exigeante et intransigeante. Les voisins, les amis, la famille, les premiers amours, les professeurs, les poètes et les révolutionnaires, les hardis et les lâches, les idoles et les effacés, chaque personnage transporte un morceau de la ville, donne le goût de la vie ou succombe au désespoir, à la désillusion, se fait poète et dramaturge. En filigrane, les petites histoires reflètent la grande et font écho avec elle. La ville reste, tantôt laide tantôt attachante, l’unique point points de repère spatial, le temps s’amenuise entre réel et imaginaire, entre le temps des souvenirs et le maintenant retrouvé. »

Le récit, intime et poétique, commence par des souvenirs d’enfance. Des souvenirs d’enfant. Joliment racontés, ces personnages presque mythiques, souvent ivres, se dessinent dans notre mémoire, comme si nous les avions personnellement connus. L’ivresse et le scandale  qui les suit de sa voix roque et explosive. J’ai cru reconnaitre parmi eux, des personnages de mon enfance.

Le personnage le plus marquant de ce roman reste la ville, que l’auteur ne nomme pas, et qu’il traverse tout au long du récit, dans ce bus. Il semble la vénérer cette ville, la craindre et des fois, s’en révulser. C’est un peu ce que je ressens de l’Algérie toute entière, car à mon avis, cette ville, c’est  l’Algérie. L’Algérie de la fin des années 1980, et des années 1990. Une Algérie que j’ai peu connu vu mon âge, et dont j’entends parler, et dont j’apprends l’histoire.

Je me posais des questions sur cet auteur algérien, très discret en Algérie, et peu connu, et qu’Alain Mabanckou évoque souvent sur son blog. Je me souviens qu’il avait compté la sortie du roman en 2010 (Si tu cherche la pluie, elle vient d’en haut – Editions Vents d’Ailleurs pour la France, APIC éditions pour l’Algérie), parmi ses 7 livres les plus attendus, et les plus appréciés. Après la lecture de ce petit roman, je le comprends.

Yahia Belaskri est sans aucun doute, l’un des auteurs algériens les plus talentueux. A suivre avec beaucoup d’attention, mais surtout, beaucoup de plaisir.

Yahia Belaskri est né à Oran (Algérie). Après des études de sociologie, il est responsable des ressources humaines dans plusieurs entreprises algériennes puis se tourne vers le journalisme. Un an après les émeutes d’octobre 1988, il décide de s’installer en France. A travers de nombreux articles, des essais et des nouvelles ainsi que sa participation aux travaux de recherches sur la mémoire de la Méditerranée, il pose un regard critique empreint d’un profond humanisme sur l’histoire de l’Algérie, de la France et des rapports si complexes entre ces deux pays.

La grammaire est une chanson douce d’Erik Orsenna


Auteur: Erik Orsenna

Titre : La grammaire est une chanson douce

Edition: Le livre de poche éditions

Quatrième de couverture : « « Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t’aime.
Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu’elle nous parlait :
– Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
– Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied.
Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.

Tout le monde dit et répète « Je t’aime ». Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. » »

La grammaire est chanson douce, ou petit éloge de la langue française. Ce petit roman, doux et joyeux nous mènent là où petits, nous rouspétions, râlions peut être à l’image peut être de ce naufrage que vivent les petits personnages du roman, au monde compliqué et inextricable de la grammaire française. Mais à présent, avec élégance et érudition, Mr Orsenna que j’admire beaucoup, nous fait découvrir, ou redécouvrir la grammaire. D’une manière ludique, fort sympathique et amusante, notre ami immortel nous balade sur cette île surréaliste, côtoyant noms, adjectifs et verbe… pour réapprendre le français, ou plutôt le voir d’un œil nouveau.

Le livre se lit tout seul, et le sourire s’imprime sur votre visage de la première à la dernière page.

J’ai découvert cet auteur sur un documentaire « empreintes » diffusé sur France5, où l’on découvre un homme à la curiosité immense, et à l’appétit de l’apprentissage insatiable, doué d’un humour et une sympathie sans égale.

Je conseille vivement et à tout le monde, cette lecture facile, et « facilitante », car comme je l’ai dit plus haut, elle nous  permet de voir autrement. Et plus simplement.

Erik Orsenna, de son véritable nom Erik Arnoult, est un romancier et académicien français, né le 22 mars 1947 à Paris. Son pseudonyme, Orsenna, est tiré d’un roman de Julien Gracq : c’est le nom de la vieille ville du Rivage des Syrtes.

Mille soleils splendides de Khaled Hosseini


Auteur: Khaled Hosseini

Titre : Mille soleils splendides

Editions: 10/18 éditions,

Quatrième de couverture: « Forcée d’épouser un homme de trente ans son aîné, Mariam ne parvient pas à lui donner un fils. Après dix-huit années de soumission à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l’arrivée sous son propre toit de Laila, une petite voisine de quatorze ans. Enceinte, Laila met au monde une fille. D’abord rongée par la jalousie, Mariam va finir par trouver une alliée en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter de fuir l’Afghanistan. Mais parviendront-elles à s’arracher à cette terre afghane sacrifiée, et à leur ville, Kaboul, celle qui dissimulait autrefois derrière ses murs  » mille soleils splendides  » « 

Hosseini a utilisé dans ce roman des sentiments universels, ceux de l’amour et de l’amitié, et l’instinct de survie pour nous montrer à travers cette histoire tragique, son pays l’Afghanistan, et ce, à plusieurs échelles. A l’échelle sociétale d’abord, puis à une moindre échelle, celle de la cellule familiale.

La tragédie qui touche ces femmes afghanes est monstrueuse, femmes dominées par une misogynie incommensurable et innommable. L’auteur nous raconte à sa belle manière l’évolution de l’inégalité dont sont victimes les femmes afghanes. Depuis les années 1980 jusqu’à l’arrivée des talibans en 2000, où cette inégalité a pris une tournure ubuesque. Même la chirurgienne dans son bloc est tenu de garder sa burqa au sein du bloc opératoire, où il n’y a que des femmes.  Simple détail issu de l’imaginaire fécond de l’auteur, ou fait avéré retranscrit, j’aimerai bien le savoir.

La femme ne semble avoir aucune chance de s’en sortir dans cet Afghanistan là. Mais les deux héroïnes ne baissent pas les bras, et avec de la chance, de l’obstination et au prix de chers sacrifices, mais aussi grâce à la force que procure le sentiment amoureux un espoir semble poindre. Je ne sais pas s’il faut se laisser bercer par la fin optimiste de ce roman. L’auteur a bien sur la liberté de donner à son histoire le ton qu’il veut, et il n’y a rien de maladroit à cela, cependant, il faut dissocier entre l’optimisme romanesque, de ce livre, de ce qui se passe dans la réalité.

Ce roman est d’une actualité perpétuelle, dans le contexte politique actuel, où la laïcité et islamisme politique font débat. En pointant du doigt l’islam, à travers l’islamisme (notez bien la nuance entre les deux), notamment dans des discours de droite comme en France, les calculs politiciens électoralistes flirtent avec la xénophobie. Un autre contexte politique lui aussi, situé dans ces pays dits arabes post révolutionnaires, devrait appeler à une extrême prudence. Car les islamistes, avec les pseudos discours moralisateurs, finissent par imposer leur visions pas toujours en phase avec l’ère que nous vivons. Faut-il leur faire confiance ? Même s’ils se disent modérés ou pas, la lecture de ce roman invite à plus de réflexion et de prudences.

Khaled Hosseini est né à Kaboul, en Afghanistan, en 1965. Fils de diplomate, il a obtenu avec sa famille le droit d’asile aux Etats-Unis en 1980. Son premier roman, Les Cerfs-Volants de Kaboul, est devenu un livre culte et Mille soleils splendides connaît à son tour un succès international. Khaled Hosseini vit aujourd’hui en Californie.

Roman lu dans le cadre du challenge Tour du monde, organisé par Livresque.

Pays N°28, L’Afghanistan.

Le cantique de l’apocalypse joyeuse d’Arto Paasilinna


Auteur: Arto Paasilinna

Titre: Le cantique de l’apocalypse joyeuse

Edition: Collection folio octobre 2009 (390pages)

Quatrième de couverture: « Terre, XXI siècle. Partout le chaos. Alors que l’économie s’effondre, des hordes de miséreux sillonnent les continents. La Troisième Guerre mondiale est sur le point d’éclater… Pourtant, dans la forêt finlandaise, un havre de paix demeure. Là où, des années plus tôt, sur son lit de mort, un vieux communiste a chargé son petit-fils de construire une église en bois. Autour d’elle, une communauté de Finlandais délirants s’est peu à peu formée : ensemble ils revisitent les techniques de subsistance de leurs ancêtres, loin d’un monde en déconfiture. Avec un humour ravageur, Arto Paasilinna plaide pour une vie plus proche de la nature, sans les diktats de la société de consommation. « 

Je n’ai jamais été séduit par les romans d’anticipation jusque là. Me passent par la tête Gonzo Lubitsch de Nick Harkaway que j’ai lu voilà plusieurs mois, et Aux états-unis d’Afrique d’Abdourahman Waberi, lu plus récemment. Ceux-ci avaient leurs qualités et leurs défauts, mais pas la précision d’Arto Paasilinna dans ce roman là.

Quelque part en Finlande, un homme vieillissant, communiste et brûleur d’église de conviction, lègue sa fortune immense à une association funéraire que sont petit-fils devra monter, afin de construire une église. A travers l’aventure de que ce petit-fils du nom d’Eemeli vivra dans la construction de la dite église, une communauté, une communauté prend forme, et vit en autonomie du reste du monde qui vit lui, un chaos apocalyptique. Cette communauté, constituée au début de finlandais quelque peu rustres et maladroits, finissent par avoir l’efficacité nécessaire à une vie en autarcie, en osmose avec la nature.

Arto Paasilinna a su dans ce roman décortiquer avec acuité et beaucoup d’humour,  les défauts de nos sociétés dites modernes, et notre (nous faibles et vils êtres humains) capacité ahurissante de scier la branche sur laquelle nous sommes installés. Le capitalisme outrancier, qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres, chose que nous vivons actuellement, mènera-t-il, à une troisième guerre mondiale catastrophique comme dans ce roman?

La solution me diriez-vous ? Paasilinna nous l’apporte, sans prétention, ni ton sentencieux. Une vie à proximité de la nature qui nous entoure, où les ressources sont seulement des moyens pour vivre, non pas une cause de luttes, de guerres et de conflits.

Arto Paasilinna est un auteur à lire avec beaucoup d’attention et d’application.

Je remercie énormément Brigitte M, qui m’a offert ce bouquin. Mes pensées les plus chaleureuses vont à elle.

Livre lu dans le cadre du challenge Tour du monde, organisé par Livresque.

Pays N° 27. La Finlande.

Extrai de lecture #02, Le cantique de l’apocalypse joyeuse d’Arto Paasilinna


« Si Dieu avait voulu que l’homme convoite sans fin la richesse financière, il l’aurait doté, en le créant, d’un sac spécial pour y ranger l’argent et les marchandises, à l’instar de la poche ventrale des kangourous. »

Le cantique de l’apocalypse joyeuse d’Arto Paasilinna.Collection Folio N°4988. Année 2009