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Le serrurier volant de Tonino Benacquista et Tardi


Auteurs: Tonino Benacquista et Tardi

Titre: Le serrurier volant

Edition: éditions Estuaire 2006 (150 pages)

Quatrième de couveture: « – Je suis enfermé dehors.

Après trois ans de métier, Marc ne relevait plus les phrases toutes faites, et celle-là était la plus courante. Il se contentait de saisir son matériel et d’enfourcher son scooter pour voler au scours du client… »

J’ai découvert Benacquista dans l’émission La grande librairie, à l’occasion de la sortie de son roman Homo Erectus. Les commentaires semblaient dithyrambiques, et le nom de l’auteur en jetait, et sa tête inspirait de la sympathie.  Ce qui m’a donné la curiosité et l’envie de le lire.

Le serrurier volant est l’histoire de Marc, un homme qui se voulait sans histoire. (Notez le jeu de mot :p). Tout ce qu’il désire c’est profiter des délices que peut lui offrir une vie tranquille et routinière, entrecoupée des visites de Magali son amour d’adolescent. Mais la vie a cette part de mystère qu’on ne peut prévoir, et les conséquences d’actes soudains peuvent chambouler complètement l’existence, comme le démontre Benacquista avec l’histoire de Marc.

De fil en aiguille, Marc adopte le métier de serrurier. Devenu noctambule, il arpente sur son scooter les rues de Paris qu’il fuyait avant, à la rescousse de personnes enfermées dehors, fuyant ainsi son propre enfermement. L’agression dont il a été victime pendant son boulot précédent, l’accident comme il l’appelle, a complètement changé sa vie. Il ne recouvre sa tranquillité que par le truchement de son circuit, de client en client, et par le sentiment d’indépendance que cela lui procure.

L’humour chargé d’ironie et de glauque de Benacquista, uni aux croquis sombres et glaciaux de Tardi, procurent à cette œuvre particulière une ambiance noire et un aspect décalé que j’ai beaucoup apprécié.

A la cliente à qui il explique qu’il ne sera pas aisé de forcer le type de serrure qu’elle possède, et qui a la bonne idée de dire que les voleurs y arrivent bien, eux, il répond au tac au tac : « faites appelle à un voleur! ». Bref, j’aime beaucoup!

Je remercie Pimprenelle qui a choisi Benacquista pour la découverte de ce mois ci, en réponse à ma suggestion. et je remercie surtout Cathy Tulisquoi qui m’a envoyé cet exemplaire ainsi qu’un autre roman de Benacquista Saga, que je lirai prochainement.

Lu également du même auteur : Tout à l’égo

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Iran, les rives du sang de Fariba Hachtroudi


Auteur: Fariba Hachtroudi

Titre: Iran, les rives du sang

Edition: Points Février 2001 (316pages)

Quatrième de couverture: « Une vieille femme est morte mystérieusement à Téhéran. Depuis Paris où elle est réfugiée, sa fille guide l’enquête d’un policier à travers les venelles d’une société que la dictature religieuse a rendu folle. Entre tant de personnages taraudés par la peur et la douleur, en quête d’espoir et de liberté, on n’oubliera pas la figure de la doctoresse Narguesse qui lit dans le ventre des femmes les convulsions du monde.

Roman inspiré, roman de combat soulevé par le souffle de la révolte, ce livre va bien au-delà du témoignage.

Ecrit en français par une Iranienne, ce roman chargé de fureur et de dérision nous entraîne au cœur de l’Iran contemporain« 

Ce livre, à l’écriture bien maitrisée, au style fluide et rythmé, m’a posé beaucoup de problèmes. Déjà, et ce n’est pas la faute du livre, j’avais très peu de temps pour lire, raison pour laquelle sa lecture m’a pris quasiment un mois. Mais ce qui m’a vraiment gêné, c’est l’ambiance misogyne et phallocrate dans laquelle évoluent les personnages iraniens du roman.  Fariba Hachtroudi se voulait dénonciatrice, et j’adhère complètement à son message, mais je vois et je vis dans cette ambiance là, ici en Algérie, et le livre ne m’a appris finalement pas grand-chose. Raison pour laquelle je me suis pas mal ennuyé.
En effet, en Algérie, il n’y a pas de mollah, mais derrière la mentalité de l’algérien lambda surtout  (mais de l’algérienne aussi bien que moins souvent), se cache un mollah qui traite de pute la jeune qui porte une jupe… La femme pose problème dans ma société! (mais la réalité est que c’est la société qui rend difficile la vie des femmes). Et le problème est le suivant: la société algérienne (tout comme l’iranienne dans ce roman) considère la femme comme un sexe féminin, et non pas comme un être humain à part entière. J’ai commencé à comprendre ça un jour alors que je travaillais comme vendeur en pharmacie. Un homme se présente pour acheter des médicaments pour sa femme. Il me le dit de la manière suivante: « c’est pour hachak ma femme ». Hachak est utilisé en arabe pour dire « sauf votre respect », généralement quand on parle de quelque chose considéré dégradant. Parler du chien par exemple, de matière fécales ou d’urine, ou d’une partie anatomique intime.
Pour revenir à l’objet de ce billet, je dirai que pour apprécier la valeur littéraire de ce roman, il faut que le lecteur soit étranger à cette mentalité, pour que le message qu’il veut transmettre puisse passer.

Fariba Hachtroudi est une journaliste et écrivaine iranienne née à Téhéran en 1951. Après des études d’archéologie en France, elle enseigne un temps à l’université de Colombo (Sri Lanka). Elle est la fille du mathématicien Moschen Hachtroudi dont elle a repris le combat pour la démocratie à son retour en France en 1983.

Lecture faite dans le cadre du challenge Tour du monde, organisé par Livresque.
Pays N 24 l’Iran.