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Enterrez-moi sous le carrelage de Pavel Sanaïev


Auteur : Pavel Sanaïev

Titre : Enterrez-moi sous le carrelage

Edition : 10/18 éditions. Avril 2010 (266pages)

Quatrième de couverture : « interdiction de suer, de quitter son collant, d’avaler tout rond ! Bienvenu dans le monde de Sacha, neuf ans, élevé par sa grand-mère moscovite. Mélange explosif de folie douce et d’amour écrasant, cette redoutable gorgone veille sur son petit-fils, tout en le couvrant d’injures et en le gavant de médicaments. Au tableau familial, un grand-père prié de ne pas contredire et une mère déclarée persona non grata ! Sacha n’a guère d’autres choix que d’attendre et d’obéir. Imaginant d’improbables vengeances, il guette l’instant où le rêve basculera dans la  réalité. Un grand roman de l’absurde aux accents gogoliens. »

La présente histoire nous plonge dans le quotidien bien morne d’un petit garçon presque tout le temps malade, et qui vit et subit les affres d’une grand-mère tyrannique. Tyrannique est bien le mot adéquat, bien que je n’aie pas le souvenir de l’avoir rencontré une seule fois pendant ma lecture. Cette grand-mère impose à ce pauvre Sacha peur, terreur, amour et chantage affectif, souffrant de délires paranoïaques, elle essaie, bon gré mal gré, de l’y entrainer avec elle. Cette mamie est malade, et impose sa tyrannie hégémonique à tout le monde. Il ne fait pas bon du tout se trouver sur son chemin.

Le livre est super bien écrit, raconte sans tomber dans la lassitude des évènements quotidiens, récurrents, pour expliquer le fonctionnement de cette relation pathologique qu’impose le personnage de la mamie à tout son entourage, à laquelle aucun courage ne suffit pour l’affronter, à part celui de couper définitivement les ponts.

Le personnage de l’enfant, le narrateur en l’occurrence, m’a inspiré beaucoup de sympathie au début, puis au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire, de l’effroi puis de la pitié. Et ça m’a beaucoup dérangé. Amusé au début, j’ai été assez mal à l’aise vers la fin, pour finalement être délivré. Délivré non du livre, mais pour le devenir du petit garçon. Je crois, que dans ce cas présent (et uniquement) , qui est extrême (il faut le dire), la fin de cette histoire, peut être considérée comme une happy end.

Je remercie énormément Cathy pour cette découverte. Elle en parle ici.

Né à Moscou en 1969, Pavel Sanaïev est l’un des réalisateurs et des scénaristes les plus prometteurs de la nouvelle génération de cinéastes russes. En 2002, il écrit le scénario de son premier long métrage, The Last Week-End, thriller mettant en scène une jeunesse moscovite privilégiée. Enterrez-moi sous le carrelage, véritable succès en Russie, a fait de lui l’un des. auteurs. phares de la nouvelle littérature russe.

Lecture rentrant dans le cadre du Challenge Tour du monde, organisé par Livresque.

Pays N°20 : La Russie.  Prochaine étape: Le Chilie

Les amants du Spoutnik de Haruki Murakami


Auteur: Haruki Murakami

Titre: Les amants du Spoutnik

édition: 10-18 Octobre 2004 (270 pages)

Quatrième de couverture: « K. est amoureux de Sumire, mais celle-ci n’a que deux passions : la littérature et Miu, une mystérieuse femme mariée. Au sein de ce triangle amoureux, chaque amant est un satellite autonome et triste, et gravite sur l’orbite de la solitude. Jusqu’au jour où Sumire disparaît… Les Amants du Spoutnik bascule alors dans une atmosphère proprement fantastique où l’extrême concision de Murakami cisèle, de façon toujours plus profonde, le mystère insondable de l’amour.  » Ceux qui n’ont jamais lu cet auteur-culte au Japon découvriront une langue limpide, fluide, presque éthérée, une manière diaphane de raconter une histoire en semblant effleurer les choses et les êtres. Jusqu’à ce qu’un incident, un souffle, brouille la surface et nous entraîne vers les profondeurs indéterminées de l’onirisme.  » Pierre Sorgue, Télérama « 

Il faut arriver à la fin du livre pour constater que, derrière cette histoire avec ses trois protagonistes, a une composante très métaphysique. Ces trois personnages s côtoient, se connaissent entre eux plutôt bien, mais cherchent individuellement à se connaitre soi-même. Personnellement, je me suis reconnu dans le personnage de K. le narrateur, et un peu dans Sumire, mais très peu.

Dans un style beau, simple, qui flirte avec l’irréel et le fantastique vers la fin, l’auteur japonais peint trois tableaux humains, les pénètre profondément pour mieux nous les offrir, sonde l’âme humaine, perturbée de questions existentielles. N’était pas amateur de mangas, je me méfiais un peu de ce côté fantastique assez caractéristique des mangas, et dont parlait la quatrième de couverture, mais ça a été agréable finalement.

Haruki Murakami souligne avec brio les souvenirs d’enfance de ses personnages, dont la beauté nostalgique que nous aimons tous, souvent sans savoir les nommer, leurs donne une dimension presque religieuse, sinon solennelle.

Le style m’a beaucoup séduit. C’est mon premier Murakami, et je remercie intensément Cathy pour cette découverte.

Contrairement à certains, j’ai beaucoup aimé la couverture de cette édition, que j’ai trouvé en total accord avec la personnalité de Sumire, et de l’image que je me fais des nuits japonaises dans les grandes villes de ce pays, riche en couleur, et en vitesse.

Haruki Murakami est né à Kobe en 1949. Après avoir étudié la tragédie grecque, il ouvre un club d jazz à Tokyo avant de se consacrer à l’écriture. Pour échapper au conformisme de la société japonaise, il rêve d’Amérique, raison pour laquelle il devient le traducteur de Fitzgerald et de Carver. Il rencontre le succès dès son premier roman paru au Japon en 1979, Écoute le chant du vent, pour lequel il reçoit le prix Gunzo. Après la publication de plusieurs ouvrages – La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l’impossible, Danse, danse, danse, ou encore L’éléphant s’évapore -, il s’expatrie, en Grèce et en Italie, puis aux États-Unis. Il enseigne la littérature japonaise à Princeton et entame l’écriture d’Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil. En 1995, après le séisme de Kobe et l’attentat de la secte Aum, il rentre au Japon et publie Après le tremblement de terre. Il a depuis publié deux romans : Les Amants du Spoutnik et Umibe no Kafka (Kafka au bord de la mer), paraître aux éditions Belfond en 2005.

Pays N° 19: Japon Prochaine escale : Russie.

Les nouveaux rois du dessins de presse


Depuis la révolution tunisienne, et la libération de la presse tunisienne, deux nouvelles plumes se sont révélé à nous, à moi à travers Facebook. Donc, voici mes deux coups cœurs, du moment: Willis et Selmen.

La Lamentation du prépuce de Shalom Auslander


Auteur : Shalom Auslander

Titre : La Lamentation du prépuce

Edition : 10-18 Aout 2009 (306pages)

Quatrième de couverture : « Jeune époux et futur papa, Shalom pourrait être le plus heureux des hommes. Mais l’enfance peut commettre bien des ravages… Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il en a gardé une vision très personnelle du  » Tout-Puissant  » et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans que cela dure. Trente-cinq ans d’une relation complexe, faite d’incompréhension et de pure terreur. Alors, à l’adolescence, Shalom s’est rebellé : gavage de hot dogs, lectures pornos… Et il a attendu, tremblant, le châtiment divin. Mais rien… Aujourd’hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé. Partagé entre son désir d’émancipation et sa peur maladive de Dieu, le voilà confronté à l’agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ? »

Le personnage se retrouve coincé dans une névrose sans précédent. Victime d’une éducation juive orthodoxe extrémiste, d’une succession d’exagérations, son raisonnement part complètement en cacahuète, persuadé que le Bon Dieu –le très haut, Ce Salaud !- le persécute. « Tu penses vraiment qu’Il te persécute ? lui demandent à tour de rôle sa femme Orli et Ike son psychiatre. Les trouvant naïfs et ingénus, il leur dit, un petit sourire aux lèvres : Je ne le pense pas, je le sais ! On le sent bien au fil des pages, Shalom a une tandance à la culpabilité pathologique, une propension à l’expiation qui tout sauf normale. Poussée à l’extrême.

« En voiture un Shabbat ? Transgression majeure. Et ce n’est pas seulement que tu es dans une bagnole un samedi, tu es en plein processus d’intégration. Tu termines ce que Hitler a commencé », dit-il en milieu du livre.

Ce roman évoque exclusivement la culture juive, dont je ne connaissais que très peu de choses, l’algérien que je suis, ne compte aucun juif dans son entourage, et ce n’est pas du tout un choix personnel, mais trouver un juif qui ne se cache pas en Algérie, ça revient à trouver une prostituée en minijupe dans les rues de Kaboul. Je vis dans une société qui ne me ressemble pas, une société où hélas, juif est une insulte. Tout comme copte. La tolérance en Algérie, c’est quelque chose qui ne courent pas les rues.  Hélas ! Et ce roman, je pense, pourrait expliquer beaucoup de choses.

Donc, ce roman parle de culture juive, de son déroulement, de ses conséquences, et des conséquences de la propension aux extrémismes. Cela pourrait s’appliquer également à une société comme la mienne, comme je le disais plus haut. La pauvre société algérienne, qui après avoir flirté avec l’extrémisme islamiste, a enfanté 30 millions de Shalom, tant de névrotiques, de complexés et de malades. Je n’ai qu’à tendre l’oreille dans le bus, dans un café à la fac, pour écouter des discours hallucinés à la Shalom.

Shalom lui, tente de régler, ou peut-être, à peine identifier. En tout cas, il le transcende au prépuce de son fils qui va bientôt naître. Et chez nous ? Quand est-ce qu’on fera de même ? J’ai bien aimé la symbolique autour du prépuce. Symbolique bien que lubrique, reste sérieuse et chargée d’ironie. Exorciser ses démons religieux en coupant (à sa manière) le bout de prépuce de son fiston.

Je m’attendais à rire beaucoup plus, mais cela reste drôle. Drôle, ironique et bien que hautement blasphématoire, La Lamentation du prépuce est finalement une belle leçon de tolérance et un appel impérieux et désespéré au sang-froid.

 

Shalom Auslander est né à Monsey, dans l’Etat de New York, dans une famille juive orthodoxe. Nominé pour le prix Koret, il a publié des articles dans Esquire et The New Yorker. La Lamentation du prépuce est son premier livre. Il est également l’auteur d’un recueil de nouvelles, Attention Dieu méchant, paru aux éditions Belfond en 2009. Shalom Auslander vit à New York avec sa femme et leur fils. Site de l’auteur : http://www.shalomauslander.com

La Voleuse de vies de Gaël Chatelain


Auteur: Gaël Chatelain

Titre: La Voleuse de vies

Edition:***

J’ai découvert ce roman sur la blogosphère, l’auteur le propose sur un site internet que voici. Le livre est téléchargeable sur le site, moyennant un payement non-obligatoire. J’ai mis du temps avant de le lire, car il m’a fallu l’imprimer, chose qui ne fut pas facile devant l’âge avancé de mon imprimante. J’en ai mis du temps, donc, mais voilà, j’ai fini par le lire, et voici ce que j’en pense:

Dans cette histoire deux personnages féminins évoluent parallèlement, avec un léger décalage temporel dans la chronologie de l’histoire. deux femmes aux caractères antagonistes, se partageant souvent des même repères idéologiques, notamment judéo-chrétiens qui sont cités  à quatre ou cinq reprises, mais chacune pour ses propres raisons et d’une manière propre, souvent diamétralement opposée à celle de l’autre.

On retrouve dans ce livre, un mélange justement et habilement dosé de certitudes et de questions sans réponses, que l’on ne sait pas se poser à soi même. Cela donne à méditer sur certains détail de sa propre vie. Je trouve cela bien positif.

Il y a Marie, dont le couple bat de l’aile, et qui tente de trouver des solutions. Et il y a Clair, dont la vie est une succession d’aventures, et dont elle semble détenir les rênes, et lui donner la direction qu’elle souhaite, au gré des opportunités. Hakim, ce monsieur d’origine arabe, musulman et qui lui sert d’initiateur en quelque sorte porte bien son nom. Hakim veut dire le sage en arabe. C’est le mentor de Clair.

L’auteur s’est donné ici à un exercice périlleux pour un homme. A savoir,tenter de savoir ce que pensent les femmes des hommes. Je ne sais pas s’il y est arrivé, bien que je n’oserais sûrement pas le contredire. La question est tellement pointilleuse que donner une réponse définitive serait illusoire. Cela est dû à la complexité de l’être humain, et non pas à celle de la femme, ou celle de l’homme, et n’est en rien lié au sexe, mais bien à la nature humaine.

Internet occupe une place importante dans ce roman, notamment à travers l’utilisation des réseaux sociaux comme Facebook. Cela est certes très proche de la réalité, mais donne à l’œuvre, un côté virtuel pas très charmant. Aussi, les personnages flirtent parfois avec une multitude de clichés. Cela donne plus du réalisme à l’histoire, c’est vrai, mais diminue de sa force.

A un certain moment, Claire dit cette phrase, qui m’a rappelé une anecdote que je me dois de raconter. Elle dit: « Je suis peut-être au bord du gouffre, mais il n’est pas dit que je vais faire un grand pas en avant ».

 

L’anecdote est la suivante: Il s’agit d’un ancien ministre algérien, dont les discours étaient très attendus à la télévision nationale, pendant les années 80. Je ne me souviens pas du nom de ce ministre, je n’étais pas encore né à ce moment là, et c’est mon père qui m’a raconté certaines de ses phrases qu’il prononçait lors de ces fameux discours. Deux sont restée cultes. Les discours étaient de nature propagandiste, et étaient prononcé  sur un ton docte et solennel.  La première ressemble à celle cité par le personnage: Nous étions au bord du gouffre, et nous avons fait un grand pas en avant!!, et la deuxième: Notre économie était égale à zéro, nous l’avons multiplié par dix!


Même si sur cette photo, il semble faire un discour, il s’agit bien de l’auteur Gaël Chatelain, et non pas du dit ministre.

 

Le Cercle littéarire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows


Auteur: Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Titre: Le Cercle littéarire des amateurs d’épluchures de patates

Edition: NIL éditions

Quatrième de couverture: »Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey ? Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu’à leur lecteur idéal…
Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, un natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis – un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d’un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates…) – délices bien évidemment strictement prohibés par l’occupant. Jamais à court d’imagination, le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d’humanité – Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle – et même d’autres habitants de Guernesey –, découvrant l’histoire de l’île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l’impact de l’Occupation allemande sur leurs vies… Jusqu’au jour où elle comprend qu’elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l’invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu’elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais. »

WAW ! Quel roman !
Je dois dire qu’avant cette lecture, je me méfiais des romans épistolaires. J’en avais lu un étant adolescent, juste parce que le terme « épistolaire » que je trouvais très savant à l’époque, m’avait impressionné. Je dois avouer aussi qu’à cette époque, dans mon collège dans un coin perdu de l’Algérie, rares étaient mes camarades de classe qui comprenaient un traitre mot de français. Donc, le bilingue que j’tait, se laissait impressionner très vite par un mot comme celui-là. Mais le roman que j’avais lu ne m’avait pas plu, et ça m’avait marqué. J’avais quoi ! Douze, treize ans !?
Dix ans plus, je lis mon deuxième roman épistolaire. Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates est une approche très originale de l’histoire de la deuxième guerre mondiale. Le profane que je suis ignorait jusqu’à l’existence de ces îles anglo-normandes, dont Guernesey où se passe une bonne partie de l’histoire, et j’ignorais donc que les allemands avaient occupé des territoires anglais.
C’est l’histoire d’un groupe ayant formé un cercle littéraire de la manière la plus improbable qu’il puisse être et qui, pour l’occasion découvre la magie et les bienfaits de la lecture. Lecture en général et en temps de guerre en particulier, avec tous les couvre-feux qui l’accompagnent. Ce groupe est formé de personnages très différents, tous aussi anecdotiques les uns que les autres.
J’ai l’impression d’en avoir déjà trop dit, car le plaisir de ce livre est complet, en l’abordant sans avoir aucune idée de quoi ça peut parler. Déjà le titre, très original, insolite même, aiguise bien la curiosité. Laissez vois tenter, vous ne bouderez pas votre plaisir, pas un moment, vous vous délecterez tout simplement au fil des 400pages, qui défileront, je vous le promets, à une vitesse incroyable.

Bonne découverte à tous !

 

Mary Ann Shaffer est née en 1934 en Virginie-Occidentale. C’est lors d’un séjour à Londres, en 1976, qu’elle commence à s’intéresser à Guernesey. Sur un coup de tête, elle prend l’avion pour gagner cette petite île oubliée où elle reste coincée à cause d’un épais brouillard. Elle se plonge alors dans un ouvrage sur Jersey qu’elle dévore : ainsi naît sa fascination pour les îles anglo-normandes. Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates est son unique roman, écrit en collaboration avec sa nièce, Annie Barrows, elle-même auteur de livres pour enfants. Mary Ann Shaffer est décédée en février 2008, peu de temps après avoir appris que son livre allait être publié et traduit en plusieurs langues.

L’Imperméable d’Emmanuel Goujon


Auteur: Emmanuel Goujon

Titre: L’Imperméable

Édition: Vents d’Ailleurs 2010 (190pages)

Quatrième de couverture: « Marcel exerce à la fin de la guerre, en 1945, un travail un peu particulier : il écoute et écrit les récits des rescapés de la guerre et des camps.
II raconte les tranches de vie de Jean, André, José et Yacob, Marguerite, Tiémoko, Jonathan, Klaus et de Sarah, son amour. Et toujours surgit un personnage, dans les endroits les plus improbables, vêtu (l’un imperméable… Cet homme à la tête de ses cavaliers noirs se révèle un chef révéré, un justicier qui tue avec discernement, qui fait la guerre avec rage, un héros de tous les temps. II incarne tous ces combattants anonymes, guerriers sans nom et sans gloire.
II apparaît d’une guerre à l’autre, de 14-18 à l’Indochine, et partout surgit le même étendard, cet imperméable noir qui semble symboliser les héros oubliés de I’Histoire. Le doigt sur la sonnette dune porte, Marcel devenu vieux se pose cette question pour lui existentielle : l’homme à l’imperméable a-t-il existé? »

Emmanuel Goujon a dans ce livre un style très fluide, avec lequel il raconte une histoire entrainante. C’est plus le style qui est entrainant que l’histoire en elle même. L’histoire, elle,  n’est pas trop originale, mais efficace.

On ne s’ennuie pas du tout. Mais la tendance, si l’on peut l’exprimer ainsi, est aux anti-héros. Ces gens comme tout le monde, ayant des faiblesses et auxquels on peut s’identifier facilement, et qui nous font donc rêver. L’Imperméable n’en est pas un. C’est un héros typique: fort, courageux et efficace. De là donc, on arrive à deviner facilement l’histoire.

Ce livre pourra être conseillé à tout le monde, c’est une lecture facile, qui a en plus l’avantage d’aborder cette partie de l’histoire, riche et bouleversante.

Emmanuel Goujon signe ici un bon roman, et augure d’autres lectures de bonne qualité. C’est un auteur prometteur à suivre.

Je dois aussi saluer la qualité des livres de cette maison d’édition, Vent d’Ailleurs, que je découvre pour la première fois. Yahia Belaskri, auteur algérien a publié dans cette maison d’éditions deux romans, que j’espère pouvoir obtenir un jour.

Big merci à Faïza grande passionnée de cette époque de l’histoire et  qui m’a passé ce livre, vous trouverez son avis sur ce livre ici.

Emmanuel Goujon, originaire de la Martinique, est journaliste, plus particulièrement en Afrique. En 1998, il est correspondant de l’AFP. Présent à Monrovia pendant le siège de la ville, il écrit en 2006 la nouvelle « Les déchaînés » (Dernières nouvelles du colonialisme, Vents d’ailleurs). En 2007, toujours chez Vents d’ailleurs, il publie Alex et son double.