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Rencontre avec Hamid Grine


Quand un auteur ne peut venir à Djebel Tounes, c’est Djbel Tounes qui va vers lui. C’est ainsi que je suis allé à Constantine le 16 décembre 2010, voir Hamid Grine, lors d’une vente dédicace à la librairie Médiaplus.  Je fus surpris par un froid glacial, alors que la veille, je jouais à un match de football à Annaba, en short et t-shirt. En me dirigeant à la librairie, j’ai dû courir pour me réchauffer, et failli me ramasser à deux reprises sur le sol verglacé.

Il y a toujours une ambiance douce dans cette librairie de Mr Hannachi. Je suis arrivé à la librairie à 14heures, avec presque 2 cm de neige sur mes cheveux. Pour l’occasion, Mr Hannachi cède son bureau à l’invité du jour. En me présentant à l’auteur, celui-ci me rapporte une chaise, et m’installe à ses côtés, et nous discutons paisiblement pendant que des lecteurs, peu nombreux au début, s’inséraient dans notre discussion pour la quitter au fur et à mesure que d’autres arrivaient.

Hamid Grine est surtout connu en Algérie. Il a débuté sa carrière comme journaliste à la radio Chaine3 comme journaliste sportif au début des années 80. Entre deux phrases, il avoue qu’à l’époque, parler du sport était une manière d’éviter la censure et garder la liberté de parole. En 1986, il rejoint l’hebdomadaire Révolutions Africaine, côtoyant entre autres Slim, , Ameyar, Abdou b, Zemzoum, malika Abdelaziz… Entre temps, il publie 7 livres toujours dans le domaine du sport. En 1990, il rejoint Horizon, un quotidien national algérien et en devient rédacteur en chef en 1992. En 1994, il quitte le pays et s’installe au Maroc où il occupe tour à tour la fonction de Directeur de communication d’un holding, rédacteur en chef d’un hebdomadaire et enfin directeur de création dans une grande agence publicitaire. Depuis son retour, il publie régulièrement notamment aux éditions Alpha des essais et des romans comme Cueille la nuit avant le jour, La dernière prière, le Café de Gide et Il ne fera pas long feu couronné par le prix des libraires algériens en 2009. Son dernier roman Le Parfum D’absinthe était l’objet de cette vente dédicace et j’en parle ici.

Petit entretien avec l’auteur :

Labib Dadi : Vous évoquez dans votre dernier roman, Un Parfum d’absinthe, certains points de vu, connus ou moins connus, de pas mal d’écrivains algériens pendant la guerre de libération nationale. Depuis bientôt 50 ans d’indépendance, quel est votre regard sur le paysage culturel (mais surtout littéraire) national.

Hamid Grine : Je pense qu’il faut démystifier  un mythe : celui des grands écrivains de jadis qu’aucun romancier post indépendance n’a égalé. A la lecture des anciens romanciers, je ne suis pas figé dans une posture d’admiration béate. Ils sont bons, c’est vrai. Mais leur sève créatrice aurait pu atteindre des cimes, car le contexte historique s’y prêtait. Vous allez me dire que c’est d’abord une question de style, d’inspiration, je vous l’accorde. N’empêche que l’époque était propice à une richesse créative et littéraire exceptionnelle. Qu’avons nous eu? De grandes œuvres? Je ne crois pas. Certains  parlent de Nedjma de Kateb Yacine. Peut être. Pour moi c’est un roman complexe, touffu, dense, en un mot difficile d’accès. J’aime trop la clarté, la précision et la concision de Stendhal et Flaubert pour être sensible à ce genre d’écriture. Depuis l’indépendance, nous avons eu la quantité et la qualité. Sur ces deux plans, nous sommes les premiers du Maghreb. Actuellement nous avons au moins une trentaine d’écrivains de talent avec quelques bijoux que je ne citerai pas, ne voulant pas mécontenter le reste.

LD : Quels sont vos coups de cœurs littéraires de ce moment ? Donnez-moi, si vous le voulez bien, un auteur algérien, et un autre étranger. Dites moi aussi pourquoi.

HG : En Algérie, Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra. C’est un très grand livre. A ce propos, j’ai lu quelques attaques contre Yasmina Khadra l’accusant d’avoir plagié Les amants de Padovani de Youcef Driss. En comparant les deux romans, j’ai été étonné par la persistance et la virulence de ces attaques que je trouve infondées. Pour moi, il n’y a aucune ressemblance entre les deux romans hormis le thème des amours impossibles entre un algérien et une française. Mais pareil thème, on peut le trouver dans toutes les littératures. Il n’y a rien de bien original. Tout dépend du traitement. Du style, du souffle, de la créativité. Sur ce point les deux romans ne se ressemblent pas.

Quant à l’auteur étranger, je suis resté aux classiques. Actuellement, je relis Bel Ami de Maupassant. Il n’a pas pris une ride!

 

LD : Quelles sont les moments de la journée où vous lisez, qu’est ce que vous lisez le plus ??

HG : Je lis surtout des journaux intimes et des biographies. Actuellement je suis en train de lire en même temps 3 livres : Le journal de Matthieu Galley, celui de Léon Daudet (un chef d’œuvre de style) et la biographie de Françoise Giroud (par Laure Adler) qui vient de sortir et que j’ai pu avoir directement de l’éditeur Grasset. De temps en temps, juste pour changer, je picore dans Maupassant et si je suis troublé, je me tourne vers mes amis de chevet : Sénèque (lettres à Lucilius) et Prajnanpad. Je lis en général une heure avant de dormir. Et quand j’ai le temps, c’est toute la journée. Je peux me passer de l’écriture, mais aucunement de la lecture.

 

LD : Comment trouvez vous le lecteur algérien ? Sur mon blog, à travers les  commentaires de cerains, je les trouve trop passionnés et des fois manquant d’objectivité. Ressentez vous la même chose? Et comment pouvez-vous expliquer cela?

HG : Je vais peut être vous étonner, mais je trouve plus d’érudition chez les lecteurs que chez les journalistes. Il y a certes de la passion. Mais plutôt la passion que l’indifférence, plutôt l’intérêt que son absence. La passion suppose l’amour. Et dans l’amour, il y a toujours excès. L’objectivité? Personne n’est objectif. On est tous subjectivement objectif. Ce qui existe, c’est l’exactitude. Point. J’aime bien le mot de Sénèque : « Quand on dit une vérité, il faut toujours regarder celle d’en face. » La vérité a toujours un pied dans le camp d’en face…

 

LD : Alors que nous assistons à une situation aussi inédite qu’historique en Tunisie, situation à qui personne ne donnait pareille épilogue, à quel avenir, à plus au moins long terme, devons nous nous attendre en Algérie. ??

HG : Concernant l’Algérie, je définis ma perte d’espoir dans ma chronique de Liberté qui sortira ce dimanche, intitulée : « Hamouda le tunisien ». Pour le reste, tout peut arriver. Tout. Par exemple ce samedi. La société tunisienne est beaucoup plus structurée que la notre et surtout moins complexe. S’il y a soulèvement ici, c’est la guerre civile. Le chaos. Pour longtemps.

LD : Depuis le match qualificateur en coupe du monde contre l’Egypte, l’ambiance sociale en Algérie a fait montre d’un contraste saisissant. Que pouvez-vous dire à ce propos.

HG : A part le foot, l’algérien lambda n’a aucun loisir. Normal donc qu’il se focalise avec ses tripes et son cœur sur le ballon rond qui est devenu l’exutoire du peuple. Il a la même fonction que les arènes et les jeux de cirque de la Rome Antique. Hier, on tuait les gladiateurs dans des combats entre eux. Aujourd’hui on tue les idées et l’espoir.

 

PS: C’est avec beaucoup de retard que je poste cet entretien, qui est le premier que j’effectue. Je remercie l’auteur Hamid Grine pour sa disponibilité et sa sympathie.

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Une Réponse

  1. monsieur labib,je suis l’un des fan de grine,j’ai lu la majorité de ses oeuvres,c’est quelqu’un qui a le flair des grandes choses,un seneque de grandes qualités,qui ne cresse pas ses detracteurs au sens du poil.je veux qu’il retire la parole »perte de d’espoir »,les stoiciens ne desespere jamais,leurs principes est la raison ainsi que la volenté.je suis vraiment decouragé,au contraire ,nos ecrivains ont besoin de s’unir,de rehabilité ce que mammeri a fondu en 63(ugea).si les intellectuels se desesperent ,qu’on pense t’-en des jeunes,nous avons besoin de votre roboratif,on a tout perdu notre pays c’est pas pssible.

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