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Comme des héros sans guerre de Stephen Carrière


Auteur : Stephen Carrière

Titre : Comme des héros sans guerre

Edition : Le livre de poche

Quatrième de couverture : Quelque part aux États-Unis, un immeuble vétuste de briques rouges. Entre ses murs, sept hommes et femmes aux destins brisés, que seules lient la haine et la peur. Au cœur de cet univers désolé, un colosse mélancolique: Sauveur, boxeur déchu, le gardien. Lorsqu’un jour Lucy, une jeune prostituée, se trouve confrontée à une violence inouïe, que sa vie est en danger, ces «paumés, dévorés par la solitude…», vont s’unir pour la protéger. On ne peut s’empêcher d’évoquer Hubert Selby Jr., la tendresse en plus…

Après Une vieille querelle, Stephen Carrière dessine un univers sombre et sauvage, traversé par des éclats de douceur et de grandeur, entre western urbain et histoire d’amour impossible.

Je remercie chaleureusement les éditions Le livre de poche et BOB pour cette magnifique découverte. Ce fut un enchantement.

C’est l’histoire d’un groupe de personnes vivant dans un immeuble en briques rouges, ne sachant rien ou très peu les uns des autres, et s’étant tacitement donné de drôle de surnoms.

Il y a Saveur, le personnage principal, mais aussi l’Arabe qui s’avère ne pas en être un, le Pédophile, le Nazi, la Morte, la Sorcière, le Pédé et la Pute. A première vue, ils se détestent et ne veulent pas se connaitre, mais un évènement va chambouler les choses, et fera en sorte que les membres de ce groupe hétéroclite s’allient et forment un groupe de héros sans guerre. Ils se rapprochent petit à petit, se confient, se racontent leurs vies et leurs amours, leurs passés et leurs expériences, et arrivent à la conclusion commune, que quoi qu’il arrive, les gens qu’on croit connaitre seront toujours comme « des livre à moitié lus ».

J’aime beaucoup quand les écrivains parlent dans leurs romans, de préférence à travers leurs personnages des lectures qui les ont marqués (Stephen Carrière évoque ici Moby Dick), ou tout simplement le plaisir de la lecture. J’ai beaucoup aimé cette phrase, page 51, dite par Vartan, prisonnier et ancien libraire, et qui, tendant un livre à Saveur l’invitant à s’initier à la lecture « pour peu que vous ayez du courage, voici le seul charme abolissant les lois par ailleurs irrévocables du temps, de l’espace et de la mort ». Des citations on pourrait en pourrait en tirer des centaines de ce livre d’à peine 200 pages.

Le roman est court (à lire en prenant son temps), ses pages tournoient trop vite, nous imbibant d’humanité, nous extasiant de poésie : c’est tout simplement un régal.

En le lisant, on ne peut passer à côté de la conclusion que Stephen Carrière est un écrivain de talent, un écrivain à la recherche de « la grandeur du monde, la force du beau et la terreur du vide » Page53.

Je remercie encore une fois les éditions Le livre de poche et BOB pour cette magnifique découverte.

Ce billet est réalisé dans le cadre du Challenge tour du monde, organisé par Livresque.

Pays N°12 La France.

 

 

Le douzième évangile de Jacques Guyonnet


Auteur : Jacques Guyonnet

Titre : Le douzième évangile

Edition : La Margelle 2010

Quatrième de couverture : Mélissa, obsédée sexuelle notoire et reporter vedette du plus grand Zine des États-Unis d’Europe se voit confier par sa rédactrice en chef une mission super-dangereuse : remonter le temps avant Evène (Avant les Événements) et découvrir « Ce que les femmes préfèrent ». Elle y parviendra avec l’aide de Dieu (que la traque théologique des Américains a fait chuter dans le contingent) qu’elle tentera de séduire et de Des Ombres, un compositeur aussi énigmatique que romantique qui, sans le savoir, est à l’origine de l’Univers. Le joueur masqué (Dieu ou l’auteur) joue avec Mélissa comme avec une balle de flipper. Elle est envoyée dans le New York des années 60 et déjoue les avances d’un certain Salman Rushdie, participe à la plus grande rave lesbienne de Californie où elle baise un requin, se trouve à Wall Street chez l’infâme Fuld aux débuts de la crise, est enlevée par la terrible nazie Hannelore et sera torturée dans une île grecque par les Bitenberg, maîtres du monde. Elle passe également en Allemagne, à Stuttart, là où un apprenti sorcier joue avec les pouvoirs de la musique. Au final, on descendra le Ruban O’ (le Temps) de quelque quinze milliards d’années pour assister à la formation de la soupe primitive et des lois qui vont la régir pour nous donner naissance. Une occasion unique pour Mélissa de modifier le futur… et de revenir régler ses comptes. Dès le début on bascule dans une société de femmes et le titre de l’ouvrage fait penser à un L World, un monde de lesbiennes déchaînées. La conclusion sera plus subtile mais chut… nous n’écrivons ceci que pour vous mettre l’eau à la bouche. Le récit est souvent dramatique ou rêveur, usant du temps gelé ou suspendu, mais il reste fidèle au style série noire ou à celui du Privé à la Chandler ne ratant aucune occasion de placer une bonne punch line. Le détective cosmique est une femme, une agitée, une séductrice, une folle de sexe bien dans la peau des autres toute race et couleurs confondues. Au fil de ce roman, Mélissa qui est l’interface sexuelle universelle, va sacrément évoluer… Les livres de Jacques Guyonnet ressemblent à une immense fourmilière ou à un labyrinthe géant dans lequel, au fil de douze romans, des personnages et des thèmes se croisent, se reproduisent et jouent à cache-cache les uns avec les autres en défiant toute chronologie. Dans celui-ci, Mélissa écrit malgré elle le Douzième évangile et l’auteur se dévoile en proposant ses Mémoires d’Ante Tombe et nous dit quelques mots de son parcours.

 

J’ai attendu avec impatience de commencer la lecture de ce roman, qui m’est parvenu avec beaucoup de retard. Au début j’ai été bien emballé, le sujet me semblait croustillant, et il l’est. L’auteur est doué sens de l’humour surdéveloppé. Le personnage fait des rencontres inattendues, à commencer par Dieu himself, et le trouve hyperbaisable (Mélissa est une obsédée de chez obsédée)! L’une des forces de roman réside dans son côté subversif, mais l’auteur a fini par tombé dans l’excès.

Cependant, bien que gonflé à bloc au début, j’ai eu beaucoup de mal à avancer, dû à la complexité de l’histoire, les voyages dans le temps, les flashbacks…, et ralenti par une multitude de petites notes, liées à d’autres notes en fin de livre, et malgré tous les efforts pour bien suivre, il m’a été impossible de tout comprendre, à mon avis seul l’auteur comprendra tout, et encore, il est fort possible qu’il finisse par oublier certaines choses.  Au fils des pages, nous ne sommes plus vraiment surpris par l’humour du roman,  qui devient prévisible et moins passionnant.

Petite déception donc.

Je remercie quand même les éditions La Margelle et BOB pour leur confiance et l’attribution de ce livre.

Ce billet est réalisé dans le cadre du Challenge tour du monde, organisé par Livresque.

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