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Faïza, le défi de Nassima Terfaya


Faïza, le défi de Nassima Terfaya

Edition El Hikma 2002

Je considère ce premier roman de Nassima Terfaya, comme une intéressante tentative quoi qu’un peu ratée. Intéressante car le sujet est très sensible et perpétuellement d’actualité.

Faïza, le défi est l’histoire d’une jeune fille vivant dans un petit village algérien. Dès sa puberté, son père lui interdit de fréquenter l’école. Mais Faïza dont le tempérament solitaire et « bohème » qui exaspère ses parents est aussi très curieuse. Suivant les conseils d’un cousin universitaire, Faïza reprend les études par correspondance, et se voit acceptée à l’universitaire à la suite d’un concours où elle est classée première. Son père vit le faite qu’on parle de sa fille dans le village (suite à son excellent résultat dans ce concours) comme la pire des humiliations, rentre furieux à la maison pour un passage à tabac, pour elle et sa mère… La mère est gravement blessée, perd un œil. Plus tard, le père change d’avis, et autorise sa fille à rejoindre la ville pour des études supérieures.

Le style cependant souffre d’immaturité, et même d’une certaine naïveté. Vu que c’est le premier roman de l’auteur, on pourrait l’excuser. Bien que le sujet soit dramatique, la narration (avec des mots sans cesse répétés comme : reine, rêve, fascination, les étoiles…) fait plutôt penser à un conte de fée. De plus, une utilisation massive de certaines expressions « bondieusardes » (si dieu le veut, c’est la volonté de dieu…) donne aux personnages ce caractère de résignation que je déteste, et beaucoup de lourdeur au texte. Et pas que, car derrière cette résignation à la volonté divine, c’est une forme d’abdication à la connerie phallocratique. Ce n’est pas le Bon Dieu qui a crevé l’œil de la mère de Faïza, mais bel et bien son mari. Ce genre de pensée, bien présent chez beaucoup de mes concitoyennes algériennes est, selon moi, un frein (maladroit et non intentionné) pour la lutte féministe. Mais, on le sent bien, le fond du texte se veut féministe.

Le sujet m’a vraiment touché, car, comme je l’ai dit plus haut, toujours d’actualité. En effet, maintenant, alors que nous sommes en 2010, des pères interdisent à leurs filles de suivre des études. J’en connais plusieurs de ces cas, et le premier qui me vient à l’esprit et cette étudiante admise en 6ème année de médecine, que le père compte enfermer à la maison afin de lui trouver un mari.

 

Je dirai en conclusion de ce roman que c’est une tentative un peu ratée, mais louable. Plus de travail donnera plus de maturité à d’éventuels futurs textes.

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Pars vite et reviens tard de Fred Vargas


Pars vite et reviens tard de Fred Vargas.

J’ai beaucoup lu sur Vargas avant de la lire, et tous, à des degrés différents étaient dithyrambiques. Au moment de l’acheter, je n’ai même pas lu le résumé, le titre seul m’a accroché. Quand je commence la lecture, je n’ai toujours pas lu le résumé, et ne sais pas encore que ça parle de peste.

Ce polar est passionnant, j’y est appris plus sur la peste quand durant mes études de médecine. Historiquement parlant, bien sûr. On y apprend l’origine de certains comportements, comme celui d’offrir un diamant pour sceller des fiançailles qui est à l’origine un geste sensé protéger la bien-aimée de la peste, les pierres précieuses étant prophylactiques, les diamants étant les plus efficaces.

Je reviens à l’histoire. Joss Le Guern est un breton au passé douloureux. Il débarque dans Paris et réinvente le métier de crieur, et ça a l’air de plutôt bien marcher. Un homme mystérieux en profite pour annoncer l’arrivée du fléau. De l’autre côté, le commissaire Adamsberg, le personnage phare de Vargas, fraichement nommée à la tête d’une section de criminelle reçoit le signalement de tags recouvrant les portes de plusieurs immeubles aux quatre coins de Paris. A première vue, il ne devrait pas s’en mêler vu l’absence de caractère criminel dans cette affaire de tags. Mais lui, sent quelques choses de malveillant.

J’ai bien aimé l’intrigue. Elle est rigoureusement ficelée, très passionnante et toute aussi instructive. On y apprend beaucoup sur l’histoire de la peste notamment. Les personnages sont particuliers également. Tourmentés, blessés, chacun d’eux porte sa croix à sa manière. Tous se côtoient à peu près tout au long de l’histoire, ils se jaugent au début et finissent par s’accepter et même à bien s’apprécier. Seul le commissaire Adamsberg est un peu détaché de ses propres problèmes, de sa vie privée, trop focalisé sur son enquête, suivant des intuitions ténues et fragiles au début, et qui s’avèrent porteuses.

Petit bémol concernant le dénouement de l’enquête, que j’ai trouvé un peu rikiki, pas très surprenant. J’ai eu l’impression de la voir venir tout au long de l’histoire, sans en être sûr. A part ça, polar passionnant, ce qui me permet de classer Fred Vargas parmi les auteurs à lire régulièrement.

Nulle part de Yasmina Reza


Nulle part, de Yasmina Reza.

Edition Le livre de poche, 2007.

Je n’avais pas du tout l’intention de lire ce livre, ni même l’auteur après une première lecture d’une pièce de théâtre intitulée Le dieu du carnage. C’est vrai je ne lis que très peu de théâtre, et la précédente pièce que j’avais lu alors était de Wole Soyinka (Les gens du marais) ; le contraste fut immense, et je n’eus pas un excellent souvenir de ma lecture de la pièce de Reza.

J’ai eu plusieurs occasions de tomber sur ce petit livre qu’est Nulle part, mais je n’ai pas été tenté. L’extrait de la critique paru sur l’Express qui figure sur la couverture, bien que for élogieuse m’a paru long et un peu ennuyeux, c’est dire que rien ne m’encourageait à le lire. Alors que le critique aurait simplement dû écrire « ça vaut le coup ! »

Yasmina Reza nous mène ici dans les méandres de ses souvenirs (?). Enfance  ainsi que des origines qu’elle dit méconnaitre, en tout cas ne pas en avoir la nostalgie. Mais que c’est beau. Ce petit texte a quelque chose de psychédélique et de suave, comme un rêve fantastique.

Une très jolie balade.

Décembre au bord d’Yves Hughes.


Petite lecture des éditions Librio. J’étais plein lecture (inachevée) de Pars vite et reviens tard de Fred Vargas que j’ai oublié chez des amis chez qui j’ai passé un week-end, et j’ai été séduit surtout par son petit volume. Je l’ai donc lu rapidement, le temps de retrouver mon polar.

Morin travaille dans une station service au bord d’une autoroute pas très loin de Paris où il réside. Il travaille de nuit, seulement trois fois pas semaines. Monique est sa collègue depuis pas de temps (des années a-t-on l’impression), mais ils n’échangent que quelques mots durant les longues nuits de travail, où ça ne se bouscule pas vraiment. Morin est aussi écrivain (raté ?). Il finit là son quatrième polar, sachant que ses trois premiers manuscrits ont été refusés. Morin n’écrit que dans la nuit du mercredi au jeudi. A minuit tapante, il descend à la laverie du coin faire sa lessive de la semaine, et juste après, il se met à écrire, en chemise blanche et cravate et en fumant des Philip Morris.

Pendant ses journées, habillé en Hercule Poirot, il prend en filature le directeur littéraire d’une maison d’édition, celui qui a refusé tous ses manuscrits. Il connait son homme par cœur, connait très bien ses habitudes, ses goûts, son entourage et même sa résidence secondaire.

Le personnage de ce court polar est à la limite de la psychopathie. Sa vie suit un programme quasi millimétré, en plus d’être truffé de comportements bizarres. Morin frôle la démence lors que son programme se retrouve chamboulé. Vivant reclus avec sa chienne Zohra, et sans activité sexuelle, il aurait été un bon sujet de l’étude freudienne. Peut être que Freud aurait vu en l’auteur lui-même un sujet intéressant, s’il avait lu ce bouquin.

Livre divertissant, avec des passages bien drôles, c’est une lecture qui même si elle n’apporte pas de plus, n’est pas une perte de temps. Ce fut pour moi, un bon plan d’occupation pour un trajet de deux heures.

L’autodafé, quand l’occident s’y met aussi


Ce n’est ni  plus ni moins qu’un appel à la haine, auquel il ne faut bien sûr pas répondre. L’église du Dove World Outreach Center compte organiser un autodafé visant à brûler le Coran le 11 septembre prochain. Cette vidéo tend à montrer que c’est plus de l’info que de l’intox.

Je ne sais pas si c’est légal de faire ça chez eux. Chez nous, en terre d’islam, où malheureusement l’islam côtoie l’intégrisme, et encore plus « malheureusement » où nos gouvernants (à part en Tunisie) ferment les yeux sur des agissement intégristes, qu’ils s’évertuent à détourner à leurs avantages, nous ne sommes pas choqués quand autodafé il y a, surtout s’il concerne un livre (ou une caricature) « jugée » blasphématoire. J’ai bien dit malheureusement. Mais, je n’ai jamais entendu parlé avant cela d’un autodafé mené par les « musulmans » visant un livre sacré, la Bible ou la Torah . J’ai mis les guillemets à musulmans pour englober tous ceux qui se disent musulmans, des plus modérés au aux extrêmes. quand on connait le fossé qui les séparent!

Sans vouloir tomber dans ce patriotisme religieux, que beaucoup de lobbies gouvernementaux tiers-mondistes ne cessent d’utiliser pour manipuler l’avis général, je suis personnellement contre cette initiative provocatrice. Même si ses auteurs ne sont pas forcément représentatifs de toute la communauté chrétienne. Et j’appelle toutes les personnes à garder la tête froide en usant du dernier arguments sus-cité. Ce genre de provocation a l’habitude d’être très efficace, quand on se rappelle ce qu’ont causé les caricatures.

Pour conclure, je dirais que mon appel à la modération dans les réaction ne tend absolument pas à défendre cette initiative, au contraire, je suis indigné, j’espère juste que si cela arrive vraiment, que ça ne déclenche pas une série d’attaques sur les ambassades Américaines à travers tout le monde arabo-musulman, dans cette hystérie qui suit ce genre de provocation. Si cette provocation est synonyme d’inculture, une réaction violente et hystérique l’est tout autant.

Daniel Cohn-Bendit: la vérité. (via KAMERUN SCOOP)


Ce mec m’a toujours inspiré beaucoup de sympathie. Il est clair que ce monsieur est beaucoup aimé, des jeunes surtout. Il est un peut le symbole de ce fameux mai 1968, et il a su avec l’âge et l’expérience politique garder cette esprit là, à laquelle une pléthore d’autres personnes tourne le dos avec temps, pour devenir des gens « convenable ».
Chose qui m’émeut chez lui aussi, c’est sa manière de faire la politique. C’est qu’il ne recherche aucunement le pouvoir. C’est peut être ce qu’il faut pour garder la tête froide!
Amis lecteurs, je vous salue.

Daniel Cohn-Bendit ou Dany le rouge est parfois extrémiste quand il s’agit d’écologie. Je ne l’avais jamais vu ni entendu avec autant de lucidité en très peu de temps surtout. Il était ce matin sur France 2. Je partais au boulot donc, je n’ai pu réagir. J’ai aimé cette belle sortie. Il faut quand même dire et redire aux uns et aux autres que Sarkozy s’occupe de la sécurité dans ce pays depuis…..8 ans. Alors, venir chercher des responsabilités c … Read More

via KAMERUN SCOOP

Origines de Amin Maalouf


Origines d’Amin Maalouf.

Le livre de poche 2006

Hier soir j’ai appris deux choses. Primo, ce qu’est une PAL, à savoir une Pile à lire. Secundo, que j’en avais une. Une PAL qui contient au moins une cinquantaine de livres, mais aussi une pile continuellement fournie, étant un acheteur compulsif de bouquin. Il est vrai que depuis un certain temps, mon rythme de croisière a nettement diminué, pour atteindre un livre en une semaine, voir en deux semaines.

Je parle de ça parce que Origines, d’Amin Maalouf sort de cette PAL après quelques semaines d’attente (DEUX ANS !!).
Je reviens maintenant à l’objet de ce billet. Quand Amin Maalouf s’intéresse à quelque chose, cela devient nécessairement passionnant. Ne parlons pas ses romans à caractères historiques comme Léon l’africain, Samarcand ou encore Les jardins de lumières qui sont un réel délice. Quand Amin Maalouf s’attaque à des problèmes qui agitent nos sociétés, ça donne des Identités meurtrières et un Dérèglement du monde époustouflants. Mais quand il parle de quelque chose d’aussi personnel ou familial que le parcours de deux de ses aïeuls, c’est tout simplement insolite comment cela est accrocheur.
Botros et Gebrayel sont deux frères issus d’un village du Mont Liban qui fait parti à ce moment là de l’empire Ottoman. Nous sommes entre deux ères, la fin du XIXème et le début du XXème. Le jeune Gebrayel émigre aux États-Unis, s’y lie avec des cubains, qui après indépendance de leur pays, l’emmène avec eux y établir. Botros hésite à quitter son pays, et après une tentative qui sera pour lui vouée à l’échec, il retourne au pays, gardant de mauvais souvenirs de son escapades dans « les contrées américaines ». Ce dernier est le grand-père de l’écrivain. Resté au pays, il monte avec sa cousine et épouse une école qui se veut laïc, dans un village où divers branches chrétiennes, surtout catholiques et protestantes vivent ensemble dans un semblant de tension, sans pour autant arriver à l’affrontement. D’autant plus que les deux branches sont présentes dans la même famille.
Un lien épistolaire lie les deux parties de la famille Maalouf, deux fois interrompu par les deux guerres mondiales. Et à la fin de la deuxième guerre, la famille Maalouf restée au Liban, fait tardivement le deuil de Gebrayel Mort prématurément dans des conditions mystérieuses.
Après la mort de son père au Liban, Amin Maalouf met la main sur une malle contenant l’histoire de sa famille. Des actes notariés, des reconnaissances de dettes, des photos et des lettres. Beaucoup de lettres. Ses aïeuls signent leurs lettres Maalouf.M Botros, et Maalouf.M Gebrayel. Ce M mystérieux est l’initial d’une arrière-grand-mère. Le village grouillant de Maalouf, tout le monde étant cousins, pour reconnaitre les personnes, chaque « clan » prend de manière conventionnelle, le nom de l’une des personnes influentes ou ainées. Le « clan » de l’écrivain a pris le nom d’une de ses arrières-grand-mère nommée Mokhtara.

Digne d’un Sherlock Holmes, Amin Maalouf va décortiquer cette malle, traverser la moitié de la planète, à la recherche de (non pas de ses racines : terme qu’il trouve trop statique) de ses Origines. Amin Maalouf vit depuis beaucoup en France.
Ce lien : http://www.aminmaalouf.net/fr/ mène vers le blog de l’auteur, qui évoque surtout les origines de divers mots. Non mis à jour depuis plusieurs semaines, à cause de quelques ennuis de santé. Souhaitons un bon rétablissement à l’un de nos écrivains majeurs et bien-aimé.
Je remercie Ines de m’avoir fait lire tout Amin Maalouf, et dont je lui remettrai bientôt ce dernier livre.