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Acide sulfurique – Amélie Nothomb


Acide sulfurique

Amélie nothomb

Une appréhension inexpliquée (peut être toutes ses photographies un peu excentriques) avait fait que je n’eusse jamais été tenté de lire Nothomb avant que ma tante Fatiha ne me la conseille. Acide sulfurique a été le premier à tomber entre les mains. L’écrivaine belge, auteure de plus d’une vingtaine de livres, nous parle ici de téléréalité.  Ou plutôt du retentissement que peut (ou plutôt pourrait) avoir ce genre de programme télévisé sur la vie des téléspectateurs.

Cette fable intéressante, un petit peu à la 1984 ou La ferme des animaux de George Orwell, repose sur un principe pas si inédit que ça, mais au-delà de l’extrême de ce que la télévision a pu connaitre jusque là. L’objectif des organisateurs de ce show est de battre tous les records d’audience télévisuels. Avec « Concentration », c’est un véritable remake des camps de concentration nazis qui est mis en place, à la différence de ceux du troisième Reich que celle-ci est filmé.

Après une arrestation massive de gens divers et variés, les organisateurs procèdent à un recrutement de ce qui va constituer la minorité dominatrice, ce sont les kapos. Ceux-ci vont diriger les autres participants de l’émission (prisonniers) dans des travaux forcés. Chaque jour, les plus affaiblis sont tués, sinon tout au long des interminables journées de travail, les prisonniers sont cravachés.

Le livre est rempli de personnages se partageant des rôles nécessaires,  d’un attachement discutable, sauf pour deux d’entre eux, les deux personnages principaux, deux femmes aux prénoms peu communs. Zdena, ou kapo Zdena, est une fille invisible dans la vie normale, et elle profite de cette occasion que lui offre l’émission pour exister enfin. Elle ne possède pas vraiment de morale, et applique les violentes et agressives prérogatives qu’on lui donne avec grand zèle. Mais très vite, une prisonnière se fait repérer. Pannonique a la vingtaine et est d’un charme et d’une beauté débordants. Héroïque, elle devient au fur et à mesure, le symbole de la résistance au sein de « Concentration » et en même temps, le sujet d’une obsession pour la kapo Zdena. Une guerre de nerfs se déclenche entre les deux femmes, créant moult rebondissement, au grand bonheur des organisateurs.

Le succès de l’mission est absolu. Et le téléspectateur est désigné comme étant le coupable numéro un. Bien avant les organisateurs, et les hommes politiques qui n’ont rien fait pour interdire ce genre de programme.

Sans être une sonnette d’alarme, cette fable est plutôt une prise de recul par rapport à ce qui se voit dans les télévisions, ce qu’en parle la presse, du Showbiz, des gens qui veulent coute-que-coute accéder à la célébrité, à la richesse, et qui n’hésite pas pour cela à s’amputer d’un membre important de la constitution de l’être humain, qu’est son supposé sens de l’éthique et de la morale.

Un hommage rendu à Tahar Djaout dans ce roman, avec sa célèbre citation, qui sans être nommé dit à travers les lèvres gracieux mais amaigries de Pannonique : « un héros algérien a dit : « Si tu parles tu meurs, si tu te tais tu meurs, alors parles et meurs » ».

Une lecture facile, que je conseillerai à tous, plaisante, et non inutile. C’est une écrivaine que je lirai avec plaisir dorénavant.

Lu également du même auteur, et commenté:

Stupeur et tremblement

 

South Africa 2010


C’est parti pour un moi de spectacle, de passion et de spectacle.

Le Pain nu – Mohamed Choukri


On peut comptabiliser cela comme une bonne action pour Tahar Ben Jelloun. Ce texte, Le Pain Nu, écrit en arabe par le marocain Mohamed Choukri ne fut pas accepté dans aucune maison d’édition arabophone jusqu’en 1981, où il est publié à Paris. Il est d’abord paru en anglais en 1973, puis en 1980 en français, traduit par Tahar Ben Jelloun. Il est immédiatement interdit au maroc jusqu’en 2000, parce que truffé de tabous qui rebutent tout arabophone « convenable ».

Dans un style sec et cru, l’auteur nous raconte son enfance, sa misère et celle des siens, ce père despote, violent et détesté bien que sacré dans une société arabo-muslmane comme celle du Maroc. Il y narre également son adolescence, bercée par le kif, l’alcool et la découverte de la sexualité. C’est là peut être la source d’intérêt de Tahar Ben Jelloun pour ce récit. Une amie très ouverte d’esprit qui l’a plus lu que moi m’a dit que Ben Jelloun est un obsédé sexuel. Moi je dirais plutôt, qu’en tant qu’écrivain, c’est un peu son rôle de briser les tabous qui scellent l’avancement et le progrès. Et même si le tabou sexuel est très présent dans son œuvre, ça ne fait pas de lui un obsédé !

Mais là, il s’agit de Mohamed Choukri, qui dans son autobiographie, relate qu’il aura été mendient, il fait les poublles, « celles des Européens de préférence, car elles étaient plus riches », il sera ensuite docker, garçon de café, il côtoiera les putes, les proxénètes et des contrebandiers. Jusqu’à l’âge de 21ans, il sera analphabète. En apprenant à lire et à écrire, il délaissera ce complexe qui le tourmentait face à certaines personnes qui s’en orgueillait devant lui, et le snober pour cela.

L’histoire a pour cadre un Maroc des années 40, un Maroc encore sous protectorat français, un Maroc pauvre et miséreux à la recherche de lui-même.

Mohamed Choukri est mort en 2003.