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La raison du plus fort de Veit Heinichen


Auteur : Veit Heinichen

Titre : La raison du plus fort

Édition : éditions du Seuil

Quatrième de couverture : A quelques jours de Noël, un crime est commis dans le train qui ramène le commissaire Laurenti à Trieste. Il est chargé de l’enquête alors que la cérémonie d’intégration de la Slovénie dans l’espace Schengen doit retenir toute son attention. Un groupuscule a menacé de mort l’un des hôtes de la fête, Goran Newman, alias Duke, figure controversée à la tète d’un empire financier opaque. Riche en coups de théâtre, le scénario se complique quand Pina, l’assistante de Laurenti, s’éprend de Sedem, le fils de Duke. Entre combats de chiens clandestins et trafic de drogue, Veit Heinichen nous entraîne dans les labyrinthes de la mafia…et lève le voile sur les coulisses de la crise économique mondiale.

D’abord, comment ce livre a fini entre mes mains? Un lot de livres brochés des éditions du Seuil, collection policier, s’est retrouvé dans les librairies algériennes, du moins celles d’Annaba, à un prix moins cher que les poches, ce fut donc la cause d’achat compulsif de 6 ou 7 livres, de ces éditions, d’auteurs qui m’étaient jusque là partiellement ou complètement inconnus. Voici donc les circonstances de cette découverte.

Maintenant, l’œuvre elle même. Dans une ville italienne, Trieste, frontalière avec la Slovénie, non loin de la Croatie et de l’Allemagne aussi, se prépare la levée de la frontière dans une cérémonie pour le 31 décembre 2007, et l’admission de la Slovénie à l’Union Européenne. De l’autre côté de la frontière Slovène, un riche homme d’affaire à moitié américain ratisse large dans l’économie mondiale, et flirte allègrement dans certains domaines illégaux (drogue, combat de chiens …) on ne le voit jamais mais son ombre et son nom ne sont jamais bien loin.

Dans cet univers des cadavres commencent à tomber, et M. Proteo Laurenti occupé à préparer la sécurité de la dite cérémonie prend l’enquête. Le hasard a voulu que son inspectrice unique et préférée s’entiche avec le fils du dit Duke. Je n’en dis pas plus, je vous laisse découvrir et apprécier la plume de ce polariste allemend, dont c’est la première lecture et sûrement pas la dernière.

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Merci La Louve!


Cette semaine, j’ai reçu un agréable présent de la part de la sympathique maison d’édition cahorsine La Louve, le roman de l’auteur Jean Louis Marteil, L’Assassinat du mort. On retrouve l’association entre histoire du moyen âge et polar palpitant et loufoque.

Vous trouverez ici le billet de lecture de La Chair de la salamandre, lu et chroniqué il y a des années.

El kala,1


El kala,


Le mur, le kabyle et le marin d’Antonin Varenne


Auteur : Antonin Varenne

Titre : Le mur, le kabyle et le marin.

Édition : Le cercle points ( mai 2013) 312 pages

Quatrième de couverture : « 2009 : flic le jour, boxeur la nuit, George Crozat, dit le Mur, sent sa carrière décliner et accepte de tabasser des inconnus pour le compte d’un mystérieux commanditaire. 1957 : Pascal Verini, ouvrier de Nanterre, soldat en Algérie, refuse de pratiquer la torture. Rien ne semble devoir réunir ces deux hommes. Pourtant, leurs trajectoires vont se croiser et en être définitivement bouleversées. »


J’ai découvert Antonin Varenne il y a quelques mois dans son roman Trois mille chevaux vapeur, une fresque historique géniale. J’ai donc sauté sur l’occasion pour relire cet auteur.

Ce livre n’a rien à voir avec le premier. Ni en terme d’espace, ni en époque ou d’ambiance. L’histoire avance sur deux fronts dans des époques différentes. L’Algérie française des années cinquante, où un personnage, Verini (issu d’une famille ouvrière communiste) est appelé à faire son service militaire, et où il est témoin d’atrocités. Cela se passe dans à Orléanville, qui deviendra en 62 Asnam, et après un tragique tremblement de terre, deviendra Chlef.

Celui qui deviendra le marin y rencontre le kabyle. En parallèle celui qu’on appelle le Mur, policier de son état, boxeur en fin de carrière, au caractère de taureau sauvage, est une force de la nature désargenté, et fini par par céder à l’appel de l’argent facile et flirter avec le banditisme et milieu des flics ripoux.

Tous ces personnages que l’on apprend à connaître au fil des chapitres finissent par se rencontrer dans le sud de la France contemporaine pour solder leurs comptes.

La narration est bien maîtrisée, le style est fluide et les pages tournent dans un rythme soutenue. C’est sur, Antonin Varenne est un auteur à suivre.

Né à Paris en 1973, Antonin Varenne est diplômé de philosophie. Il a parcouru le monde avant de revenir en France pour se consacrer à l’écriture. Il a reçu le Prix du Meilleur Polar des lecteurs de Points 2010 pour Fakirs.

Charly 9 de Jean Teulé


Auteur : Jean Teulé

Titre : Charly 9

Édition : Pocket édition (mars 2012) 244pages.

Quatrième de couverture : Charles IX fut de tous nos rois de France l’un des plus calamiteux. À 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint-Barthélemy, qui épouvanta l’Europe entière. Abasourdi par l’énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous. Pourtant, il avait un bon fond.


Je n’avais jamais lu Jean Teulé avant, mais je le connaissais à la télévision ou à la radio, comme Grosse tête sur RTL. Tout dans ce que je voyais et écoutais me donnais envie de le lire, sauf que comme je le radote toujours, la disponibiklité des livres dans les librairies de l’Algérie profonde (c’est à dire quand on s’éloigne d’Alger), répond moins à la demande qu’à une mystérieuse lois mêlant débrouillardise, jem’enfoutisme et une bonne dose d’aléatoire. Bref, j’ai lu Jean Teulé.

Sur un ton badin, avec un humour bien travaillé (et je sais ô combien c’est difficile d’écrire avec de l’humour) Jean Teulé nous fait vivre, telle une petite souris les coulisses rocambolesques, de la vie du rois tourmenté et non moins psychotique Charles IX, sous l’influence malfaisante de sa mère Catherine de Médicis.

Le sujet est traité avec autant de sérieux que de légèreté mais n’est pas moins horrible. Le style est fluide, suivant un rythme irrégulier, mais seyant à la forme du roman. Sérieux et drôle.

J’espère trouver avec plus de chance d’autres œuvres de cet auteur à la fois sympathique et attachant.

Nos richesses de Kaouther Adimi


Auteure : Kaouther Adimi

Titre : Nos richesses

Édition: Barzakh Éditions pour l’Algérie (septembre 2017) 216 pages

Quatrième de couverture : Un soir, Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, arrive à Alger; il se rend au 2 bis de la rue Hamani, ex-Charras, avec les clés des Vraies richesses, minuscule librairie délabrée : sa mission est de faire place nette. Il s’y attelle sans état d’âme, lui que les livres indiffèrent, mais c’est compter sans le vieux Abdallah, gardien du temple, qui va progressivement l’initier à la magie du lieu. Car Ryad ignore tout du passé de l’endroit –  poumon de la vie culturelle dans l’Alger colonial des années 30-40 -, animé par Edmond Charlot, libraire et éditeur passionné, proche de Jean Sénac et de Jean El Mouhoum Amrouche et qui, entre autres, révélera le jeune Albert Camus. Ce roman, où alternent le journal (fictif) d’Edmond Charlot et le quotidien d’une rue algéroise en 2017, explore intelligemment l’épineuse question de la transmission d’un héritage. Il y a d’ailleurs ce « nous » qui court tout le long du texte, telle la voix d’une conscience, celle d’une mémoire collective nous engageant, nous lecteurs, à transformer cette fiction en fragment de notre histoire…


Encore une fois, Kaouther Adimi prouve avec ce troisième texte son talent d’écrivain. Après Des ballerines de papicha et Des pierres dans ma poche dont l’inspiration semble personnelle, Kaouther Adimi nous gratifie d’un texte plus « littéraire » et qui la révèle enfin au grand public.

L’auteure à travers ce livre, nous rappelle l’existence d’une aventure littéraire algéroise, à l’époque de l’Algérie française diraient certains, ou comme dirait d’autres du temps du colonialisme. L’auteure ne rentre pas dans ce débat, et se limite aux côtés littéraires de l’histoire de cette époque, et évoque la personne d’Edmond Charlot, qui à l’âge précoce de 21 ans, fonde une librairie / bibliothèques / maison d’édition. Ce fut là le point de départ d’une aventure littéraire extraordinaire. On y croise Jean Amrouche, Albert Camus ….

Ce dernier personnage très controversé jusqu’à maintenant,  aussi bien en Algérie qu’en France, n’est pas abordé en profondeur dans ce roman, volonté de l’auteure par crainte qu’il ne phagocyte et centralise le débat et le roman. Le but de ce dernier étant de raconter l’histoire d’Edmond Charlot, et de son aventure littéraire, les déchirures et les difficultés causées par la guerre mondiale, et / ou la guerre des égos, entre auteurs et entourage d’Edmond Charlot.

L’auteure évoque aussi l’Algérie actuelle, et partiellement, sa situation culturelle à travers la confrontation entre deux personnages à Alger des années 2010. Et ce qui donne à la forme du roman une construction hétérogène.

Pour la période contemporaine, nous avons des chapitres racontant la mission de Ryad chargé de vendre ce qui restait de la dite librairie / bibliothèque, et Abdallah ancien « gardien du temple. » Et puis il y a une alternance de chapitres de la période coloniale et d’extrait d’un journal imaginaire de d’Edmond Charlot.

Le style y est toujours très beau et fluide, et le talent de Kaouther Adimi avéré. On sent la quantité et la qualité du travail effectué.

Le livre a eu un bon accueil et après sa nomination pour le Goncourt et le Renaudot, a fini par obtenir le Renaudot des Lycéens 2017.