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Méfiez-vous des parachutistes de Fouad Laroui


Auteur : Fouad Laroui

Titre : Méfiez-vous des parachutistes

Edition : J’ai lu 2002

Quatrième de couverture : « un jour, alors que je me promenais, un parachutiste s’abattit sur moi. Il ne s’excusa même pas… Ç’aurait pu tomber, c’est le cas de le dire, sur n’importe qui. C’est ce qu’on appelle à proprement parler le hasard… Du moins c’est ce que je crus sur le moment… »

Don du ciel ou calamité ? L’ingénieur Machin ne sait comment résoudre le cas Bouazza, ce para botté, harnaché, moustachu qui, non content de s’installer chez lui, envahit peu à peu sa vie. Et ça ne fait que commencer. Machin est enrobé dans la mélasse. Il se retrouve encombré d’amis, de cousins et même d’une femme à l’œillade assassine ! Un tourbillon malin déclenché par son hôte !

Une fiction détonante où l’auteur, à la fois caustique et ébloui, met à nu les milles et une folies du Maroc… Plus sérieuse qu’il n’y paraît, cette vaste farce témoigne de l’attachement de l’auteur pour son pays. »

Me voici au pays de Latrace, dont j’apprécie les billets. Et j’ai choisi un auteur que j’apprécie vraiment beaucoup, à savoir Fouad Laroui. La providence en est pour quelque chose. Pour mon tour du monde littéraire, je voulais choisir cet auteur, mais, jusque-là, je n’étais jamais tombé sur un roman de Laroui en Algérie. Tous ceux que j’ai déjà lu, je les avais lu à Tunis chez une amie très fan. Coup de bol, alors que j’allais prêter de la bibliothèque du CCF de Annaba un Tahar Benjelloun, je tombe sur ce roman que je n’avais pas encore lu, à la librairie de la révolution, sur le cours du même nom. Je salue au passage la récente diversité des titres que connait cette librairie depuis quelques mois, car avant cela c’était très léthargique.

Ô que j’aime cet auteur. Dans ce roman, il s’agit des déboires marocaines d’un homme (Machin l’ingénieur) qui dans les premières pages semble cultivé (et il l’est, au début du moins), et qui voit, impuissant, sa vie partir en vrille, et tous les efforts à y mettre de l’ordre, semblent anéantis par le truchement d’un sort conjugué à un parachutiste nommé Bouazza. Dit comme ça, on est tenté de croire que ce roman est une bizarrerie littéraire. Et peut être l’est il vraiment, mais pas dans le sens péjoratif du terme.

Fouad Laroui pousse ici à l’extrême certaines manières et mentalités typiquement maghrébines (donc marocaine entre autre) pour pourrir la vie de ce pauvre Machin. Certes, Machin est marocain, mais du  faite qu’il ait côtoyé un lycée français, puis une université parisienne, il s’est retrouvé pas mal étranger à la culture marocaine. Machin est consterné devant l’absurdité du fonctionnement de la vie au Maroc (et ce n’est pas très différent de l’autre côté de la frontière est, hélas fermée du royaume).

Parler l’arabe facilite beaucoup la compréhension et la délectation du style Laroui, des jeux de mots employés, même s’il tente des semblants d’explications, mais la connaissance de l’arabe semble des fois indispensable.

Comme à chaque roman, Fouad Laroui fait montre d’une culture générale inépuisable. Il rend hommage à ses lectures préférées, ses classiques, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

Comme le dit bien la fin de la quatrième de couverture, ce roman aux allures de caricature est plus sérieux qu’il en a l’air, et les critiques portées à la culture marocaine sont des plus affectueuses et constructives qu’elles puissent être.

L’œuvre de Fouad Laroui est vraiment particulière, avec son côté à la fois amusant, sérieux et pertinent. Je cherche un peu l’équivalent algérien, je trouve un peu Rachid Mimouni, malheureusement disparu trop tôt, surtout dans son recueil de nouvelles La ceinture de l’ogresse. Sinon aussi l’œuvre Chawki Amari sauf qu’un peu moins retentissante (sur moi du moins), mais que je n’ai pas visité profondément. J’en saurai un peu plus en le lisant encore.

Fouad Laroui est auteur aussi de La femme la plus riche du Yorkshire, Les dents du topographe et De quel Amour blessé. Cette année a vu la parution concomitante de deux roman l’un chez Julliard Une année chez les français, sélectionné pour le prix Goncourt, mais n’ayant pas passé le deuxième tour. Ainsi que Des bédouins dans le polder aux édition Zellige.

Fouad Laroui est également collaborateur dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, où il décortique entre autre, un peu à la manière de ses romans, notamment dans les Postscriptums du journal, la vie des marocains vivants aux Pays-bas, où il vit et enseigne l’économie.

Ce billet est réalisé dans le cadre du Challenge Tour du monde, organisé par Livresq.

Pays N°8 l Maroc. Prochaine escale : Nigeria.

Rêveurs de Knut Hamsun


Auteur : Knut Hamsun

Titre : Rêveurs

Edition : Points 2008

Quatrième de couverture : « Ah ! Rolandsen espérait si facilement, il prenait feu pour un rien. Mais il était de trempe à supporter les déceptions aussi, il n’y avait pas à dire, il était raide et fier, il ne cédait pas. »

Rolandsen est fier. Il est fier, aime se montrer hautain, blasé mais à l’intérieur ce n’est pas vraiment le cas. Mais Rolandsen est surtout rêveur. D’ailleurs, tous les personnages de ce roman sont rêveurs. Le pasteur rêve d’un monde parfait sans pêcheurs, et il n’hésite pas à rabrouer ceux qui ne cachent pas leurs écarts ; le vieux et riche Mack rêve de voir sa suprématie régner sur la région, et pour cela, il compte sur son immense richesse et son sens des affaires et des grandes décisions ; Rolandsen rêve de breveter son invention, de richesse et des femmes qu’il ne cesse de tourmenter ; mademoiselle Vas Loosen sa fiancée, elle, rêve que son amoureux n’a pas tous ses défauts. Car il drague beaucoup d’autres filles et feint le désintéressement de sa fiancée.

Les personnages se côtoient, donnent l’impression de s’affronter plus exactement. Ils vivent dans une Norvège croupissant sous le poids de la bienséance et la rigidité de la bonne conduite, et en quête d’une sorte de manière plus libertine de vivre. Les personnages de Rolandsen et de sa fiancée illustrent, à mon avis, parfaitement le tiraillement entre les deux extrêmes.

Avant de commencer la lecture, j’ai trouvé que « rêveurs » était une drôle de titre, qui semblait lourdingue, finalement, il me semble maintenant qu’il illustre avec exactitude l’état d’esprit de tous les personnages.

La lecture est très aisée, cependant, un dictionnaire peut s’avérer nécessaire pour comprendre certains mots typiquement nordiques l’exemple type étant le mot fjord.

Ce billet est réalisé dans le cadre du Challenge Tour du monde, organisé par Livresq.

Pays N°7 la Norvège. Prochaine escale : Maroc.

Là-haut, vers le nord de Joseph Boyden


Auteur : Joseph Boyden

Titre : Là-haut, vers le nord

Edition : Le livre de poche 2010.

Quatrième de couverture : « Là-haut, vers le nord de l’Ontario, vivent des femmes et des hommes, indiens pour la plupart. Joseph Boyden évoque avec sensibilité leurs histoires singulières au parfum de légende : une jeune fille tombe amoureuse d’un loup ; un jeune homme prétend envers et contre tout être un ours… Ces nouvelles étonnantes de l’auteur du chemin des âmes, mélange fascinant d’émotion, de violence et de poésie, dessinent les pleins et les déliés d’une communauté humaine. »

Il n y’a rien à dire là-dessus, Joseph Boyden est un écrivain talentueux. Dans ce livre un chouia trop long à mon goût, se mêlent poétiquement rêves et désillusions des indiens vivants au Canada, au nord dans l’Ontario. C’est vrai que pour moi qui suis algérien, vivant en Algérie, et n’ayant pas eu l’occasion de voyager à travers le monde, mes connaissances étaient très limités concernant la culture et les coutumes indiennes. Ce fut une très bonne découverte à travers ce recueil de nouvelles.

Au début c’est le dépaysement total, les orignaux et les caribous, le gel des rivières et leur dégel, la migration des oies, la notion de réserve, autant d’éléments qui marquent la vie de ce peuple dans ces contrées froides et qui m’étaient presque totalement inconnus. Mais leurs vies ne dépendent plus que de la nature et des changements climatiques qu’elle subit. L’arrivée des blancs a changé beaucoup de choses. Joseph Boyden dépeint ici moult problèmes, de l’alcoolisme dans lequel sombrent beaucoup, au diabète sucré très répandu, les expropriations des terres… la vie des métis, (comme l’est l’auteur ayant aussi des origines irlandaise et écossaises en plus de ses origines indiennes), qui ne se sentent ni vraiment indiens ni vraiment blancs… J’ai été à deux doigts de m’ennuyer un peu, car toutes ces nouvelles (13) ont pratiquement le même cadre, et ça donne peu l’impression de ne pas progresser. Cependant vers la fin, les quatre dernières nouvelles, composent la même histoire racontée par différents protagonistes, chacun donnant son point de vu, exercice qui s’est avéré intéressant.

Bonne lecture donc, qui m’a permis de découvrir ce jeune et talentueux écrivain, également auteur de Les saisons de la solitude, et Les chemin des âmes. Ce dernier titre disponible à la bibliothèque du centre culturel français d’Annaba est à présent dans ma liste de livres à lire.

Je remercie les éditions Le livre de poche et le blog Blog-o-book pour l’attribution de ce livre.

Ce billet est réalisé dans le cadre du Challenge Tour du monde, organisé par Livresq.

Pays N°6 Canada. Prochaine escale : la Norvège.

 

Le pied de mon père de Zoé Valdés


Auteur : Zoé Valdés

Titre : Le pied de mon père

Edition : Folio 2002

Quatrième de couverture : « Alma Desamparada songea à son père. Pourquoi était-il allé fourrer sa queue dans la chatte de sa mère ? Pourquoi avoir craché sa sauce dedans ? Pourquoi sa mère avait-elle ouvert les jambes ? Pour l’avoir, elle ? Mettre au monde une crève la faim ?

Plus d’une fois on lui avait présenté tel ou tel type comme étant son père.

-          Voila ton père, ton foutu père, lui avait dit sa mère le jour de ses six ans, alors que son parrain débarquait avec un gâteau trop sucré.

Alma aurait donné n’importe quoi pour une miette d’un gâteau pareil, même rance. Un sirop fruité imaginaire coula dans ses veines fragiles. Il avait été question si souvent de l’identité véritable de ce maudit père. Le coup des poubelles ou du panier abandonné devant la porte, elle n’y croyait plus. Si le type du gâteau était son père, elle s’en foutait purement et simplement. »

Certains vendent leur âme au diable, d’autre comme la petite Alma Desamparada préfère vendre son âme à un clown. Alma est une petite cubaine qui, comme toute sa famille, et beaucoup d’autres cubains, est victime de la pauvreté. Le régime communiste est une déconfiture totale, pourtant, on s’entête comme des mules stupides à louer ses bienfaits, et ceux de la révolution qui l’a amené.

Au début la narration se fait à la troisième personne, on voit grandir la petite Alma Desamparada, pauvrement, piteusement, dans la faim, entourée de trois femmes. Sa grand-mère Mamie Bouba, sa tante Exquise et Consuelo sa mère. Cette dernière a peur de vieillir seule, de vieillir avant de bien s’amuser. Et qui dit s’amuser, dit s’amuser sexuellement. Elle dira entre autre page 68 : « Mon dieu, je t’en prie, ne me punis pas comme ça ! Donne-moi un homme, un vrai ! Je veux un homme ducon, un HOMME ! Pourquoi tu ne me l’as pas encore envoyé ? Pourquoi, dès qu’on te parle de zob, tu fais la sourde oreille ! »

Puis c’est Alma qui prend la narration. Elle commence par une lettre écrite à son père, puis, déçue de son sort, elle se met d’accord avec un clown (qui est une sorte d’ami imaginaire) pour écrire elle-même son histoire. Elle se choisira une destinée plus douce et moins noire, où l’on ressent moins la faim, mais qui restera tout aussi tragique jusqu’à la fin, quoi que saupoudrée d’une note d’espoir.

Zoé Valdés se laisse entraîner dans son écriture par la haine qu’elle porte pour les gouvernants de son pays. C’est un peu ce détail là qui m’a empêché de mieux apprécier ce roman.

 

Ce billet est réalisé dans le cadre du Challenge Tour du monde, organisé par Livresq.

Pays N°5 Cuba.

Prochaine escale au pays des caribou: Canada.

 

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